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Les radios privées menacées de sanctions

8 août 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Plus la campagne pour les élections générales approche, plus le pouvoir durcit le ton. Surtout face à la presse. Le conseil des ministres a décidé jeudi de la mise sur pied d?un comité ?spécial?, visant à sanctionner les ?abus des détenteurs de licence de radios privées?. Présidé par le Premier ministre, le comité comprendra notamment le député Ivan Collendavelloo.

Des membres du comité expliquent que les mesures punitives seraient liées à ?la couverture irresponsable par certaines radios de l?explosion à Grand-Baie?. On peut se demander de quels abus il s?agit. La liberté d?expression des auditeurs sur les ondes ? Non seulement le comité n?indique pas le type de sanction applicable, il ne justifie pas pourquoi ce rôle n?incombe pas à l?Independent Broadcasting Authority (IBA). Cette dernière a pourtant le devoir, selon l?IBA Act, de se pencher sur toute plainte ou dérapage ayant pour contexte les ondes.

Se sentant visés, les patrons de chaînes privées montent au créneau. Eshan Khodarbux, président exécutif de Radio Plus, y voit une tentative de ?censurer, de bâillonner la presse?. Selon lui, ?certains veulent utiliser le cas de Grand-Baie comme prétexte pour imposer plus de censure. Ceux qui ont fait l?objet de critiques dans la presse veulent prendre leur revanche?.

Finlay Salesse, directeur général de Radio One, est d?avis que le gouvernement est ?libre d?instituer les comités qu?il souhaite et d?envisager des sanctions?. Cependant, il note que la formation de ce comité intervient ?à quelques mois? d?une campagne électorale pour les législatives. ?Nous laissons aux auditeurs le soin de tirer leurs propres conclusions bien que nous ne soyons pas hostiles aux garde-fous que le gouvernement veut ériger et qui jusqu?ici relevaient de l?IBA.?

De son côté, le directeur général de Top FM, Balkrishna Kaunhye, dit ne pas se sentir visé. ?Ce sont ceux qui ont abusé de la libéralisation qui ont à craindre?, affirme-t-il tout en espérant que ce n?est pas un signe ?de remise en question des acquis?.

La formation de ce comité visant à sanctionner des radios privées arrive au moment où l?ex-juge Robert Ahnee a soumis ses propositions d?amendement à la loi contre la diffamation au State Law Office. Un hasard ?

Il est vrai que les Premier ministre, ministres et députés n?ont jamais manqué de prendre à partie les radios privées et la presse. Les exemples se multiplient au fil du temps. Certains, à l?instar des députés Veda Baloomoody et Ivan Collendavelloo ont été virulents dans leurs propos visant les médias, au Parlement ou ailleurs. Ivan Collendavelloo, secrétaire général du MMM, est certes le seul député à siéger au sein de ce comité.

Il avait lui-même tenté d?émettre un gagging order contre la presse dans l?affaire l?opposant à son ancienne compagne Me Pramilla Patten. Cette procédure légale qui avait eu lieu au mois de mars dernier visait à empêcher toute publication relative à l?affaire dans la presse.

L?intolérance vis-à-vis de la presse, écrite et parlée, va en s?accentuant. On peut craindre une volonté de mise au pas par le pouvoir. Celui-ci se sentirait-il menacé par la liberté de ton des journalistes et surtout par la liberté d?expression des auditeurs?

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