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Les mauvais conseils

17 octobre 2007, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Dinesh Ramjuttun, conseiller auprès du Premier ministre : c?est une erreur de casting. Il n?est pas crédible dans le rôle du conseiller qui dit que c?est pour le bien de Navin Ramgoolam qu?il agit. Il n?est pas crédible, non plus, quand il donne un avis sur la géotechnique ou sur la congestion routière au Premier ministre.

Toute sa démarche est intriguante. Elle est d?autant plus mystérieuse que c'est la première fois qu?un homme dans l?entourage de Navin Ramgoolam puisse s?en prendre à lui sans se voir intimer l'ordre de ?lev pake ale?. Cette anomalie remet au centre du débat national le rôle des ?Advisers? censés conseiller les dirigeants.

Idéalement, le chef du gouvernement et ses ministres doivent pouvoir s?entourer de quelques collaborateurs qui ont, à la fois, des compétences techniques et une loyauté sans faille envers l?homme politique qu?ils servent. Mais, il y a eu un détournement de la fonction. Elle est davantage utilisée à des fins politiciennes. Après une élection, quand il reste des fidèles à caser, le moyen le plus commode de les satisfaire est de les nommer ?Advisers?. Ou alors, conseillers au PMO, ils servent de contrepoids à des ministres. Jean Suzanne est l?épine aux pieds d?Etienne Sinatambou, Gilbert Philippe est le contradicteur de Xavier-Luc Duval.

Au fil des gouvernements, il y a eu des dérives invraisemblables. Répondant à une question parlementaire en mai 2006, le Premier ministre a affirmé que son prédécesseur avait employé 21 conseillers alors que lui en a embauché une quinzaine. Les ministres ne sont pas en reste. Ils nomment toutes sortes de conseillers avec des missions pas toujours bien définies. Il y a même des conseillers affectés à l?étranger. Noël Lee Cheong Lem est à Bruxelles, Parmanand Brizmohun à Pretoria. En sus de leur salaire, ils touchent alors des indemnités pouvant atteindre Rs 144 225.

Les conseillers seraient utiles s?ils pouvaient compenser les faiblesses des fonctionnaires. Si ces derniers pouvaient disposer de compétences extérieures, un coup de pouce utile serait donné à la gestion des services publics. Mais, c?est loin d?être le cas. En fait, la présence de ces ?intrus? venus du monde politique est souvent une source de blocage. Quand des ?advisers? trop entreprenants usurpent le rôle des commis de l?Etat, cela provoque une grande frustration parmi les hauts fonctionnaires. La gestion des affaires nationales s?en trouve appauvrie. En septembre 2005, le gouvernement avait circulé un projet de loi, le ?Public Service Bill?, pour réglementer entre autres, la fonction de conseiller. Il est resté lettre morte.

Un gouvernement soucieux d?efficacité aurait, en premier lieu, aboli le poste de ?advisers in communication?. Ces facteurs qui servent à dispatcher des communiqués de presse gênent le plus souvent la communication avec les ministres. Ils symbolisent l?absurdité du système de conseillers.

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