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Les ingénieurs conseillent la démolition du GBS

9 août 2004, 20:00

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La lumière commence à poindre au bout du tunnel. Même si les causes de l?explosion sont encore un sujet de controverse, les choses avancent. Selon des sources proches de l?enquête, les ingénieurs ont conclu que ce qui reste de l?immeuble de Grand-Bay Store (GBS) éventré le 25 juillet dernier par une explosion doit être démoli au plus vite. Elle constituerait un véritable danger pour les personnes et les véhicules.

Les ingénieurs estiment que ce qui reste de la façade pourrait s?écrouler n?importe quand s'il y a des rafales ou des vibrations. La démolition permettrait aux assureurs ainsi qu'aux locataires de se rendre dans les locaux. Des experts sud-africains en ?forensic? sont d?ailleurs attendus aujourd?hui pour effectuer un rapport détaillé pour la compagnie d?assurances Mauritius Union Insurance (MUI) étant donné que GBS est un de ses clients.

Ces mêmes experts étaient à Maurice après l?explosion. Mais, pour les besoins de l?enquête, ils n?avaient pas eu accès à l?intérieur de l?immeuble. Cette fois ils vont prélever des échantillons de débris pour des analyses plus poussées dans leur laboratoire en Afrique du Sud. Les résultats devraient être connus assez vite.

D?autre part, les ingénieurs de Jadav/Servansing ont soumis leur rapport hier après-midi à la MUI sur l?état du GBS. Le rapport indique que les commerçants du GBS pourront se rendre dans leurs magasins pour récupérer leurs affaires aussitôt que les experts sud-africains auront fini leur examen des lieux, d?ici vendredi.

Au niveau de la police, l?enquête se poursuit et les autorités attendent le rapport final du Forensic Science Laboratory (FSL) demain. Le rapport préliminaire a indiqué qu?il y avait des traces de nitroglycérine dans les débris suite aux analyses chimiques faites en laboratoire. Les experts du Federal Bureau of Investigation ont pour leur part indiqué, dans leur rapport préliminaire qu'une fuite de gaz ménager est à l?origine de l?explosion.

La police n?est, quant à elle, pas sur la même longueur d?onde que le FSL. C?est à la lumière du prochain rapport du FSL que le gouvernement décidera s?il faut avoir recours à une nouvelle expertise étrangère. L?Afrique du Sud pourrait être le pays sollicité. La France et l?Inde avaient également proposé leurs services à cet effet.

EXPLICATIONS

La nitroglycérine, un explosif, qu?on n?utilise plus depuis 20 ans

■ Depuis plus d?une vingtaine d?années, Maurice ne se sert plus de la nitroglycérine. Cet explosif, sous forme de liquide incolore, était très utilisé dans les bâtons de dynamite pour faire exploser des carrières de pierre, dans les projets routiers, mais aussi dans la mer pour élargir les passes.

Lloyd Coombes directeur de la firme Mauritius Chemical Fertiliser Industries (MCFI) a indiqué à ?l?express? hier qu?il est ?quasiment impossible de trouver de la nitroglycérine à Maurice et de s?en procurer à travers le monde?. Il explique que cet explosif est si dangereux qu?au moindre choc il peut exploser. Une chopine contenant de la nitroglycérine peut exploser si elle tombe. C?est pourquoi les navires ne veulent plus transporter cet explosif et encore moins les avions-cargo car c?est trop risqué.

A la place c'est de la nitrate d?ammoniaque sous forme de granulés mélangés à du carburant qui est utilisé aujourd?hui à Maurice par la Special Mobile Force et à travers le monde dans les mines et les grands chantiers de construction.

Le directeur du MCFI précise que la formule pour fabriquer la nitroglycérine est connue depuis des lustres des chimistes. Il faut obtenir de l?acide sulfurique et la mélanger à l?eau et l?acide nitrique. Pour que la nitroglycérine soit efficace, il faut obtenir du glycérol à l?état pur à 99.9 %. Selon Lloyd Coombes, le procédé est si long et complexe que, pour en fabriquer, il faut une parfaite maîtrise du sujet.

Elle peut être fabriquée clandestinement dans un petit laboratoire très sophistiqué mais les risques sont énormes pour la transporter du laboratoire jusqu?au site concerné, estime Lloyd Coombes. Cet explosif se conserve à une température d'environ 13°C. Pour la faire exploser dans des bâtons de dynamite, il faut encore avoir un détonateur.

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