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Les planteurs sur le champ de bataille

20 septembre 2008, 00:00

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Plus de 200 millimètres de précipitations. Avec un tel chiffre, le centre de l?île est la région la plus affectée par les pluies torrentielles de cette semaine. Et ce sont les planteurs de la région qui ont été le plus touchés par les averses.

A Providence, une pluie fine et un ciel gris accueillent les visiteurs et les habitants. Certes, on est loin des trombes d?eau qui se sont abattues depuis la soirée de mardi, mais ici, le soleil ne s?est toujours pas montré. Toutefois, malgré les fortes précicpitations, le village s?en sort presque indemne. C?est ce que nous explique Gassen, président du conseil de village. Seul le terrain de football de la localité est impraticable.

«Inn gayne delo dan lakaz, me pa kouma avan», explique ce dernier, faisant référence aux inondations de mars dernier. Cette fois, la rivière qui coule à proximité de la localité n?a pas quitté son lit. Personne n?a dû abandonner sa maison, selon Gassen. Il ajoute que des dispositions avaient été prises le jour des grosses pluies. Des vivres avaient été stockés au centre communautaire du village, au cas où il y aurait des sinistrés. Heureusement, personne n?a eu à s?y rendre.

Et hier, la vie a repris son cours à Providence. Les enfants ont repris le chemin de l?école. Les adultes sont retournés au travail. Les pluies torrentielles du début de semaine semblent avoir été oubliées. Mais pas pour tout le monde. Les planteurs de la région ont été très touchés par les pluies, même s?il n?y aucun gros dégât à déplorer. Et c?est le même constat à Mont-Ida et Camp-de-Masque, situés à côté de Providence.

«Dan de troi zour ki pou kone la», affirme Mamode Kader Boodoo, debout dans sa plantation de piments. Il habite le village de St-Julien, où il possède plusieurs plantations. Cet ancien président de conseil des districts ne sais pas ce que vont donner ces piments qu?il est obligé de récolter. En effet, à cause des grosses averses, les plantes et leurs fruits se sont gorgés d?eau. De ce fait, ils ne tiendront pas longtemps avant de pourrir. De plus, les plantes elles-mêmes ont été abîmées par la pluie. Mamode Kader Boodoo craint qu?elles ne meurent dans les jours qui viennent.

«Bizin atan soley»</B>

A Pont Bon-Dieu, dans la région de Lallmatie, un homme est debout au milieu de sa plantation de voëhm. La majeure partie des plantes a été détruite par les pluies torrentielles. «Pena solition», lâche Veeren Marimootoo, le planteur. Il se gratte la tête, comme s?il cherchait une solution miracle à ses problèmes. Il n?en trouve aucune, mais explique qu?il pourrait acheter des «médicaments» pour requinquer ses plantes. Même si leur effet n?est pas garanti. De plus, cela lui coûterait plusieurs milliers de roupies, argent qu?il ne pense pas pouvoir récupérer en vendant toute sa récolte. «Mirak ena de troi kokom kinn sape», affirme le planteur. Une maigre consolation pour lui qui cultive ce champ depuis une quinzaine d?années.

Prem Rummun est un planteur de Nouvelle-Découverte. Il secoue la tête : il a perdu beaucoup de légumes à cause des pluies torrentielles. Même s?il avoue ne pas encore connaître l?étendue totale des dégâts. «Bizin atan soley pou nou kone», affirme le planteur. Les plantes, fragilisées par les fortes averses, sont moins résistantes aux rayons du soleil.

Dès que le soleil sera de retour au-dessus de Nouvelle-Découverte et des régions avoisinantes, les plantes noirciront et se dégraderont très vite,. Comme lui, beaucoup de planteurs sont dans un état d?attente anxieuse. Ils espèrent pouvoir vendre au moins quelques légumes, juste de quoi relancer leurs cultures.

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