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Les langues, sa passion, son métier
?Il n?existe plus de barrières linguistiques. Aujourd?hui, des hommes d?affaires, peu importe leur origine, sont intéressés à apprendre le mandarin, les jeunes évoluant dans le secteur touristique, l?italien, l?espagnol ou l?allemand et l?arabe pour la personne âgée qui veut communiquer avec ses proches immigrés dans les pays où on parle cette langue?. Celui qui s?exprime ainsi est Dawood Nadal. Cet habitant de Mahébourg donne des leçons en six langues, pour des individus et en groupe. Pour l?anglais, le mandarin, l?italien, l?espagnol, l?arabe et l?allemand, c?est à la rue Suffren à Mahébourg et à Eau Coulée aussi qu?il enseigne. Son téléphone est le 631-1130 ou le 740-6251.
Ayant vécu en France pendant plusieurs années, Dawood a commencé à apprendre les langues après son passage dans une université à Bordeaux, où dit-il, il avait appris à parfaire ses connaissances sur les civilisations et l?histoire.
?Au début tout était confus dans ma tête. C?était comme un écheveau difficile à démêler?, explique Dawood.
Dawood dit que ce n?était pas facile de maîtriser les subtilités de ces langues. Il lui a fallu dix ans pour apprendre à enregistrer les moindres signes verbaux propres à la langue qu?il devait utiliser pour s?exprimer et communiquer.
?Comme j?aime relever les défis, je me suis mis au travail en faisant en même temps des petits boulots à droite et à gauche pour gagner ma vie?, se rappelle le polyglotte.
Dawood, comme tout enseignant, a développé sa propre théorie pour encourager et susciter l?intérêt de ses nouveaux élèves à la nouvelle langue qu?ils souhaitent apprendre ou découvrir. ?La première étape consiste toujours à créer de l?intérêt pour la langue que la personne a choisie quelle que soit son origine et lui faire comprendre qu?elle est là pour apprendre et qu?elle doit aller jusqu?au bout. Si je découvre qu?elle perd son temps et le mien, je suis disposé à revoir certaines conditions?, explique ?t-il .
Lorsqu?il s?agit de transmettre des connaissances et des valeurs, le Mahébourgeois n?a pas sa langue dans sa poche. Il n?hésiterait pas à forcer quelque peu la dose pour que l?élève réussisse à tout prix.
La récompense
?J?ai connu une fille qui a fréquenté l?école jusqu?à la sixième. Elle voulait, malgré tout, apprendre l?italien parce qu?elle nourrissait l?ambition de faire carrière dans le secteur touristique?.
Convaincu que la jeune fille avait le potentiel, Dawood n?a pas lésiné sur les moyens. ?Elle a vite compris que l?intérêt est capital mais ce cours était important pour sa carrière. La récompense est venue : la fille occupe aujourd?hui un poste important dans un établissement du Sud?.
Cette approche, dit-il, est la preuve que certaines personnes ont développé l?intelligence linguistique dès leur plus jeune âge. ?Il suffit de les encadrer pour qu?ils montrent une volonté d?émancipation?.
D?où des cours taillés sur mesure dépendant du niveau de l?élève pour qu?il s?adapte mieux avec le nouveau langage qu?il désire apprendre.
Existe-t-il un intérêt particulier ou un intérêt plus général pour diverses langues aujourd?hui ?
?Il y a un changement d?attitude, voire une autre approche par rapport aux langues. Valeur du jour, j?ai deux élèves d?origine hindoue qui viennent tout juste de participer aux examens du Certificate of Primary Education (CPE) et qui apprennent actuellement le mandarin. Il y a des Hindous qui prennent des cours en langue arabe dans l?espoir de trouver un emploi dans un pays arabe. Ceci pour vous dire que les gens commencent à dissocier la langue de la religion?, insiste Dawood.
Selon l?enseignant, cette soif d?apprendre des langues différentes est beaucoup plus présente qu?autrefois. Primo : les Mauriciens pensent qu?il y aura de plus grandes perspectives sur le marché de l?emploi en maîtrisant une langue étrangère, secundo, il y a de plus en plus le désir d?émigrer?
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