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Les racines de Bouic et L?Onflé
Pour leur exposition collective, Ulla Bouic, peintre, et Jean-Yves L?Onflé, sculpteur, exploitent un thème qui représente de manière la plus symbolique le cosmos en perpétuelle régénérescence : la racine. Jusqu?au 30 mars, ils exposent, sous le titre trouver ses racines plus de soixante-dix tableaux et sculptures à l?Alliance française de Bell-Village.
Quand un peintre et un sculpteur se donnent le ton pour exprimer une vision du monde, le pinceau et le ciseau se complètent et font la paire. L?un sculpte au détail près, l?autre trace les traits avec fidélité. Tandis que Jean-Yves L?Onflé reproduit minutieusement et avec exactitude la forme, Ulla Bouic transpose la nature sur des surfaces planes. Ce que l?un ne peut rendre, l?autre l?accomplit. Et le résultat est impressionnant. Les tableaux de Bouic accompagnent les objets sculptés par L?Onflé et vice versa.
Un travail de longue haleine, certes. Mais un travail de précision et de recherche pour nos deux artistes qui ont choisi la nature pour modèle. Les racines, les branches, les noix de coco, les graines, les écorces, les tortues, les ?ufs sont reproduits par le sculpteur qui, sans négliger les détails liés à la forme, a beaucoup insisté sur les textures. Il faut vraiment toucher ces objets pour se rendre compte de la matière empruntée. À vue d??il, de par ses textures, cette ?branche avec escargot? a pour matière le bois. Au toucher, par le son qui s?en dégage, elle est faite de métaux. Mais ce n?est ni l?un ni l?autre. En réalité, elle est faite de terre d?argile importée d?Afrique du Sud. Une illusion rendue et réussie par le travail de sculpture dans un jeu d?être et d?apparence !
<B>Touche féminine et vision masculine</B>
Si les ?uvres de L?Onflé nous permettent d?accéder à une forme réelle, à une certaine réalité des objets, celles de Bouic nous permettent d?accéder à leur beauté imaginaire, au rêve. À travers un jeu d?ombre et de lumière, et dans une variété de couleurs, l?artiste décompose la nature pour mieux exprimer sa beauté cachée. Les herbes, les lianes, les feuilles et les racines posées sur fond de mer, de rivière ou de forêt, affichent une certaine palpabilité.
La vraisemblance qui domine les tableaux de Bouic dans l?ensemble, exécute une invitation au voyage. On ne peut se placer devant eux sans avoir la nette impression d?être transporté dans le décor. Si le choix de l?artiste traduit une sensibilité féminine, c?est parce que cette touche a pour fonction de mieux reproduire le réel dans son apparence idéale mais néanmoins fragile.
Touche féminine d?une part, vision masculine de l?autre. Mais dans tous les cas, nos deux artistes sont parvenus à dépasser le simple cadre d?expression purement artistique pour véhiculer une volonté bien moralisante derrière les ?uvres. Comme semble l?indiquer le sens métaphorique même du titre, trouver ses racines, leur exposition est placée sous le signe d?une invitation à la prise de conscience de la nature, de sa fragilité et des dangers qui la guettent en permanence.
Autant les artistes ont voulu avec fidélité s?inspirer du réel, autant ils ont avec sincérité transmis leur message. À travers la représentation des racines des divers arbres, le visiteur est invité à retrouver les siennes au sein de la nature. Il appartient à lui de décider de l?avenir de sa mère nourricière?
Les tableaux de Ulla Bouic et les sculptures de Jean Yves L?Onflé sont visibles à l?Alliance française de Bell-Village jusqu?au 30 mars.
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