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Les ?SIM cards? bloqués font des mécontents

26 novembre 2003, 20:00

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LA commercialisation, par Cellplus, de téléphones portables pourvus d?un système de verrouillage fait actuellement des mécontents chez son concurrent. Emtel estime en effet que cette pratique est contraire à l?esprit de libre concurrence qui devrait prévaloir sur le marché, tandis que Cellplus, qui met en vente des appareils avec des puces ?bloquées? sur son système, plaide la légitimité. Le consommateur, lui, se sent un peu perdu dans ce dialogue de sourds.

Le nombre d?utilisateurs de téléphones cellulaires branchés sur le réseau Cellplus a atteint un seuil phénoménal : 300 000 abonnés laissant loin derrière Emtel et 125 000 clients, et ce, malgré le fait qu?Emtel ait été le pionnier dans le domaine de la téléphonie mobile. On attribue ce décalage au fait que les portables que l?on peut se procurer à des prix très compétitifs sur le marché sont pourvus d?origine de SIM Cards bloqués sur le réseau Cellplus.

Le droit à l?information

Ce qui n?est pas pour plaire au concurrent direct ? et à un certain nombre de consommateurs. Chez Emtel on argue que le client devrait avoir la liberté de s?abonner au réseau de son choix. Or, actuellement la situation est la suivante : la plupart des appareils à bon marché disponibles chez les revendeurs, sont programmés, dès leur sortie d?usine, pour ne fonctionner qu?avec une puce similaire à celle du système adopté par Cellplus.

Ainsi, des acheteurs locaux qui, à un certain moment, ont voulu changer de réseau pour se brancher sur Emtel, n?ont eu d?autre choix que ramener la puce au vendeur pour se faire rembourser, et ce, bien que l?emballage de la SIM Card ait été brisé. Si Cellplus détient le code secret pour déverrouiller l?appareil, elle s?abstiendra toutefois de le faire pour des raisons évidentes.

Il faut cependant se souvenir que Emtel a bien été le premier à mettre à la disposition des Mauriciens des téléphones avec des SIM Cards bloqués. C?etait en 1999, lorsque la compagnie avait décidé de vendre des téléphones cellulaires à un certain nombre de clients ciblés à environ 25 % du prix réel. Cette pratique ayant soulevé un tollé de protestation, Emtel a choisi d?y mettre un terme. ?On a vite réalisé que c?était unfair et on y a mis un terme?, expliqué au Porte-Monnaie, un porte- parole d?Emtel. La compagnie n?importe d?ailleurs plus de téléphone. Elle se contente d?offrir ses services et s?enorgueillit d?être dotée d?un réseau ?plus vaste et plus performant? que celui du concurrent.

Cellplus n?est, pour sa part, nullement embarrassée par cette vague de critiques dont elle fait l?objet : ?Nous mettons effectivement en vente des téléphones portables avec des SIM bloqués?, nous dit Charles Guéret, le directeur commercial, expliquant que ?Cellplus importe des appareils cellulaires d?origine, venant donc tout droit des fabricants accrédités et qui sont vendus à bon marché. Il est donc normal que nous protégions nos intérêts en offrant nos appareils avec la SIM card bloquée sur notre réseau.? Les deux compagnies semblent camper sur leur position, la première, Emtel jugeant que ce principe adopté par le concurrent est contraire à l?esprit de libre concurrence, tandis que Cellplus pense qu?en sa qualité d?importatrice de téléphones portables, elle se doit de protéger ses intérêts en réservant ses appareils à une utilisation exclusive avec des puces Cellplus.

?Injustice?

Mais il convient de faire ressortir que si les consommateurs n?ont pas la liberté de choisir le réseau qui leur convient le mieux, ils doivent pouvoir être informés d?avance sur les possibilités qu?offrent les deux réseaux. Ils doivent aussi savoir qu?il existe un téléphone permettant d?utiliser simultanément les deux puces électro-niques de Cellplus et de Emtel. Le Porte-monnaie y reviendra.

Pour l?heure, il y a un point sur lequel et Emtel et Cellplus s?accordent. Selon les deux compagnies, il n?existe pas de place sur le marché à Maurice pour un troisième opérateur devant évoluer dans le secteur de la téléphonie cellulaire, le marché mauricien étant limité.

Il sont également contre le fait que les utilisateurs de portables aient à payer pour les appels entrants, que ce soit d?un téléphone fixe ou d?un cellulaire. ?C?est une injustice que les autorités devraient réparer au plus tôt, dit Charles Guéret, le directeur commercial de Cellplus. Une demande a déjà été faite dans ce sens, mais la réponse se fait toujours attendre.?

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