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Les premières auditions démarrent

9 août 2004, 20:00

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La commission d?enquête sur la vente à la barre commence ses travaux ce matin. Cinq dépositions sont attendues pour dénoncer les pratiques douteuses qui auraient cours dans le cadre de cette procédure légale. Plusieurs centaines de familles se disent victimes de ce système à cause d?hommes de loi véreux. Quatre autres victimes déposeront jeudi.

Les premières séances de cette commission présidée par Sir Victor Glover seront consacrées à l?audition des victimes. Soixante-cinq personnes ont exprimé le souhait de témoigner. Sir Victor Glover sera aidé par deux assesseurs, Yuvraj Tacoor et Denis Vellien.

?Je me doute de la teneur générale des dépositions. Mais il nous faut encore étudier le problème en détail. Comme je l?ai affirmé, au cas où je sois en présence d?informations indiquant qu?il y aurait maldonne, je n?hésiterai pas à les référer à la police ou à l?Independent Commission against Corruption (Icac)?, a soutenu Sir Victor Glover.

Ce dernier doit déterminer si le système actuel de la vente à la barre a donné lieu à des maldonnes, et s?il a causé préjudice ou provoqué des souffrances excessives aux débiteurs.

La commission d?enquête est également chargée de proposer les amendements nécessaires à introduire dans la loi pour protéger les intérêts du public et les débiteurs. Outre le volet juridique, elle a la responsabilité de suggérer des changements à apporter au système.

La semaine dernière, Sir Victor Glover et ses deux assesseurs ont reçu Harish Boodhoo, à sa demande. Il a fait des suggestions aux commissaires sur l?organisation des travaux de la commission d?enquête. ?Après ma rencontre avec les commissaires, j?ai eu le sentiment qu?ils vont travailler dans l?intérêt du pays. Je leur fais confiance. Mais je suis sûr qu?avec ces nombreuses dépositions, ils ne vont découvrir que le sommet de l?iceberg. Tant le problème de fraude et de corruption entourant la vente à la barre a pris une grande dimension?, a affirmé Harish Boodhoo.

Celui-ci pense que les travaux de la commission doivent aller à la racine du problème. Les commissaires ?ne peuvent pas se contenter de faire un relevé des abus. Il faut aller encore plus en profondeur pour détecter le vrai mal. D?autant que même le Premier ministre et son adjoint ont reconnu qu?il y a des abus.?

Ces dépositions sont toutefois source d?appréhension. Par crainte de représailles, les victimes ont hésité à se présenter devant la commission. Cette inquiétude est accentuée dans la mesure où les auditions sont publiques. Harish Boodhoo et ses proches ont d?ailleurs dû convaincre les familles de témoigner. Il les a également aidés à rédiger leur lettre affirmant qu?ils souhaitaient déposer devant Sir Victor Glover.

L?Icac a recueilli entre-temps quelques témoignages d?hommes de loi. De plus, la commission anti-corruption est en présence d?informations portant sur un conseiller du gouvernement et ancien ministre. Ce dernier avait des dettes de quelque Rs 28 millions auprès de la défunte Mauritius Commercial and Cooperative Bank. Or, ses biens ont été vendus à la barre pour quelques Rs 6 millions seulement. De plus, ce sont ses avoués qui ont racheté les biens au nom de ses enfants. Harish Boodhoo avait déjà référé l?affaire à l?Icac.

Par ailleurs, il a aussi dénoncé la semaine dernière un casseur, qui est secrétaire permanent dans la fonction publique. Ce dernier a déjà été suspendu. Il fait aujourd?hui l?objet de graves allégations.

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