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Les gâteaux des mille et une douceurs
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Les gâteaux des mille et une douceurs
Une agréable odeur sucrée flotte dans l?air. Les derniers clients se succèdent devant le comptoir, les bras chargés de petits cartons. L?un d?entre eux retire délicatement un chololate burfi qu?il porte à la bouche. Pas question d?en perdre une miette. Cette sucrerie fait partie des gâteaux traditionnels de la fête de Divali, célébrée aujourd?hui.
Il est près de 20 heures. Une longue journée s?achève pour les employés du Tandoori Mahal, situé au complexe commercial Shoprite. Ils ont vu défiler plusieurs centaines de clients venus acheter ces petits gâteaux très appréciés. Soumis à un rythme de travail intense depuis une semaine, les employés de ce restaurant spécialisé dans la cuisine indienne ont tout donné pour satisfaire les amateurs de rasgoolas, de sangam roll et autres besanpinny.
Ils se sont levés à l?aube pour préparer ces douceurs qui continuent de connaître chaque année un succès croissant auprès des Mauriciens. ?Nous avons remarqué que les gâteaux faits à la maison diminuent de plus en plus?, note Saleen Sookharry, manager du Tandoori Mahal, comme pour expliquer les ventes records de la journée. En effet, le restaurant a vendu hier quelque 5 000 boîtes de gâteaux. ?Nous avons été contraints de refuser une commande de 2 000 boîtes supplémentaires tellement nous avions de travail.?
Soigneusement disposées dans un plateau, ces pâtisseries invitent à la dégustation. On y retrouve le laddu délicieusement sucré, le mawa samoussa croquant à souhait ou encore le juteux goolab jamoon. Le mélange des couleurs des innombrables pâtisseries proposées laisse rêveur. On ne résiste pas longtemps à l?envie d?en déguster quelques-unes, en attendant de les partager aujourd?hui avec les amis et la famille.
Les retardataires ont toujours tort
En plus de régaler les papilles, ces pâtisseries fines sont également prétexte à un rassemblement familial en cette célébration du Divali. L?occasion aussi de partager un moment privilégié avec ses proches tout en dégustant de succulents gâteaux aux mille arômes.
Les dernières boîtes trouvent rapidement preneurs au grand soulagement des employés qui peuvent envisager de rentrer chez eux un peu plus tôt. ?Nous avons vendu, ces cinq derniers jours, des gâteaux jusqu?à 23 heures?, raconte Shameer Sookharry, managing director du restaurant. Quelques clients continuent malgré tout à se diriger vers la marquise en espérant y trouver leur bonheur. ?Désolé, on n?en a plus?, leur annonce un des employés du restaurant. Les clients frustrés s?en retournent, contrariés de ne pas pouvoir rentrer chez eux avec ces gâteaux traditionnels qui symbolisent la célébration du Divali.
L?un des deux cuisiniers, d?origine indienne, sort enfin de derrière ses fourneaux. Légèrement voûté, il s?enquiert de la situation auprès de ses patrons. ?C?est fini pour aujourd?hui?, lui glissent-ils. Il est fatigué mais satisfait.
Il mérite bien un... doux sommeil avant de revenir pour la préparation d?autres gâteaux aujourd?hui. Rien que pour ces retardataires qui feraient bien de s?y prendre un peu plus tôt l?an prochain.
SYMBOLISME
Un nouveau départ
■ Divali doit provoquer un sentiment de plénitude intérieure, de félicité, la ?moksha?, à l?opposé de la mort. C?est un retour à l?absolu. Le début d?une nouvelle année pour les hindous. Un nouveau départ, une remise en question, une quête de vérité.
Cette fête célèbre le moment où le mal perd contre le bien. Ce qui est symbolisé par l?obscurité qui cède la place à la lumière. D?où le geste d?allumer les lumières, les lampes. De nombreuses légendes sont associées à Divali. Toutes illustrent la victoire du bien sûr le mal. La plus connue celle de Ram, racontée dans le Ramayana. Cet homme ?idéal? était parti en exil.
Il avait combattu, et vaincu, le mal, Ravana. Les habitants de son royaume ont fêté son retour, la nuit, avec le symbole de la lumière.
La légende de la victoire de Krishna sur le démon Narakaasura fait également partie de célébrations de Divali. Ce dieu a libéré les habitants de Vrindavan en tuant le démon qui les avait enlevés.
On trouve encore le mythe du roi Bali, trop arrogant. Il a perdu le contrôle de la terre, du ciel et de sa vie en donnant trois pieds de terre à Vishnu. Ce dernier, déguisé en mendiant, lui était apparu sous les traits d?un ascète nain.
Divali célèbre également l?union entre Vishnu et son pendant féminin, Maha Lakshmi. La fête est l?occasion d?invoquer les grâces de cette déesse de la prospérité et de la richesse spirituelle.
Les ?diyas? sont toujours reines
À bientôt 79 ans, Sewnarain Ragoobar, ?kumhaar? de père en fils, s?offusque que l?on puisse penser que son commerce de ?diyas? périclite avec l?arrivée en masse de guirlandes électriques ou autres babioles lumineuses. ?Li pa afekte nou ditou. Dimoun ena plis larzan, olie alim 25 alim 50.?
Effectivement, depuis 53 ans qu?il fait ce métier, son local où s?amoncellent d?année en année des milliers de ?diyas?, parmi d?autres ustensiles et pots en terre cuite ne désemplit pas en cette période de fête. Vidyawtee Dawoonah de Sunshine Poterie, à Flacq, apporte de l?eau à son moulin, ?Les Mauriciens utilisent à 50 % des lampes à huile et 50 % de l?électricité. Nous avons travaillé d?arrache-pied, de janvier à octobre, pour fournir les 500 000 ?diyas? qui sont également utilisées pour d?autres fêtes aussi.? Ce qui inquiète Sewnarain, ce ne sont pas les guirlandes électriques mais l?utilisation qui est faite des ?diyas?. On en trouve sur le marché dans lesquels on a fait couler, selon lui, de la paraffine ou autre huile douteuse. ?Ena la gres pwason ladan. Indou bizin servi deluil vezetal?, affirme-t-il.
ÉLECTRICITÉ
?Faites de la lumière?
Le mot d?ordre, ce soir, c?est la lumière partout et en tout genre. Mais en pleine campagne ?d?energy-saving?, faut-il limiter l?illumination des maisons ? ?Divali n?est pas une situation ingérable. La demande accrue est compensée car il n?y a pas de demande industrielle quand c?est férié?, rassure Yash Hurdowar, ?Senior analyst? du Corporate Planning and Research au CEB de Curepipe. Chiffres à l?appui, il indique que la demande a été de 295 mégawatts pour Divali 2004 contrairement au vendredi qui a suivi avec 322 mégawatts. Pour le gouvernement, la consommation est trop forte mais on ne va pas jouer au rabat-joie. ?Ces chiffres étant raisonnables, nous ne pouvons qu?abdiquer pour deux- trois jours car c?est une fête exceptionnelle.? Rajen Lowtoo, secrétaire du CEB, s?inquiète surtout pour la sécurité des enfants qui sont fascinés par les petites ampoules des guirlandes. Il y a aussi risque de surcharge électrique qui provient d?un surplus d?appareils branchés qui surpassent les capacités du circuit. Il faut surtout éviter de s?improviser ?électricien d?un jour? au risque de causer des pannes voire un incendie.
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