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Les pays en développement réclament une réforme du FMI et de la BM
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Les pays en développement réclament une réforme du FMI et de la BM
Après l?échec de Cancun, ils veulent être mieux représentés dans les institutions financières internationales.
Ils n?étaient pas à Cancun, mais ils ont pris la relève de leurs collègues du commerce qui ont mené la fronde des pays en développement. A Dubayy, les ministres des finances du Brésil, de l?Afrique du Sud et de l?Inde ont appelé à un rééquilibrage des forces au sein des conseils d?administration du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, dans lesquels les pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon) détiennent près de 50 % des voix.
Au nom du comité du développement qu?il préside, le Sud-Africain Trevor Manuel a estimé qu?il fallait résoudre le ?déficit de démocratie? de ces institutions. ?Nous affirmons qu?il y a une place pour le multilatéralisme. De la même façon, comme pays membres de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) ? et de l?ONU, nous nous battons pour le multilatéralisme. Il faut tirer les leçons de Cancun?, a-t-il dit.
Antonio Palocci, son homologue brésilien, a de son côté déclaré que ?la façon la plus directe d?augmenter la force et l?efficacité de la participation des pays en développement dans le processus de prise de décision du FMI et de la Banque mondiale est l?augmentation de leur capacité totale de vote?. Les pays latino-américains, qui ont subi les programmes d?austérité du FMI, ont une capacité de décision limitée : le Brésil, la plus grande économie de la région, détient 1,41 % des votes, l?Argentine 0,99 %, le Chili 0,41 %.
Le gouverneur indien Y. V. Reddy a renchéri sur le même thème en regrettant qu?un ?consensus pour parvenir à une réforme n?était pas atteint?. ?Nous pensons que la responsabilité en revient aux pays développés qui, comme actionnaires majoritaires, doivent démontrer leur volonté de réformer les institutions en tenant compte du changement des réalités.? Varathep Ratanokorn, le gouverneur thaïlandais, a estimé que ?le monde en développement doit avoir son mot à dire dans les affaires et la politique de la Banque et du Fonds?.
Depuis le début des assemblées générales annuelles du FMI et de la Banque mondiale, dimanche 21 septembre, le multilatéralisme a été de tous les débats et pris sous tous ses angles. Celui, politique, d?un nouveau rapport de forces entre petits et grands pays comme celui, économique, de la libéralisation du commerce.
?Le blocage des négociations commerciales internationales à Cancun n?a certainement pas renforcé la confiance à l?échelle mondiale?, a déclaré le directeur général du FMI, Horst Köhler, pour qui le commerce est ?l?agent le plus puissant de la croissance mondiale et de la réduction de la pauvreté?. ?Les dirigeants des grands pays industrialisés détiennent les clés du succès des négociations, l?agriculture restant la clé de tout progrès décisif?, a-t-il ajouté.
Les plus gros actionnaires que sont l?Europe et les Etats-Unis ont été visés dans les deux domaines qui ont conduit à l?échec de Cancun : l?agriculture et la mauvaise gouvernance. Jim Wolfensohn, président de la Banque mondiale, a plaidé pour un ?nouvel équilibre entre pays riches et pays pauvres?. ?Ce qui s?est passé à Cancun doit être un signal d?alarme car les pays en développement ? plus de 3 milliards d?êtres humains ? ont trouvé inacceptable une conception des négociations dans laquelle on attend d?eux seulement qu?ils répondent à des propositions des pays riches?, a-t-il déclaré.
Les deux tiers des pays en développement dépendent de l?agriculture pour leur subsistance, a-t-il rappelé. Or les pays riches dépensent plus de 300 milliards de dollars par an pour leurs subventions agricoles, mais seulement 56 milliards pour l?aide publique au développement.
Un peu plus tôt, l?économiste en chef de la banque, Nick Stern, avait qualifié le système de subventions des pays riches de ?dépassé politiquement, aberrant sur le plan économique, destructeur pour l?environnement et éthiquement indéfendable?. ?Il est temps d?arrêter?, a-t-il déclaré lors d?un séminaire sur le commerce.
Babette Stern
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