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Les médecins sortent leurs griffes

30 juin 2007, 00:00

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Leur objectif : mettre le doigt sur? la plaie. Délaissant leurs consultations dans les hôpitaux ou dans leurs cabinets privés, les médecins se sont donné rendez-vous hier au Plaza pour évoquer les maux qui rongent le système et surtout, faire entendre leurs revendications par rapport aux médecins étrangers et aux assurances.

Seule déception des praticiens présents : la faible mobilisation avec seulement 200 médecins ayant répondu à l?appel des organisateurs. Commentant cela, le Dr Serge Maurice note que les médecins «n?ont jamais été solidaires», ce qui permet une politique de «divide and rule». Malgré tout, un front commun de cinq instances syndicales a été constitué hier.

Les médecins ont tiré à boulets rouges sur les médecins étrangers travaillant pour des cliniques et qui se font une clientèle dans le privé. Mais le président de la Private Medical Practionners Association (PMPA) , Dr Isshack Jowahir, a d?emblée tenu à préciser qu?«il y a eu jusqu?ici un malentendu. Nous ne sommes pas contre les étrangers. Dans certains domaines, ils sont essentiels. Mais nous exigeons une réglementation pour éviter des abus et ne pas pénaliser les professionnels mauriciens.» Le Dr Seetanah Ragavoodoo de la Government Medical Association va dans le même sens. Il insiste pour que le Conseil de l?ordre des médecins ait le pouvoir d?agir avant que le médecin étranger n?obtienne son permis de travail : «Ce n?est plus possible que cette instance agisse comme un rubberstamp une fois que le médecin étranger obtient son permis de travail. Cela aurait dû se passer dans le sens inverse.»

Autre demande faite par Ashok Raghubur, du Medical Health Officers Association : que les accréditations temporaires données aux étrangers ne soient pas les mêmes que celles proposées aux Mauriciens. «On leur offre des accréditations stipulant qu?ils ont the right to practice in Maurtius. Cela peut prêter à confusion. Il faut que ce soit plus spécifique.» D?autant que la législation mauricienne ne permet pas aux étrangers d?avoir à Maurice une clientèle privée.

Des discussions ont déjà démarré avec les autorités sur l?étendue du pouvoir du Conseil des médecins sur cette question.

Une autre préoccupation des médecins est la procédure d?assurance qui est source de complications administratives pour eux. Depuis l?introduction du système de cartes qui permet au patient de ne pas payer les honoraires (c?est l?assurance qui s?en charge), les paiements ont été retardés et les contestations se sont multipliées. Le Dr Zouberr Joomaye explique la démarche des médecins : «Ce système nous impose ses règles. Les assureurs nous ont écrit pour ouvrir la porte aux négociations. Nous les écouterons bien que nous ne savons pas trop où cela peut mener.» Un avis légal sera recherché.

Le Dr Serge Maurice est catégorique : «Nous n?avons aucun contrat avec l?assurance.» Il suggère que les médecins se retirent en bloc du système et que les patients paient et se fassent ensuite rembourser.

Le Dr Ashok Raghubur a aussi jugé anormal que 60 médecins indiens travaillent toujours dans les hôpitaux alors qu?une trentaine de médecins mauriciens enregistrés sont au chômage. Ce n?est que cette semaine que les 31 médecins ont eu des entrevues au ministère.

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