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Les Mauriciens toujours séduits

19 septembre 2008, 20:00

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L?offre des chaînes satellitaires continue de s?étoffer. Multichoice Africa a lancé récemment de nouveaux bouquets pour séduire davantage les Mauriciens. Objectif : doubler le nombre d?abonnés en deux ans de 2 500 à 5 000. C?est un pari de proposer des programmes en anglais alors que la tendance locale, en matière de langue, est à l?utilisation du français. De fait, les Mauriciens préféreront les programmes en français, une langue qu?ils maîtrisent mieux.

Là n?est pas le propos. L?offre satellitaire gagne du terrain parce que les Mauriciens sont séduits par les grilles de programmation. «Nous faisons beaucoup d?effort pour offrir le meilleur à nos clients. La plupart des chaînes francophones sont disponibles à Maurice, ce qui donne un vaste choix aux abonnés», souligne d?emblée Michel Juanico, directeur de Médiacom Ltée représentant Parabole Maurice.

Le directeur de MC Vision CanalSat Maurice, Franck Chalier, va dans le même sens. «Le succès de nos chaînes est dû à notre offre, variée, peu onéreuse, le premier bouquet coûtant Rs 399. Aussi, nous personnalisons les bouquets afin de répondre au mieux aux désirs de la clientèle.»

Preuve de l?intérêt, le taux de croissance des abonnements chez Médiacom Ltée oscille entre 10 % et 15 % l?an (25 000 abonnés aujourd?hui). «Le secteur continue de croître car la demande sur le marché est là. Par ailleurs, nous sommes les agents de Multichoice Africa pour DSTV. Dans ce cadre nous offrons des bouquets français sur parabole ainsi qu?anglais et indiens sur DSTV. Pour la programmation, nous couvrons tous types de demandes.» Du côté de MC Vision, le nombre d?abonnés est aujourd?hui de 61 000. En un an, l?augmentation a été de 50 %, «grâce aux chaînes Bollywood et les matchs de la Premier League».

Le succès ne se fait pas au détriment de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), insistent nos interlocuteurs. «Nous ne sommes pas concurrents. La MBC propose un contenu local, segment sur lequel nous ne sommes pas présents. Nous importons dans le paysage audiovisuel des chaînes extérieures. Ce n?est pas le même rôle », fait ressortir Michel Juanico.

Combler des besoins differents</B> On ne peut donc pas prétendre que les Mauriciens délaissent ostensiblement la télévision nationale. Toutefois, les chaînes satellitaires plaisent par leur contenu, surtout en ce qui «concerne le football, le cinéma récent, l?information en boucle et bien entendu, les programmes pour enfants», explique le directeur de Médiacom Ltée.

Les chaînes payantes comblent un besoin qui ne l?est pas sur les chaînes nationales. Et ces besoins en terme de programmation sont nombreux. Films, séries télé, sport, information internationale ne sont pas suffisants sur les canaux de la MBC. Cela dit, des efforts ont été entrepris par la station de Forest-Side pour continuer à séduire le public mauricien. Mais la force de capitalisation n?est pas la même que les chaînes payantes, qui disposent, dans leurs bouquets, de chaînes retransmettant les grands matchs du football anglais ou encore des films récents.

Les familles mauriciennes trouvent donc leur compte dans les chaînes satellitaires. «Nous avons un positionnement clairement familial. Par ailleurs, l?ensemble de nos services fait le succès de CanalSat, en ce qui concerne la technologie avec bientôt la haute définition et des décodeurs avec de nombreuses options (contrôle parental, choix des langues?), le contenu avec 30 films inédits sur les chaînes Canal + ou encore six matchs quotidiens de la Champions League», détaille Franck Chalier. Le marché se porte donc bien et devrait continuer à drainer des Mauriciens à la recherche d?une «ouverture sur l?extérieur», comme l?estiment Michel Juanico et Franck Chalier.

<B>Le paradoxe de la langue</B>

Bien que la langue officielle soit l?anglais, les Mauriciens sont beaucoup plus à l?aise au contact du français dans les médias. Les professionnels des médias, de fait, estiment que les programmes francophones ont plus de chances de plaire au public mauricien. C?est pourquoi de nombreux films ou séries sont proposés en version française, respectant ce qui se fait sur les chaînes payantes proposées. Toutefois, certains programmes très ciblés restent en langue originale. Les informations en continu sur CNN ou Euronews ont un public fidèle à Maurice. Bien plus important encore, les fans de football anglais préfèrent nettement une rencontre animée par des commentateurs anglais que français. Il s?agit de respecter une certaine logique mais surtout les goûts d?un public particulier qui oscille entre plusieurs langues. Les bouquets de DSTV cherchent à aller dans ce sens. Les bouquets indiens par exemple répondront à une demande latente d?un public avide de feuilletons en hindoustani.

<B>MICRO-TROTTOIR</B>

<B>Jerry Brunel, 47 ans, technicien</B>

Je ne suis pas intéressé par les chaînes satellitaires. De toute façon, je ne regarde pas la télévision, si ce n?est de temps en temps le journal de la MBC. De plus, le football ne m?intéresse pas, donc les chaînes payantes ne risquent pas de m?attirer. Plutôt que perdre mon temps devant la télévision, je préfère jouer de la guitare ou écouter de la musique. Comme je suis technicien dans le TV-HiFi, une fois rentré, je ne veux pas me mettre devant un écran.

<B>Mirella Bergicourt, 35 ans, femme au foyer</B>

J?ai installé Parabole Maurice à la maison depuis deux ans et j?en suis contente. J?ai deux enfants et il y a beaucoup de programmes qui leur plaisent. Tous les jours, on regarde les chaînes de la Parabole. De mon côté, je suis plus intéressée par les téléfilms. Je regarde principalement les programmes en français. Par contre, je ne regarde pas la MBC.

<B>Selvy Moodley, 26 ans, Comptable</B>

Je regarde les programmes de CanalSat depuis six ans d?abord chez mes parents puis maintenant chez moi. Je suis une fidèle téléspectatrice des séries télé comme Prison Break, ainsi que des documentaires. Je ne regarde pas du tout la MBC. Pour les informations locales, je préfère écouter la radio ou lire les journaux.

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