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Les propositions des sucriers à l?étude par le gouvernement

20 novembre 2007, 00:00

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Le gouvernement ne s?empresse pas pour faire connaître sa réaction aux nouvelles propositions de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA). Celles-ci sont parvenues au bureau du Premier ministre en début d?après-midi hier et le chef de gouvernement s?est contenté de les étudier sans donner aucune indication sur la position qu?il adoptera.

Navin Ramgoolam s?est entretenu avec ses principaux conseillers sur le dossier hier soir, mais rien n?a transpiré de ces discussions. On sait seulement qu?il souhaite voir évoluer la situation avant son départ pour Kampala en fin de semaine. Du reste, il a reporté son départ pour l?Ouganda qui était prévu pour cet après-midi. Il a même annulé sa participation au Commonwealth Business Forum qui se tient en marge du sommet des chefs d?Etat et de gouvernement.

Du côté des sucriers, on soutient que les propositions faites hier représentent un «compromis». Le document remis par la MSPA ne traite que de la question de l?énergie et pas des autres sujets litigieux. Il est prévu qu?aucune nouvelle centrale ne verra le jour dans l?immédiat «même si cela présuppose une sous-utilisation de la canne». Ce qui fait que Fuel ne pourra pas aller de l?avant avec la construction d?une nouvelle centrale. «Toutefois nous souhaitons pouvoir participer à tout appel d?offres qui pourrait être lancé par les autorités pour toute nouvelle centrale au même titre que n?importe quel autre soumissionnaire», dit Patrick d?Arifat, président de la MSPA. L?industrie sucrière se dit toujours intéressée à construire de nouvelles centrales «si le besoin se fait sentir pour répondre aux besoins du réseau».

Les sucriers expliquent qu?ils ont proposé une solution qui satisfait «aux contraintes du Central Electricity Board (CEB)» La question de la production d?électricité a été un des principaux sujets de divergences entre les sucriers et le gouvernement. «Le CEB a, à plusieurs reprises, fait comprendre qu?il ne pourra pas accommoder de nouveaux opérateurs sur le réseau. Nous voulons enlever au CEB cette contrainte», explique Patrick d?Arifat. «Puisque la mise en ?uvre de nouvelles centrales pose problème au CEB, nous sommes disposés à ne fermer pour l?instant que cinq sucreries, Mon Trésor, St-Félix, Mon Désert Alma, Riche-en-Eau et Mon Loisir, et à retarder la fermeture de deux autres, Union St-Aubin et Deep River Beau Champ. Cela ne va pas empêcher l?essentiel de la réforme de se faire.»

Dans cette optique, la MSPA se propose d?étaler la mise en ?uvre de la réforme dans le temps et de mettre quand même en place les raffineries et les distilleries préconisées dans la Multi Annual Adaptation Strategy (MAAS).

Par ailleurs, dans ses propositions concernant l?élargissement de l?actionnariat dans les nouvelles centrales thermiques, la MSPA propose que les petits planteurs, les employés et toute autre entité désignée par le gouvernement puissent détenir jusqu?à 30 % du capital, excluant la part qui revient aux partenaires stratégiques.

Est-ce que cette ouverture concerne aussi le CEB ? «Oui», répond Patrick d?Arifat. «Si le gouvernement souhaite que le CEB également y participe, nous n?avons pas d?objection.»

<B>«Production plus diversifiée»</B>

Dans les milieux du CEB, on souligne que pour l?instant cet organisme n?a pas tant besoin de capacité additionnelle. Et que c?est dans trois ans que ce besoin se fera sentir.

Sans compter que le CEB est en discussion avec la compagnie malaisienne CT Power, qui compte construite une centrale à charbon à Pointe-aux-Caves et où le CEB détiendrait 26 % des actions. Le CEB est aussi en discussion avec Gamma Civic, qui compte produire de l?électricité à partir de l?incinération des déchets. «Nous voulons que la production soit plus diversifiée pour protéger l?intérêt des consommateurs», dit-on au CEB.

Les partenaires stratégiques détiennent environ 25 % des actions dans les centrales thermiques. Les petits planteurs, les employés et toute autre entité désignée par le gouvernement détiendront entre 22,5 % et 30 % du capital au lieu de 10 % à 20 %, comme c?est le cas actuellement. Le promoteur de la centrale, gardera lui, 51% des actions.

Patrick d?Arifat estime que la valeur des actions sera calculée sur une base individuelle. Elle sera déterminée par plusieurs facteurs, notamment la date d?entrée en opération, la performance et les perspectives d?avenir.

Déjà la Compagnie thermique de Belle Vue (CTBV) pratique les nouveaux seuils de participation proposés par la MSPA. Car le promoteur détient 51 % des actions, le Sugar Investment Trust 14 %, la State Investment Corporation 8 % et le partenaire stratégique 27 %. La CTBV compte initier une évaluation indépendante de son contrat si ses bailleurs de fonds n?y voient aucune objection.

La MSPA attend maintenant une réponse du Premier ministre qui devrait rapidement indiquer la date d?une rencontre pour discuter des propositions qui lui ont été soumises hier.

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