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Les petits planteurs menacent de descendre dans la rue

10 février 2007, 00:00

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Son sentiment : il a fait le mauvais choix en optant pour les plantations sucrières. Ramjeet Rampersand, issu de trois lignées de petits planteurs, n?est pas le seul à le penser. La colère couve. Les raisons : «Il y a tout d?abord la baisse du prix du sucre acheté par les pays européens par 36 %. Les prix des pesticides et des herbicides continuent à grimper. Plusieurs facilités accordées à la communauté des planteurs dans le passé sont enlevées. Il y a même des petits planteurs à Laventure qui sont en train d?abandonner les plantations sucrières en raison de la hausse des coûts d?opération», précise Ramjeet Rampersand.

Une opinion qui trouve écho parmi les dirigeants du collectif de planteurs de la canne à sucre des régions du Nord, du Sud et de l?Est regroupés au sein de la Northern Planters Association (NPA), la Southern Planters Association (SPA) et la Eastern Planters Association (EPA).

«Un tsunami nous guette. Il faut nous préparer. Nous comptons organiser une manifestation et descendre dans la rue pour exprimer notre mécontentement», fait ressortir Dhuneswar Soukhee, président de l?EPA au cours d?une conférence de presse hier. Il ajoute que : «La communauté des planteurs est une race qui risque de disparaître si rien n?est fait. Mais nous n?allons pas rester les bras croisés malgré les problèmes auxquels nous sommes confrontés».

«Ne badinez pas avec l?avenir»</B>

Des manifestations et rassemblements seraient prévus pour la fin de février ou en mars, mais, à ce stade, aucune date définitive n?a encore été arrêtée.

Comme Virendra Ram-dhun, dirigeant de la NPA, Dhuneswar Soukhee allègue qu?il n?y a pas eu de consultations entre les autorités et ces associations de planteurs au sujet du regroupement des planteurs. «Nous sommes d?accord pour le regroupement mais nous avons des propositions à faire sur cette question pour nous assurer que ces regroupements vont bien fonctionner et non être voués à l?échec. Il y a les frais de la gestion de ces regroupements que nous voudrions discuter. Le gouvernement ne doit pas badiner avec notre avenir», précise Dhuneswar Soukhee.

Car les coûts de la main-d??uvre, du transport des cannes depuis les champs et des intrants ne cessent d?augmenter. «De plus, dit-il, les planteurs qui produisent moins de 60 tonnes de sucre auront à payer l?impôt sur le revenu. Les facilités duty free sur les 4x4 ont été enlevées aussi bien que les subventions sur les intrants.» Dhuneswar Soukhee ajoute qu?il faut «que le cess - prélèvement à la source sur les revenus des producteurs sucriers - et aujourd?hui utilisé dans le fonctionnement d?un certain nombre d?institutions (Mauritius Sugar Industry Research Institute, Sugar Authority, Sugar Insurance Fund Board, entre autres) bénéficie beaucoup plus aux petits planteurs.»

Le collectif souligne également qu?une somme de Rs 500 millions avait été inscrite par le gouvernement dans le passé pour être consacrée, entre autres, à l?épierrage des champs mais que les petits planteurs n?en ont jamais bénéficié à ce jour. «Il y a aussi les recettes des ventes de sucre à l?étranger par le Syndicat des sucres qui sont en euros, mais c?est converti en roupies avant que nous ne les obtenions. Nous recherchons l?avis légal afin d?obtenir que les recettes nous soient versées en euros», explique Dhuneswar Soukhee.

Ce dernier dit craindre que les petits planteurs n?obtiennent pas la part qui leur revient dans le contexte des mesures d?accompagnement de l?Union européenne pour le sucre à la suite de la baisse de prix. Car les 35 000 petits planteurs fa- briquent 40 % de la production sucrière du pays, le reste étant assuré par les gros planteurs.

Le collectif se propose d?inviter les anciens ministres de l?Agriculture et aussi Arvin Boolell, l?actuel titulaire, à les rencontrer afin «de trouver des solutions aux problèmes de la communauté des petits planteurs pour que leur survie puisse être assurée».

«Nous souhaitons aussi être consultés sur le Sugar Industry Efficiency Act avant que cette lé-gislation ne soit votée au Parlement afin qu?un consensus soit dégagé et que les intérêts des petits planteurs soient sauvegardés», conclut Dhuneswar Soukhee.

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