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Les Irakiens élisent une Assemblée nationale
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Les Irakiens élisent une Assemblée nationale
Les Irakiens devaient en finir hier avec les institutions de transition qui les représentent depuis la chute de Saddam Hussein en 2003 en élisant les 275 députés d?une Assemblée nationale appelée à légiférer pendant un plein mandat de quatre ans.
Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes comme prévu à 07h00 (04h00 GMT) et ont fermé à 17h00 (14h00 GMT), et, comme les véhicules étaient interdits de circulation par mesure de sécurité, c?est à pied que les électeurs se sont rendu dans les bureaux de vote.
Peu après l?ouverture du scrutin, une forte explosion a été entendue dans Bagdad. On ignore pour l?instant quelle en est la cause, mais il pourrait s?agir d?un tir de mortier contre la ?zone verte?, le complexe gouvernemental au coeur de la capitale, où des hommes politiques de haut rang doivent effectuer leur devoir électoral. Les résultats définitifs ne seront probablement pas connus avant deux à trois semaines, notamment en raison du complexe système de représentation à la proportionnelle.
Une fois l?assemblée élue, les principaux partis entameront des négociations sur la formation d?un Conseil présidentiel, composé d?un président et de deux vice-présidents. Ce conseil doit être approuvé à la majorité des deux tiers des députés. Le président demandera ensuite au plus important bloc représenté à l?Assemblée nationale de désigner un Premier ministre, qui sera approuvé, lui, à la majorité simple, et formera un gouvernement.
Pas moins de 231 listes sont soumises au choix des électeurs, et, d?entre elles, l?Alliance irakienne unifiée (AIU), alliance de formations islamistes qui fait partie de la coalition de gouvernement, devrait, selon les observateurs, arriver largement en tête. L?AIU devrait cependant reculer et au lieu des 48 % des voix obtenus aux législatives du 30 janvier dernier, elle devra plutôt se contenter d?environ 40 %, estiment-ils.
Les Kurdes, deuxième bloc au parlement sortant, devraient remporter dans les 25 % des voix et seront talonnés pour la seconde place par la Liste nationale irakienne de l?ex-Premier ministre Iyad Allaoui, large coalition qui avait rallié 14 % des suffrages en janvier et qui devrait gagner du terrain.
Les législatives du 30 janvier dernier devaient permettre l?avènement d?un gouvernement de transition chargé de superviser la rédaction de la constitution. Celle-ci ayant été approuvée par référendum en octobre dernier, il restait à organiser des législatives pour mettre en place une Assemblée nationale stable, élue pour un mandat plein. A la différence de janvier, cette fois-ci les sunnites, minoritaires dans le pays, ne boycottent pas le scrutin.
Al Qaïda a juré de saboter les élections mais d?autres rebelles sunnites arabes soutiennent des candidats et, soucieux d?avoir leur mot à dire dans un gouvernement censé rester quatre ans au pouvoir, affirment qu?ils protégeront les bureaux de vote.
La sécurité n?en est pas moins maximale pour assurer un déroulement paisible du scrutin dans les 6 291 bureaux de vote du pays. Environ 150 000 soldats et policiers irakiens patrouilleront dans les rues pour empêcher les attentats suicide et les fusillades qui ont fait une quarantaine de morts le 30 janvier. Près de 160 000 soldats américains sont présents pour, le cas échéant, prêter main forte aux troupes irakiennes.
Le calme relatif qui règne dans le pays ainsi que la forte participation espérée dans l?électorat sunnite devraient être salués comme autant de succès par les Américains, dont 59 % désapprouvent, aux dires d?un nouveau sondage, la gestion de la guerre en Irak par le président George Bush.
Gideon LONG
LES ENJEUX
Données principales du scrutin législatif
■ Voici un résumé des principaux enjeux du scrutin :
? nombre de sièges du Parlement : 275
? électeurs et candidats: plus de 15 millions d?électeurs ont été enregistrés, dont un demi-million d?expatriés dans 15 pays. Plus de 7 700 candidats, indépendants ou membres de partis formant les 19 coalitions politiques irakiennes, se présentent.
? Premier ministre: le nouveau Parlement désignera le prochain Premier ministre, élu à la majorité des deux tiers des députés. Celui-ci sera chargé de former un gouvernement.
? représentation féminine : au moins 25 % des sièges du Parlement doivent être occupés par des femmes.
? l?insurrection : les partisans des trois principaux partis sunnites devraient participer au scrutin malgré les menaces des insurgés, principalement sunnites, ce qui devrait probablement renforcer la représentation sunnite au Parlement.
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