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Les nouveaux horizons du télémarketing

7 février 2005, 00:00

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Il est midi passé de quelques minutes, un peu plus de 9 heures en France? Le call centre situé dans un immeuble de Quatre-Bornes bourdonne déjà comme une ruche. Installés devant leurs ordinateurs, la bouche collée au micro, de jeunes Mauriciens font du télémarketing, en empruntant l?accent français. L?illusion est presque parfaite. Du moins pour les interlocuteurs au bout du fil, à Paris, à Nice ou à Saint-Etienne.

La plupart de ces jeunes ont suivi une formation pour en arriver là. Une formation accélérée de plusieurs dizaines d?heures que suivent actuellement Karuna, Ruben et Oren. Ce n?est qu?après avoir passé ce cap que ces trois jeunes pourront rejoindre leurs camarades.

?Le call centre, c?est l?Eldorado. C?est ce que représentait l?industrie textile dans les années 80 ?, lance Oren qui n?était probablement pas encore né à l?époque du boom textile? Aujourd?hui, le textile ne fait plus recette. Ce qui attire les jeunes Mauriciens qui viennent de terminer l?école ou qui l?ont quittée après le School Certificate, c?est bien l?univers du call centre.

L?état reçoit chaque jour des demandes de sociétés spécialisées dans le télémarketing qui veulent profiter des avantages que Maurice offre pour s?installer. Un phénomène qui entraîne une forte demande en termes de main-d??uvre. Les jeunes Mauriciens en sont conscients et veulent en profiter. ?C?est aussi une façon de voyager quelque part?, admet Karuna. Cette jeune femme vient de quitter le secteur textile et, pour elle, le télémarketing est arrivé à point. Mais elle devra, préalablement à toute offre d?embauche, passer par la formation.

Didier Do Van Kia est responsable du centre de formation de la société Execom, lancé en septembre dernier. Ce centre a choisi d?axer son programme sur les jeunes chômeurs, les school leavers ou encore ceux qui ont une petite expérience de la vente ou de la relation clientèle. ?Les jeunes viennent vers nous. Ils sont souvent accompagnés de leurs parents. On leur fait passer un examen, puis on les met un peu à l?épreuve?, résume Didier Do Van Kia.

Execom est le filtre essentiel pour le call centre. Ce mois-ci, le responsable de la formation de la société a reçu 100 appels. Il en a sélectionné une soixantaine. La plupart des jeunes filles, une douzaine, ont été embauchées directement et huit suivent les cours de formation.?Les call centres attirent beaucoup d?employés d?hôtel parce qu?il y a vraisemblablement une plus grande motivation?, observe Didier Do Van Kia. Pour Ruben, la formation chez Execom lui permettra surtout de renforcer son expérience, de perfectionner sa maîtrise du français. Il travaille déjà dans un centre d?appel et pourrait même envisager un transfert vers les autres métiers de la vente ou d?autres sociétés spécialisées.

Le programme est payant (Rs 6 000). Il est à la fois théorique et pratique et comprend quatre heures de cours par semaine, pendant un mois. Le formateur inculque les principes de télémarketing avec un accent particulier sur l?articulation, les intonations, et l?enthousiasme. Mais il évoque aussi les notions de vie en entreprise. Finalement, ils intégreront un call centre mais ils continueront à être formés, sous la supervision des chefs d?équipe. ?Les technologies de l?information sont en plein boom à Maurice et notre bilinguisme nous donne des avantages?, confie Ruben. La motivation pour faire du télémarketing est bel est bien présente. C?est nouveau. Tout le monde en parle. C?est glamour. Et surtout, ça marche !

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