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Les poules aux ?ufs d?or
Une belle histoire que l?on dirait sortie d?un conte pour enfants avec des poules et des ?ufs. Et des poules, il y en a des centaines. Six-cents pour être précis. Telle une chorale de basse-cour, les gloussements et les caquètements se font entendre tout le long de la journée.
En passant sur la route principale de Lataniers, rien ne laisse deviner qu?il y a des poulaillers au bas de la route chez les Gaspard. Les volatiles sont casés dans des cages dans la cour. C?est le hasard qui a fait de Margaret une éleveuse de poules pondeuses. Priscille, leur fille, en est pour quelque chose. Nol, l?époux, ne croyait pas que ce serait une affaire florissante, mais l?avenir a prouvé qu?il avait eu tort.
Alors que Priscille n?était qu?une enfant, tous ses plats étaient accompagnés d??ufs. C?était son péché-mignon. Elle ne prenait pas son repas sans. Margaret, en bonne mère poule se faisait un devoir d?acheter les ?ufs en grande quantité et cela pesait énormément sur son budget. Finalement, elle s?est rendu compte qu?elle dépenserait moins d?argent si elle élevait des poules.
L?idée de faire l?acquisition de quelques poules trotte alors dans la tête de Margaret. Nous sommes alors en 1988. Le mari est quelque peu réticent. Il songe à la nourriture et au poulailler qu?il faudra bâtir. Il faudra aussi du bois. ?Quand mon mari a vu ma détermination et que je transportais le bois pour construire les poulaillers, il a construit une petite case?, déclare Margaret.
Il y a eu d?abord six poules pondeuses. Entre-temps, Nol quitte Rodrigues pour se faire soigner à Maurice. Une lettre émanant de sa femme lui annonce la nouvelle : Il y a une surproduction d??ufs. La réponse de son mari est simple? il n?y a qu?à les commercialiser. ?Les voisins ont afflué chez moi quand ils ont appris que je vendais des ?ufs. De bouche à l?oreille tout le voisinage était au courant?, raconte Margaret.
Un petit secret
La demande est si grande que le couple achète douze nouvelles pondeuses. Le chiffre passera ensuite à 20, 50, 100, 300 pour atteindre 600 volatiles (400 pondeuses et 200 poulets). Ce n?est plus un élevage pour les besoins personnels, mais une industrie. Nol et Margaret en sont conscients. Ils ont déjà un nom pour leur commerce, mais pas question de le dévoiler tant qu?il ne sera pas enregistré aux autorités concernées.
?Nous avons été encouragés quand nous avons vendu nos premiers ?ufs. A aucun moment, nous n?avons songé que nous réussirions?, explique Margaret Gaspard. Les pondeuses produisent en moyenne 300 ?ufs quotidiennement dépendant du climat. Le coût dépend aussi de Dame nature, mais d?ordinaire un ?uf coûte Rs 2,75.
Les pondeuses sont remplacées quasiment chaque deux ans par de jeunes volailles achetées quelques mois plus tôt. Avec le temps, Margaret a appris à reconnaître les pondeuses vieillissantes. C?est-à-dire celles qui pondent le moins.
Le quotidien de Gaspard a bien changé depuis leurs six premières pondeuses. Margaret est déjà debout au premier chant du coq. Elle s?affaire dans ses six poulaillers jusqu?à sept heures avant de se rendre dans son potager jouxtant la maison.
Nol, qui est fonctionnaire, a également eu une nouvelle tâche. Il enfourche sa bicyclette après les heures de bureau et le week-end pour distribuer des ?ufs chez des particuliers ou à des commerçants. Les clients sont quasiment dans les quatre coins l?île. ?Ils sont partout?, dit fièrement Nol.
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