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Les particuliers boudent les cartes de v?ux locales

14 décembre 2007, 00:00

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Entre tradition et technologie, l?avenir des cartes semble compromis. Seules les entreprises restent fidèles et contribuent ainsi à aider les Organisations non gouvernementales (ONG) qui lèvent des fonds grâce aux cartes de souhaits. Les particuliers, eux, leur préfèrent les SMS.

Installée derrière sa table, un sourire accroché au coin des lèvres, Françoise est une maman pas comme les autres. Elle essaie de faire partir «ses» cartes de v?ux au design très local le plus rapidement possible. Mais il y a très peu d?affluence autour de la «vendeuse» alors qu?il est un peu plus de midi. Quelques passants jettent de temps en temps un coup d??il rapide aux six variétés de cartes joliment entreposées avant de les reposer gentiment et de tourner les talons. Réaction d'une passante : «Ce n'est pas vraiment pratique la carte. Je préfère encore envoyer un SMS pour Noël.»

Cela fait un peu plus de six ans que SOS Village commercialise des cartes de souhaits. Comme tant d?autres ONG, elle espère faire un peu de profit en mettant en vente les cartes à Rs 20 l?unité, conçues et imprimées localement pour son compte. Les recettes ainsi générées serviront à renflouer les caisses de l?association et à aider au fonctionnement des deux villages situés à Beau-Bassin et à Bambous.

Mais force est de constater que les cartes n'ont plus la même cote d'amour auprès des particuliers, même si au niveau des entreprises, on reste fidèle à la tradition. SMS et cartes de v?ux électroniques leur volent de plus en plus la vedette.

«Je réalise que les gens se tournent de moins en moins vers les cartes de v?ux. Mais ce serait très bien qu'ils achètent une carte car c'est pour venir en aide aux enfants avant tout», explique Françoise Lafleur, la «maman» et vendeuse qui travaille chez SOS Village depuis cinq ans.

Ce sont les enfants du village qui ont réalisé trois des 12 cartes proposées à la vente. Quelques peintres bienveillants ont fait don de leurs peintures pour reproduction. L?association a également bénéficié d'une remise auprès de l'imprimerie pour l'impression de ses 15 000 cartes.

«Les Ségatières», «Les Salines de Rivière Noire» ou encore «Rêve d'enfant - pour un monde meilleur»... Exit le traditionnel Père Noël et sapin ou même les éternels paysages et fermes recouverts de neige à perte de vue... Les cartes proposées par les associations ont une touche plus folklorique et tropicale, mettant l?accent sur les paysages mauriciens, dans des tons très chauds.

«Je préfère envoyer des SMS»

Mais la baisse de la vente inquiète les différentes associations. Une journée de réflexion a même été organisée par Terre de Paix pour plancher sur la viabilité et la rentabilité de ces ventes.

Irène Alessandri, directrice de l?Association des parents d?enfants inadaptés de l?île Maurice (APEIM), association pionnière dans la vente de cartes, il y a 25 ans déjà, exprime sa crainte : «La tendance change. Les individus achètent de moins en moins les cartes, ce qui nous inquiète. Heureusement qu'il y a les clients fidèles...»

Petites sociétés, entreprises, ministères, amis... représentent le plus gros de la clientèle. Les particuliers, eux, semblent préférer ce qui est plus pratique et moins contraignant : les cartes de v?ux électroniques et les SMS, qui d?ailleurs leur reviennent à moins cher. Il faut compter 60 sous pour un SMS?

«Je préfère envoyer des SMS parce qu?avec le travail, je n'ai ni le temps d'acheter, ni d'envoyer des cartes. Je trouve que les cartes locales coûtent plus cher que celles provenant de l'étranger», avoue Corinne, employée dans une entreprise privée de la capitale.

Mais pour plusieurs associations, cette levée de fonds via la vente de cartes est la plus importante de l'année. «L?argent recueilli nous permettra de financer le roulement de la quinzaine de services offerte par l'APEIM aux 650 enfants et adultes que nous accueillons dans nos différents centres à travers l'île», fait ressortir Irène Alessandri.

Comme quoi, les traditionnelles cartes ont leur raison que la technologie et le porte-monnaie ne connaissent pas...

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