Publicité

Les légumes résistent à la sécheresse

4 décembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Après une première tournée des étals au marché ou au rayon des légumes au supermarché, les ménagères sourient à leur porte-monnaie. ?En cette période de l?année, s?acheter une barquette de pomme d?amour à Rs 19 est une loterie?, fait ressortir Emma, habitante de Quatre-Bornes. Mais les réjouissances risquent d?être de courte durée.

Les prix étonnent alors que la sécheresse aurait dû brûler les pousses dans les champs. Qui l?aurait cru ? Un demi-kilo de tomate est en vente à Rs 14, voire à Rs 16. La carotte, très prisée pour la salade, est à Rs 7 alors que le chou est à Rs 20 l?unité. Des bottes de fines herbes ou des brèdes sont disponibles à Rs 5.

Le président de la Mauritius Vegetable Planters? Association (MVPA) se veut rassurant. ?Aucune pénurie de légumes n?est à prévoir d?ici la fin de l?année. Il y a surabondance sur le marché. Au contraire, ce sont les planteurs qui se plaignent d?écouler leurs récoltes à un prix dérisoire?, dit Deenarain Lokee. La MVPA regroupe 17 000 planteurs, qui cultivent sur 36 570 hectares à travers le pays.

Cette situation est sans précédent dans une période de sécheresse aiguë. Car les plantes sont sevrées d?eau en faveur de la consommation domestique. Pour le président de la MVPA, la pénurie a été évitée avec la reconversion des terres sous cannes en culture vivrière. Il estime que la superficie a crû de quelque 3 500 hectares.

Entre-temps, les coupures d?eau se poursuivent. ?Dans le Nord, le quota d?eau a été réduit de 50 %, soit un apport quotidien désormais fixé à 75 000 mètres cubes par la Central Water Authority?, fait ressortir le directeur de l?Irrigation Authority, Nitiraj Toolsee. Grâce au canal reliant le Midlands Dam au réservoir de La Nicolière, ce sont 4 000 hectares du Nord, sous culture vivrière, qui bénéficiaient. Sécheresse oblige, la consommation domestique est privilégiée. Ailleurs, les régions alimentées par des nappes phréatiques subissent le même rationnement. Le débit est moindre.

Mais si la sécheresse perdure, le pays se dirige vers une pénurie d?ici fin janvier ou février, les légumes étant plus sensibles à toute déficience en eau. Une situation qui risque de s?aggraver avec les cyclones qui affecteront davantage les champs à travers le pays. Un trop plein d?eau sur quelques jours entraîne la dégradation de la plante qui prend davantage de temps à se redresser. Dans un tel cas de figure, le pays a recours aux importations.

Pour ce qui est de la canne à sucre, le Mauritius Sugar Industry Research Institute (Msiri) sort son bulletin mensuel aujourd?hui, soit une analyse de données relevées dans 265 stations. A fin octobre, le Msiri avait indiqué que la croissance de la canne, pour la coupe 2007, avait subi un contrecoup avec l?absence d?eau. Mais la situation pourrait se renverser en décembre.

Publicité