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Les industries locales veulent un régime fiscal compétitif
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Les industries locales veulent un régime fiscal compétitif
Les attentes du secteur manufacturier hors zone franche en vue du prochain budget concernent principalement le fisc. Les industries concernées souhaitent opérer sur un level playing field. Le ?Non-EPZ Manufacturing Sector? (NEMS) attend beaucoup du prochain budget de Pravind Jugnauth pour consolider leurs assises dans l?économie. Elles estiment opérer dans des conditions parfois très instables, surtout dans la perspective d?une libéralisation accélérée des échanges.
L?Association of Mauritian Manufacturers (AMM), qui regroupe les industriels produisant pour le marché local, a fait parvenir au Grand argentier un mémoire dans le cadre de ces consultations pré-budgétaires.
Au niveau de la Corporate Tax, l?AMM souhaite d?abord qu?un taux uniforme de 15 % soit imposé à l?ensemble du NEMS. En effet, certaines activités telles la fabrication de cigarettes et la production de boissons alcoolisées sont frappées d?un taux de Corporate Tax de 25 %. ?Ce taux excessif pénalise les actionnaires. Le gouvernement peut trouver d?autres moyens, telle une hausse des droits de douane ou de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur ces produits, pour atteindre ses objectifs?, commente Jacques Li Wan Po, président de l?AMM.
Sur le plan de la fiscalité indirecte, l?association réclame du ministère des Finances qu?il revoie les taxes sur les équipements, les matières premières, les pièces de rechange, le carburant et d?autres intrants. L?AMM concède que le gouvernement a déjà procédé à l?élimination des droits de douane sur plusieurs matières premières et sur les matériaux d?emballage qui ne sont pas produits localement. L?association souhaite toutefois que les autres intrants soient alignés sur le principe de zéro tarif.
La présente situation est jugée discriminatoire car les autres secteurs bénéficient d?une couverture d?exemptions beaucoup plus large. Ainsi, les produits importés des pays membres du Common Market for Eastern and Southern Africa (Comesa) ne sont frappés d?aucun frais de douane en vertu de l?accord commercial. Cela est préjudiciable aux fabricants locaux qui doivent s?acquitter de droits de douane sur les matières premières importées.
Favoriser l?intégration industrielle
Les membres de l?AMM veulent aussi la révision de l?application de la TVA sur certaines transactions. Ils estiment anormal que la TVA soit appliquée sur les ventes qu?ils font aux entreprises de la zone franche (ZF). Quand les sociétés de la ZF achètent des producteurs locaux, elles s?acquittent d?un taux de TVA de 15 %. Or, ce taux est nettement inférieur sur les produits similaires importés. Par conséquent, ces items importés ont la faveur des entreprises du secteur manufacturier d?exportation. Sur le plan structurel, cela ne favorise guère l?intégration des différents segments industriels.
Pendant longtemps, le NEMS est resté à l?ombre de la zone franche. Ses revendications n?ont jamais trouvé suffisamment d?écho auprès des décideurs. Pourtant, ce secteur a un poids socio-économique non-négligeable. Les industries locales emploient 52 600 personnes, soit 10,6 % de la population active. La croissance du NEMS est de 4,4 %, et sa contribution au Produit intérieur brut se chiffre à 10,6 %. La valeur ajoutée locale des activités de transformation hors zone franche représente 40 %. Les 3 500 petites et moyennes entreprises (PME) et 500 sociétés de grande taille du secteur ont mobilisé Rs 3,4 milliards d?investissements.
?Nous contribuons grandement à la stabilité économique. Le gouvernement doit continuer à soutenir nos industries autant que la zone franche et le sucre?, avance Jacques Li Wan Po.
Les industries locales se sont, petit à petit, tournées vers les marchés régionaux pour réaliser des économies d?échelle et développer d?autres avenues de croissance. Toutefois, elles restent très vulnérables face à la concurrence internationale et régionale. Les membres de la AMM sont concernés au plus haut niveau par les politiques commerciales du Comesa et de la Southern African Development Community (SADC). La présence des géants industriels au sein de ces blocs (l?Afrique du Sud dans la SADC et l?Egypte dans le Comesa) inquiète. ?Les grands pays sont beaucoup plus compétitifs que nous. Il faut trouver des solutions pour protéger l?industrie locale?, plaide le président de l?AMM.
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