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Les raisons d?une guerre larvée

19 mai 2007, 00:00

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Les raisons d?une guerre larvée

Entre la Plantation House, siège du patronat, et l?Hôtel du gouvernement la communication est brouillée. Retour sur un conflit qui occupe les devants de la scène.

Le Joint Economic Council (JEC) souhaite depuis longtemps des relations au plus haut niveau avec le gouvernement. Or depuis deux ans, soit depuis l?arrivée au pouvoir du présent gouvernement, il n?y a pas eu de réunion formelle entre les deux parties. Et depuis cette date, l?épisode du lait Amul, les projets d?Integrated Resorts Scheme, le prix des pochettes de ciment et des barres de fer, l?échec de la compagnie aérienne privée CatoVair ont été au centre des préoccupations du privé.

La goutte d?eau qui a fait déborder le vase du côté du privé a été la demande faite par le gouvernement pour obtenir 2 000 arpents de terres de l?industrie sucrière comme condition à l?autorisation de fermer trois usines, notamment Mon-Loisir, Mon-Trésor et Riche-en-Eau. Une demande que le privé juge «totalement inacceptable» à l?approche de l?échéance du 31 mai pour les nouvelles centralisations sucrières. Raison de la colère des sucriers : ces 2 000 arpents ne faisaient pas partie de l?accord pour la réforme dans le secteur sucre.

Problème qui s?ajoute à la participation de l?industrie sucrière dans la production énergétique, au financement du plan de retraite volontaire et à l?introduction de la semaine de 40 heures.

<B>Propos virulents</B>

Bref, le gouvernement vient modifier les règles du jeu de façon unilatérale, poussé par une équipe de backbenchers, dont Nita Deerpalsingh, Cader Sayed Hossen, président du comité de démocratisation. Sans compter des propos virulents parfois exprimés lors des débats sur le Sugar Industry Efficiency Act. Ils tirent à boulets rouges sur l?industrie sucrière.

Une posture qui permet au gouvernement de justifier en même temps la position exprimée dans son manifeste électoral pour la démocratisation de l?économie. D?autant plus que le gouvernement a récemment accordé un certain nombre de permis pour les projets d?Integrated Resorts Scheme. Projets tant décriés lors de la campagne de 2005.

Avec le manque de dialogue entre la Plantation House et l?Hôtel du gouvernement, des discussions ne peuvent pas se tenir sur l?élaboration d?une feuille de route (Road Map) qui définira son développement à moyen et long termes.

Or le besoin d?une politique cohérente du tourisme se fait sentir. Car malgré un développement du côté de l?accès aérien, cette question préoccupe le secteur privé. L?amélioration réalisée au niveau de l?accès aérien n?est pas jugée suffisante. Sans compter que des procédures administratives semblent ralentir la construction des hôtels alors que le pays a grandement besoin d?un nombre additionnel de chambres pour faire face à la croissance touristique.

<B>?Competition bill?</B>

Autre problème qui préoccupe le privé : le port, où de nouveaux investissements doivent être faits afin de mettre un terme aux problèmes liés aux longs jours d?attente pour les navires en rade. Ce sont là des problèmes qui ont affecté sérieusement des entreprises du textile et du seafood sur le plan de l?approvisionnement en matières premières et des exportations.

Par ailleurs, le secteur privé croit dur comme fer que le gouvernement a cassé les reins à Desbro, qui fait partie de Cerena (compagnie du groupe Rogers) au profit de la compagnie sud-africaine Murray & Roberts. La totalité des augmentations des prix des barres de fer proposée par le Management Audit Bureau n?a pas été appliquée.

La fermeture de Desbro est venue s?ajouter au refus du gouvernement à Ireland Blyth Ltd de mettre à exécution ses projets touristiques à Agaléga. Sans compter le refus de statut de deuxième transporteur national à CatoVair, qui a fini par décider d?interrompre ses activités à partir du ler juin.

Les problèmes rencontrés par les importateurs de lait en poudre ne sont pas non plus oubliés.

Autre flou pour le privé, c?est le Competition Bill. Un projet de loi sur lequel le privé souhaite des consultations «dans un esprit objectif» avant qu?il ne soit présenté au Parlement?

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