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Les signaux des leaders
Le 100 Top Companies, ouvrage publié par ?Business Magazine?, offre un panorama très réaliste du monde des affaires local. La dernière édition de la publication vient avec son lot d?enseignements.
Les ?blue chips? locaux affichent la bonne forme dans leur ensemble. Au combiné, les Top 100 font mieux (de quelque 11 %, soit de Rs 141,2 milliards contre Rs 127,4 milliards) en termes de revenus par rapport à l?année précédente. Sur le plan de la croissance, notre ?corporate premiership? fait nettement mieux que la croissance réelle du produit intérieur brut pour 2003 (4,4 %). Un premier constat s?impose : la source de la stagnation de l?activité se trouve très probablement ailleurs.
Près de huit sociétés sur dix de ce club exclusif ont généré des bénéfices cette année, contre seulement sept sur dix l?année dernière. Le retour aux profits pour quelque 17 entreprises additionnelles est un signe d?une santé qui s?améliore. Les regards sont aujourd?hui plus braqués sur ce qu?elles font des retours sur leurs investissements. Ont-elles réinvesti suffisamment leurs bénéfices pour s?assurer des lendemains plus sereins ? Le gouvernement, lui, a des doutes. Il l?a bien fait comprendre lors du dernier Budget. Les grosses entreprises sont accusées de retourner trop de valeur à leurs actionnaires. Une nouvelle taxe, appelée Alternative Minimum Tax, a même été conçue pour pénaliser les compagnies qui distribuent trop de dividendes au détriment des réinvestissements dans des projets productifs.
On ne peut généraliser cette perception. Les sociétés les plus rentables à Maurice n?ont pas toutes le même comportement sur ce chapitre. Le New Mauritius Hotels, deuxième au profit ?scoreboard?, distribue près de 60 sous à ses actionnaires pour chaque roupie de bénéfices post-impôts réalisées. La Compagnie mauricienne de textile (CMT), suivant au classement, paye quant à elle un dividende de quelque 30 sous pour chaque roupie de profit généré. Le groupe Rogers, septième au tableau des profits générés, retourne pour sa part la moitié de ses profits à ses propriétaires. Chez Sun Resorts, septième au classement, 70 % des profits ?attributable to shareholders? vont dans les poches des actionnaires.
Fait plutôt rare à Maurice, certains groupes, à l?instar de la British American Investments, pratiquent une politique de dividende constante. Ils déclarent toujours le même montant de dividendes, peu importe le volume de bénéfices générés.
Au niveau de la performance sectorielle, la mauvaise performance des producteurs de vêtements confirme la situation difficile de la zone franche. Les chiffres d?affaires de Novel Garments (Mtius) chutent ainsi de près de 28,1 % en une année. Il en va de même pour ceux de Novel Textiles (- 15,1 %), ceux du groupe Esquel (- 24 %), Arvind Overseas (Mtius) et ceux de Sinotex (- 11 %).
Malgré ce climat dépressif, pointé par une contraction de l?activité de la zone franche de 4 % en 2003, certaines entreprises s?en sortent très honorablement. La CMT enregistre une croissance de 18,0 % et, Soniawear, de 16,1 %.
Le secteur de la construction, qui a connu la plus grosse progression en 2003, fait, lui, des heureux, mais aussi des moins heureux chez les ?blue chips?. Rehm-Grinaker Construction, avec une croissance de plus de 190 %, profite le plus ce cette situation. Allied Builders enregistre, lui aussi, un résultat exceptionnel avec une hausse de près de 162 % dans les revenus en une année seulement. Par contre, Bhunjun & Sons piétine quelque peu et voit son chiffre d?affaires chuté de 4 %. Plus d?un trouveront des arguments au sujet du poids du secteur privé traditionnel dans l?économie. Mais on ne peut ignorer l?influence grandissante des sociétés d?Etat dans la cour des grands.
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