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Les proches d?Ooma Ujoodha face à l?horreur

21 octobre 2005, 20:00

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«Je savais qu?il était impliqué dans la disparition de ma fille, mais je ne me doutais pas qu?il aurait été jusque-là.» Ces mots, prononcés d?une voix à peine audible, Santee Buldaho les ressasse depuis mercredi. Les ossements de la plus jeune de ses trois filles, Ooma Ujoodha, ont été retrouvés ce jour-là, soit un peu plus de deux ans après sa disparition. Cette découverte macabre a mis fin à deux ans d?interrogations et de recherches effrénées. Ooma laisse derrière elle trois enfants, dont deux souffrant de handicaps. L?époux de la victime, ainsi que sa concubine, ont été placés en détention sous une accusation provisoire d?assassinat.

Les restes d?Ooma, 37 ans, ont été retrouvés dans une fosse septique à Bonne-Terre, Vacoas, mercredi soir. Chandramanee, l?époux de la victime avait signalé sa disparition le 7 mai 2003. Celui-ci l?aurait tuée lors d?une violente dispute conjugale. Suite aux confessions de Chandramanee, les officiers de la MCIT et de la Criminal Investigation Division de Curepipe, accompagnés du Groupement d?intervention de la police mauricienne se sont rendus au domicile du couple pour entamer des recherches dans la fosse septique. Outre les ossements de la victime, les enquêteurs ont retrouvé des bijoux ainsi qu?une blouse en soie. L?autopsie, pratiquée par le Dr Satish Boolell, médecin légiste, a révélé des traces conséquentes d?hémorragie interne. La victime aurait également été poignardée en plusieurs endroits, comme en atteste la blouse en lambeaux.

Le corps endolori par les nombreux déplacements de ces derniers jours, Santee peine à se mouvoir. «Nous n?avions jamais cessé d?espérer la retrouver un jour», lâche-t-elle en réprimant un sanglot. Assise dans l?unique fauteuil du salon, elle ne cesse de fixer du regard l?une des rares photos de sa fille, installée sur une table basse. «Il ne nous reste plus que deux photos d?Ooma. Nous avons donné toutes les autres en espérant que quelqu?un l?aurait aperçue.»

Du sang sur les murs

Chandramanee, allègue Santee, était un homme à «problèmes». Elle affirme qu?il entretenait des liaisons extraconjugales depuis le début de leur mariage. «Toux deux se disputaient sans arrêt à ce sujet et Ooma avait quitté leur toit à plusieurs reprises pour trouver refuge chez moi.» Ooma avait fini par demander le divorce.

Santee et l?aînée de ses filles, établie en Angleterre, s?étaient rendues au domicile d?Ooma le 8 mai 2003, le lendemain du meurtre. « La maison était fermée ce jour-là et tous les rideaux étaient tirés», relate la mère de la victime. Elles s?y sont de nouveau rendues le lendemain matin. «Quand je suis entrée, j?ai trouvé, sous l?escalier, des boucles d?oreilles appartenant à ma fille.» C?est en découvrant des traces de sang sur les murs de la chambre de sa fille que Santee décide de se rendre à la police. «Je me doutais que quelque chose d?horrible était arrivé à ma fille, mais je ne pouvais pas imaginer à quel point.»

Ooma, laisse entendre son frère Ashok, avait porté plusieurs plaintes au poste de police de Camp-de-Masque contre son époux pour violence conjugale. «Il a voulu faire croire qu?il était un homme battu alors que c?est lui qui s?en prenait constamment à ma s?ur,» explique Ashok.

Sa mère raconte qu?Ooma était très proche de sa s?ur aînée, qui a élu domicile en Angleterre. Elle avait l?habitude de lui confier ses problèmes conjugaux. « Elles s?envoyaient des sms quasiment tous les jours,» explique Santee. La s?ur d?Ooma assistera aux obsèques qui se tiendront cet après-midi à Mont-Ida.

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