Publicité

Les procès de C. Pologne et de deux palefreniers

26 février 2006, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les mois de juillet-août 1956 sont, entre autres, marqués par un procès intenté à ?Advance? par Casimir Pologne. Il nous ramène indirectement à ?l?énigmatique? Gaëtan Duval. L?autre procès est celui de deux palefreniers impliqués dans une affaire de dopage. Il est de plus en plus question de la visite de la princesse Margaret, d?une polémique opposant Serge Constantin à Raymond Chasle et de la visite de Mlle Rittner. Plus sérieusement, ?Advance? parle d?un projet d?augmentation du nombre de notaires, de la politique coloniale du Parti travailliste anglais et de la décision du président égyptien, Gamal Abdel Nasser, de nationaliser le Canal de Suez, au grand dam des Anglais, Français et Israéliens, et pour la plus grande joie des États-uniens se croyant anticolonialistes.

Le magistrat D. Ramphul déboute Casimir Pologne, qui reproche à Advance de n?avoir pas publié sa mise au point à un compte rendu, déplorant qu?un membre du public perturbe le débat en interrompant à tout bout de champ Renganaden Seeneevassen.

Au dire de Me Raymond Rault, Pologne ne peut prouver qu?il est l?interrupteur désigné par le compte rendu. Pologne, soutenu par Gaëtan Duval, le prétend et estime donc être visé. Guy Balancy affirme le contraire, notes à l?appui. Il est formel : plusieurs personnes ont interrompu ou interrogé les différents orateurs.

Ce forum sur le chômage est organisé par la Jeunesse indépendante chrétienne. Les orateurs sont R. Seeneevassen, R. Ducler des Rauches et H. Emile. L?abbé Eugène Dethise préside les débats. Il lit le texte d?André Masson qui ne peut participer au débat. Quelque 800 personnes y assistent.

Au début du témoignage de Gaëtan Duval, l?assistance murmure : ?Enigmatique !? Il commence par dire que si sa mémoire lui joue parfois des tours il a, en revanche, l?ouïe très fine. Il permet, de ce fait, à la défense de faire planer un doute sur son témoignage, doute que renforcera le témoignage plus professionnel de Guy Balancy.

À un certain moment, Gaëtan Duval dit que Casimir Pologne ?gémissait? disant que le fisc décourage l?industrie?

Q : Pendant combien de temps, gémissait-il ?

R : Dix minutes.

Q : Chronomètre en main ?

R : Je n?ai pas de chronomètre.

Q : Dix minutes? c?est un discours.

R : Presque.

Q : Que disait-il ?

R : Il répétait la même litanie.

Hors procès, Gaëtan Duval se démène pour se disculper dans l?affaire ?Enigmatique? avec, pour seul résultat, qu?il s?embourbe davantage. Il dit avoir fait allusion à ?Enigmatique? en répondant à une question de Ringadoo sur les chevaux de l?écurie Rochecouste, s?entraînant au Champ de Mars, en 1955. Il précise qu??Enigmatique? meurt en mars 1955 (en fait le 13 avril 1955). Il oublie qu?à ces dates l?entraînement des chevaux est plutôt léger et n?intéresse guère les turfistes.

Il explique que son temps est accaparé par les affaires de radiation, que la cour travaille jusqu?à fort tard et siège même à la lueur des chandelles, en cas de panne d?électricité, d?où sa mémoire défaillante quand il doit défendre son enregistrement comme électeur municipal. Advance en profite pour signaler que Duval confirme l?exactitude de son compte rendu initial, à savoir que sa mémoire lui joue des tours et qu?il n?est pas infaillible.

R.N. (René Noyau ?) publie un article sur les nombreuses pannes d?électricité de l?époque, les unes plus? énigmatiques que les autres. Il rappelle que, avant la création du Central Electricity Board, le major Atchia, qui fournissait de l?électricité aux habitants de Mahébourg, offrait une bougie à chacun de ses abonnés en cas d?interruption de la fourniture d?électricité.

Le 2 août commence le procès de ?doping? que la police intente à Alfred Jarria, dit P?tit Frère, et à Seewonarain Khedoo, alias Rabia, alias Ti-P?tit, un laboureur. Elle les accuse d?avoir administré une dose de strychnine, le 16 juin 1955, à la jument La Princesse, à la rue Shakespeare.

Alfred Jaria explique que le 15 juin, il est accosté par Ti-P?tit qui lui demande de rencontrer Vella à la rue Etienne-Pellereau. Le fils de ce dernier lui remet une poudre blanche pour donner à La Princesse de meilleures chances de gagner une course. Après la première course, il retourne à l?écurie Rousset, pénètre dans le box de La Princesse et vide le contenu du sachet sur la langue de la jument.

Plus tard, celle-ci est trouvée morte dans son box. Le magistrat D. Ramphul regrette que la peine maximale pour un tel forfait soit une amende de Rs 500 seulement, à laquelle il condamne les deux accusés.

Le dernier train des passagers du 31 mars 1956 faillit ne pas être le dernier train. Au début d?août 1956, le gouverneur Robert Scott réclame une journée de courses en l?honneur de la princesse Margaret. Des membres du comité d?organisation suggèrent qu?exceptionnellement on fasse de nouveau circuler les trains ce jour-là. Le Transport Adviser,

M. Pentney, s?y oppose péremptoirement, en faisant ressortir qu?il y a suffisamment d?autobus pour transporter ceux qui voudront se rendre alors au Champ de Mars.

Le 3 août 1956 arrive, à bord du Tintagel Castle, la Austin Standard de couleur noire qu?utilisera la princesse pendant sa visite. Blyth Brothers expose la limousine princière dans son showroom. La visiteuse posera la première pierre du nouveau college Royal ?School? de Port-Louis. Il sera construit sur un terrain de 15 arpents aux Cassis. On prévoit que sa construction s?achèvera à la fin de 1958.

Le projet collège Royal de Port-Louis nous amène à parler des étudiants mauriciens. Il est d?abord question de la fin de la visite de

Mlle Rittner. La Chambre de commerce chinoise et les parents d?étudiants d?origine indienne la reçoivent tour à tour. Les porte-parole sont Jean Ah Chuen et Georges Chan Yu Tin, d?un côté, et M.S. Gaya et Laure Pillay, de l?autre. Hassam Bahemia lui offre un bracelet en or et un bouquet.

Parmi les étudiants, y compris quelques lauréats, il y a ceux qui partent étudier et ceux qui rentrent au pays natal, diplômes en poche. Les partants sont, entre autres, Devi Bundhoo et L.M. Ythier, Sydney Louis et

B. Goordyal. On signale le retour du nouveau dentiste T.C. Baguant de Camp Ythier. Dodabhai Prithipaul devient Bachelor of Arts de l?université de Bénarès. Zéïde Cadinouche passe ses examens de 2nd Mate. La Chambre de commerce de Londres certifie que Maurice Bru fait du 150 mots français à la minute en sténo, Yolande Tursan d?Espaignet et Denis Louis Tranquille en sont à 130 mots.

On n?entre pas facilement, à l?époque, dans la fonction publique. Elle se contente de publier la liste de ceux qui seront invités, par ordre de mérite, à remplir au fur et à mesure les postes devenus vacants.

D?autres partent pour représenter les jeunes, comme J. Delaître, R. Edahtally et Meewasing (représentation contestée) ou encore les journalistes, comme Marcel Cabon. Kher Jagatsingh obtient un congé de six mois du Bureau médical et s?en va en Inde et en Europe, premier, sans doute, d?une longue série de voyages par avion.

(À suivre)

Publicité