Publicité
Les petits actionnaires de Cotton Bay réclament des dividendes
Par
Partager cet article
Les petits actionnaires de Cotton Bay réclament des dividendes
La compagnie Le Solitaire (Rod) Ltée a été formée par Gérard Tyack, l?ancien directeur financier d?Air Mauritius, et Johnson Roussety, un banquier rodriguais. Cette compagnie a investi plus de Rs 1,7 million dans le Cotton Bay, établissement hôtelier de Pointe-Coton dans le nord-est de Rodrigues. Mais, selon Michelin Roussety, l?actuel président du conseil d?administration, ?aucun actionnaire n?a reçu un sou de dividendes à ce jour?. Ce, malgré les bonnes performances de l?hôtel en 2003 qui, pour la première fois, a déclaré des profits d?environ Rs 5 millions.
?La compagnie n?a pas pu payer des dividendes car elle n?a pas passé les tests de solvabilité?, justifie Medha Ramdanee, la secrétaire de Pointe Coton Resort Hotel, la compagnie qui gère le Cotton Bay. De plus, il a fallu, avant tout, éponger les dettes avant de songer à redistribuer les profits, selon cette dernière.
Air Mauritius a lancé l?hôtel en 1993 avec comme partenaires la State Insurance Corporation of Mauritius, la State Investment Corporation, Mauritours et Le Solitaire (Rod) Ltée. Cette dernière détient 3,6 % des actions alors qu?Air Mauritius est l?actionnaire majoritaire.
Mais, après plus de dix ans d?opérations, l?établissement de Pointe-Coton n?a pu réaliser des profits qu?en 2003. C?est ce qui intrigue Michelin Roussety. Pour lui, qui connaît bien le fonctionnement de l?hôtel puisqu?il en est l?un des fournisseurs, il est inconcevable que Cotton Bay ait accumulé des pertes sur toutes ces années. Il estime qu?il y a eu ?gaspillage et mauvaise gestion et que rien n?a été fait pour remédier à la situation?. M. Roussety dénonce également le fait que les travaux de rénovation de l?hôtel, estimés à Rs 10 millions en 1999-2000, aient finalement coûté plus de Rs22,8m.
Un rapport du cabinet Ernst & Young, effectué en 2002, a conclu que la somme payée pour les rénovations excédait la valeur obtenue. Le rapport a dressé la liste des dépenses effectuées sans l?approbation du conseil d?administration ou des achats injustifiés. Sollicité par la suite pour commenter ce rapport, le conseil légal d?Air Mauritius (l?actionnaire majoritaire) a estimé qu?il était impossible de prouver qu?il y aurait eu des détournements de fonds. Le conseil légal a estimé également que le cabinet d?experts n?a pu établir les responsabilités dans des cas d?achats injustifiés.
Aujourd?hui, pour Medha Ramdanee, le rapport du cabinet n?établit pas de malversations. Mme Ramdanee insiste également sur le fait que les chiffres de la compagnie sont ?transparents? et que les coûts de la rénovation d?un hôtel connaissent normalement ?des variations à la hausse?, entre la période de mise en ?uvre des travaux et leur aboutissement.
Vains efforts et amertume
La secrétaire du Pointe Coton Resort Hotel récuse les accusations de gaspillage qui sont, selon elle, des ?jugements de valeur?. ?Le nouveau conseil d?administration s?évertue à redynamiser les activités économiques de Cotton Bay et les résultats positifs attestent de cet effort?, insiste encore la secrétaire de la compagnie.
Pour Michelin Roussety, tout cela ressemble à une ?farce?. Il a entrepris toute une série de démarches pour tenter, auprès du board d?abord, puis auprès d?instances comme l?Independent Commission against Corruption, la Central Investigation Division ou le Bureau du Premier ministre de faire la lumière sur les dépenses et l?absence de profits au Cotton Bay. Mais il attend toujours. ?On a l?impression que l?hôtel roule pour d?autres personnes?, laisse-t-il échapper, amer de ne pas pouvoir, surtout, toucher les dividendes qu?il attend depuis si longtemps.
Publicité
Publicité
Les plus récents