Publicité
Les Mauriciens devront quitter le Liban à leurs frais
Par
Partager cet article
Les Mauriciens devront quitter le Liban à leurs frais
Malgré l?aggravation de la situation au Liban, aucun Mauricien qui y travaille n?a encore exprimé le désir de rentrer au pays. ?Personne n?est rentré. Personne ne veut rentrer à Maurice pour différentes raisons, familiales, financières ou autres?, dit Salem Beydoun, consul honoraire de Maurice au Liban. Mais par-dessus tout, il déplore que, dorénavant, ceux qui décideront de s?en aller, devront le faire à leurs frais.
Car sur le terrain, la situation s?est compliquée. Les Indiens, Français et Britanniques ont complété leurs évacuations. Aucun départ n?est possible par bateau. ?Les Indiens et les Egyptiens sont disposés à en faire par autobus. Pour cela il faut un minimum de 50 personnes. Les évacuations se feront sur la Syrie. Et si jamais les Mauriciens veulent quitter le Liban, ils doivent maintenant tout payer pour leur déplacement?, dit Salem Beydoun.
L?autobus mettra de huit à neuf heures pour le trajet Liban-Syrie en raison des bombardements de certaines routes du littoral, où l?on mettait auparavant deux à trois heures pour faire le trajet. Sans compter que les problèmes de ravitaillement des véhicules en produits pétroliers commencent à se faire sentir.
Une fois en Syrie, les personnes évacuées peuvent aller en Inde ou à Paris ? ou une autre destination ? pour pouvoir rentrer à Maurice, s?ils le désirent.
?Les Mauriciens et Mauriciennes ont raté leurs chances si jamais ils voulaient quitter le Liban. Il y a ici des Mauriciennes qui ont épousé des Libanais, des Egyptiens, Indiens, Ghanéens. De la Syrie jusqu?à l?Inde, ils doivent maintenant encourir les frais d?avion. Ils avaient la chance d?y aller avant. Je leur avais dit qu?ils pouvaient partir avec peu de bagages et d?argent, et qu?ils me donnent une procuration qui allait les aider à avoir le reste de leur argent et leurs bagages plus tard. Mais ça n?a pas marché.?
La situation risque de se compliquer à la fin du conflit pour ceux d?entre eux qui n?auraient pas de permis de travail et de résidence.
Les Mauriciens avaient la possibilité de partir avec l?aide des Indiens et des Britanniques, par exemple, qui étaient disposés à les amener à Chypre. Les Indiens avaient mis des vols charter gratuits de Chypre à Delhi, Mumbai ou Chennai. Des arrangements avaient été faits avec Air Mauritius pour les ramener, à tarifs réduits, de l?Inde jusqu?à Maurice.
Mais chaque pays a ses conditions d?évacuation. Les Britanniques demandaient le passeport mais n?exigeaient pas le permis de résidence. Les Indiens, eux, demandaient le permis de résidence, mais les personnes évacuées avaient aussi la possibilité d?apporter un nombre plus élevé de bagages, soit 20 kg, alors qu?avec les Britanniques, ceux qui quittaient le Liban ne pouvaient emmener qu?un sac à main.
?Il y a une Mauricienne qui voulait transporter quelque 100 kg de bagages. C?est impossible. Je la comprends. Car d?autres Mauriciennes, comme elle, ont travaillé pendant 15 à 20 ans ou plus au Liban?, ajoute Salem Beydoun.
Un autre problème était les restrictions sur les sommes d?argent qu?ils pouvaient prendre avec eux. Mais selon Salem Beydoun, les banques commencent maintenant à offrir un peu plus de facilités sur cette question de retraits bancaires. Dépendant des relations qu?ils ont avec leurs banques ils peuvent maintenant retirer plus de 500 à 1000 dollars.
Publicité
Publicité
Les plus récents