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Les paradoxes du football anglais
L?Angleterre peut se targuer de deux exclusivités en matière de football : elle a inventé ce jeu devenu le plus populaire des sports de la planète et elle possède en David Beckham le joueur le mieux payé au monde. Toujours au rayon de sa fierté nationale, elle peut faire valoir qu?elle n?a jamais perdu en phase finale de grandes compétitions face à la France. Le bonheur serait donc total, s?il n?y avait derrière cette vitrine de bon aloi, de nombreuses dérives en matières d?alcoolisme, de violence et d?addiction aux jeux d?argent.
Si Robbie Fowler, l?attaquant de Liverpool, est entré dans la légende pour avoir fictivement « sniffé » la ligne de touche du terrain pour célébrer un but inscrit contre Everton en 1999, quelques faits divers récents ne relèvent plus de l?humour anglais.
Ainsi, plusieurs joueurs de Leeds ont été impliqués dans l?agression raciste d?un étudiant indien, plusieurs clubs ont dû faire face aux accusations d?agression sexuelles lancées contre quelques-uns de leurs joueurs.
L?alcoolisme est souvent présent en Premier League comme en témoignent les frasques de Paul Gascoigne ou la cure de désintoxication subie par Tony Adams ex-défenseur des « Gunners ». Enfin, les jeux d?argent sont monnaie courante dans le ballon rond anglais, Arsène Wenger le manager d?Arsenal ayant dénoncé par le passé une pratique tenant de l?addiction et qui touche même des joueurs hors pair comme Michael Owen, l?attaquant vedette de Liverpool, passionné à l?excès par les courses de chevaux.
Ces comportements compulsifs ou maladifs semblent s?expliquer en partie par l?incapacité des footballeurs anglais à voyager, à élargir leur horizon, à enrichir leur univers quotidien. Ainsi, hormis David Beckham, aux revenus annuels estimés à 20 millions d?euros loin devant Ronaldo et Zinédine Zidane, aucun international anglais n?évolue à l?étranger.
« Les Anglais se sentent bien dans leur championnat. L?an dernier, aucun international n?évoluait à l?étranger. L?arrivée de Beckham au Real Madrid marque peut-être le début d?un changement », analyse Zinédine Zidane.
A contrario des Anglais, les Français ont essaimé dans les championnats étrangers, ils y véhiculent ce professionnalisme breveté qui les fait d?ailleurs rêver ce soir de briser le signe indien face aux footballeurs insulaires. Robert Pires qui connaît bien le football insulaire pour ses quatre années passés à Arsenal, souligne que la Premier League est à deux niveaux. « Il y a deux mentalités dans le football anglais. Celle des trois équipes qui dominent la compétition ? Arsenal, Chelsea, Manchester United ? et comptent de nombreux joueurs étrangers, puis toutes les autres qui ne sont bâties qu?avec des Anglais. »
Du coup, la culture anglaise de la virée en pub reste ancrée chez les joueurs. Et, à l?étranger, ils craignent de devoir se plier aux règles de vie draconiennes du professionnalisme d?aujourd?hui.
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