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Les réactions au Rapport Singhania

26 avril 2005, 00:00

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La publication du rapport de Kadress Pillay sur la scandaleuse suite donnée à la saisie des bijoux de M. Singhania, le 8 octobre 1976 (jour de l’arrivée à Maurice d’Indira Gandhi), donne lieu à des réactions qui pour être divergentes n’en sont pas moins virulentes.

Ringadoo refuse de démissionner comme l’invite Harish Boodhoo. Il déclare ceci à l’express : “Que Boodhoo aille se faire f…. Il peut dire ce qu’il veut. Si goudron perdi dans ène département, si diamant perdi, moi ki bisoin responsable ? Quand ou coupable, ou pas dimanne l’enquête” (N.B. à comparer avec les propos de Sir Radhamohun Gujadhur sur les exigences de la démocratie – Voir l’express du vendredi 22 avril 2005). Refus aussi catégorique de la part de son leader, Sir Seewoosagur Ramgoolam. Il s’étonne même qu’on puisse lui demander de démissionner et semble plus intéressé à connaître l’identité de ceux réclamant sa démission.

Se départissant de sa première réaction, SSR choisir de s’expliquer plus longuement sur l’affaire Singhania. Il estime qu’il y a beaucoup de malentendus dans le rapport Pillay. Il affirme avoir agi dans l’intérêt du pays. Rewcastle est un officier compétent, loyal et sérieux, affirme-t-il. Il promet de faire la lumière sur certaines zones d’ombre de ce rapport.

Satcam Boolell avoue ne pas comprendre comment les autorités n’ont pas été mieux alertées après le constat de la disparition de plusieurs bijoux. Il n’exige pas la démission de Ramgoolam et de Ringadoo mais veut savoir où sont passés les bijoux disparus. Les instructions données à Rewcastle ne peuvent pas être de vendre les bijoux à n’importe quel prix mais, au contraire, d’essayer d’en avoir le meilleur prix.

Eliézer François fait ressortir que la saisie des bijoux Singhania est antérieure aux élections du 20 décembre 1976. Il ne conteste cependant pas le fait que Ramgoolam et Ringadoo occupaient déjà des fauteuils de Premier ministre et de ministre des Finances au moment de cette saisie.

Harish Boodhoo dépose pour sa part une motion réclamant la mise sur pied d’une commission d’enquête, composée de trois juges, pour faire la lumière sur cette affaire. En attendant, il est d’avis que Ramgoolam et Ringadoo doivent démissionner. L’affaire Singhania est un scandale parmi tant d’autres, affirme-t-il.

Intervenant dans le cadre des débats concernant le discours du trône 1980, le chef de l’opposition, Anerood Jugnauth, s’appesanti sur le caractère immoral du gouvernement Ramgoolam. Ce dernier réclame du peuple discipline et esprit de sacrifice mais se montre volontiers égoïste et indiscipliné. Sa devise est : “Fais ce que je dis mais ne fais pas ce que je fais !”. Il refuse d’augmenter les salaires des fonctionnaires mais augmente les allocations de transport des ministres. Il recommande l’usage de la bicyclette mais commande des limousines hors taxe. Sans l’insistance de l’opposition, l’affaire Singhania aurait été laissée aux oubliettes. Et pour un rapport publié combien d’autres, beaucoup plus accablants, dorment dans les placards. Des bijoux disparaissent quelque part entre la Douane et la Banque de Maurice et la police n’ouvre aucune enquête. Que penser de Rewcastle, Security Adviser de son état, mais qui est assez bête pour vendre à moitié prix des bijoux valant plus d’un million ? Quel crédit pourra-t-on accorder à une enquête policière devant faire la lumière sur une vente de bijoux supervisée par Rewcastle ? Il dépose par conséquent une motion de censure contre le gouvernement Ramgoolam.

L’affaire Singhania ébranle un gouvernement travailliste courant derrière une majorité parlementaire solide depuis décembre 1976. La contestation repart de plus belle à l’intérieur du Labour, sans qu’on puisse attribuer désormais la moindre responsabilité à Boodhoo. Ils sont 12 signataires à contester la présidence du PTr. Ils font état d’irrégularités lors du dernier congrès travailliste. Ils sont entre autres Satcam Boolell, Hurrydeo Ramchurn, Simadree Virahsawmy, Razack Peeroo, Clarel Malherbes et M. Hurry. Ils ne contestent toutefois pas le leadership de Seewoosagur Ramgoolam mais réclament, au besoin par référendum de surcroît “national”, les réformes qu’exigeraient une majorité d’agents du parti. Ils font ressortir que le congrès au PTr n’a pas ratifié la décision d’expulser Boodhoo and Co et qu’ils demeurent, de ce fait, membres du parti. Ils ne souhaitent pas la contestation mais le changement et la fin des irrégularités. Ils dénoncent le refus de nommer un Credentiel Committee pour vérifier l’utilisation des cartes d’invitation au Congrès. Certains députés ont eu des cartes d’invitation à distribuer d’autre non. Ils rappellent que Clarel Malherbes a retiré, en 1977, sa candidature à la présidence en faveur de James Burty David à condition que ce dernier lui renvoie par la suite l’ascenseur. Ils contestent l’accusation commode selon laquelle ils seraient manipulés.

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