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Les lauréats et les autres

8 février 2008, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

La démocratisation de l?enseignement supérieur : cela pourrait bien être le slogan d?un parti politique aux prochaines législatives. Car, depuis la création d?un collège d?Agriculture en 1924, c?est une proportion très faible de jeunes issus du secondaire qui parvient à accéder à une formation supérieure. Ainsi, des 8 000 étudiants qui recevront leur certificat de HSC ce matin, beaucoup se verront confrontés à un cul-de-sac. Ils devront arrêter les études.

La demande sociale d?enseignement supérieur est élevée mais le nombre de places disponibles est limité. Ils seront à peine plus de 2 500 étudiants à pouvoir se faire inscrire à l?université de Maurice. Environ 800 autres pourront trouver une place à l?université de Technologie (UTM). Les universités privées et quelques établissements offrant des cours à distance absorberont un millier d?autres, mais il restera néanmoins une majorité qui sera privée de tout accès à l?enseignement supérieur.

Ce n?est pas l?université de Maurice qui contestera le fait que le pays a pris du retard sur ses concurrents. Dans son dernier plan stratégique, elle va assez loin dans ses critiques sur l?incapacité du pays à accueillir un nombre accru d?étudiants sur le campus : «Mauritius has a low tertiary enrolment rate compared to developed countries and developing countries in the South-East Asia and to be able to compete in this modern globalised world where great emphasis is placed on knowledge and skills, more opportunities must be provided to students who wish to benefit from tertiary education.»

L?université de Maurice a des contraintes financières qu?elle a du mal à enlever. Elle bénéficie d?une dotation de Rs 270 millions seulement, puisées d?une enveloppe globale gérée par la «Tertiary Education Commission». Soit un budget qui est presque équivalent à celui du «Mahatma Gandhi Institute». Quand on pense que la petite poignée de lauréats coûte, à elle seule, environ Rs 115 millions par an, on se rend compte de l?absurdité de la situation.

Il faut dire qu?il a manqué à l?université l?intelligence créative requise pour s?engager dans un supplément d'activités afin de pouvoir financer ses projets d?expansion. Elle n?a pas su établir avec le privé les liens qui auraient aidé à transformer son personnel enseignant en opérateurs de recherche. Les responsables de l?institution n?ont pas eu la volonté, non plus, de recourir à une scolarité payante car cela aurait été une trop grave entorse aux principes de l?Etat providence !

L?autre établissement supérieur public, l?UTM, a fait l?effort de créer une passerelle efficace avec le privé et a pu développer des filières professionnalisées. Mais ses projets de s?installer dans de nouveaux locaux à Moka demeurent vagues.

Outre la gloire, les lauréats obtiendront un chèque leur permettant de poursuivre des études dans les meilleures universités du monde. Entre-temps, plusieurs de leurs camarades de classe, un peu moins doués il est vrai, se résigneront à chercher un emploi dans un «call centre».

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