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Les grands à San Siro, les petits à Highbury…
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Les grands à San Siro, les petits à Highbury…
D’un côté, Milan est en route pour une 11e finale de Coupe d’Europe, la troisième en quatre ans, si tout se passe bien. Et trouvera sur sa route ce soir une équipe qui a toujours fait rêver dans l’histoire du ballon rond même si son palmarès européen est minuscule, ingrat, indigne de sa popularité. On parle évidemment du Barça.
De l’autre côté, on trouve deux novices qui débarquent pour la première fois en demi-finale et qui contemplent la piste étoilée de la Ligue des champions les yeux grands ouverts. Arsenal - Villarreal c’est le vent de fraîcheur qui embellit cette C1 2006.
Voilà la certitude d’obtenir une finale tout en contraste qui mettra aux prises un vieux de la vieille à l’effectif impressionnant à un jeune premier fougueux, prêt à renverser l’ordre établi sans vergogne. C’est à se demander si le scénariste de la présente édition de la Ligue des champions ne s’appelle pas Steven Spielberg…
Les fans anglais auraient sans doute souhaité revoir Benfica à ce niveau pour justifier les éliminations conjuguées de Manchester Utd et de Liverpool, mais il n’y aura pas de successeur portugais au FC Porto 2004 de sitôt…
Les supporters de Lyon envieront certainement Arsenal et Villarreal mercredi soir, maudissant le destin de ne pas avoir croisé plutôt la route d’un des deux protagonistes en quart plutôt que celle de ce Milan qu’ils ont dominé mais qui est un monstre de réalisme…
C’est vrai que l’OL méritait mieux cette saison, l’année de son quintuplé historique dans le championnat de France. Mais il semble que Juninho soit condamné à ne jamais avoir les récompenses que son immense talent mérite au niveau européen, comme un certain Sonny Anderson hier.
Mais les supporters français et leurs commentateurs zélés n’ont pas perdu de temps pour se trouver un autre favori, rassurez-vous… De qui s’agit-il ? D’Arsenal bien sûr ! Le plus français des clubs anglais, qui n’aligne aucun sujet britannique depuis des mois en plus (Sol Campbell s’est blessé dès son retour, hélas pour lui !)…
Mais pour l’heure, c’est la manche aller titanesque Milan AC - FC Barcelone qui nous occupe. Le Barça, qui a séduit le monde entier cette saison avec les tours de passe-passe impensables de son orfèvre Ronaldinho. Le Milan, qui est un ogre sans pitié, qui allie classe et réalisme, fragilité et puissance.
Les Catalans peuvent battre n’importe qui, ils l’ont prouvé en dominant avec autorité le championnat le plus relevé au monde, pour la deuxième année consécutive et vont conserver leur couronne dans quelques jours.
Mais le collectif blaugrana semble atteint par l’usure et s’en remet plus aux exploits de Ronnie et d’Eto’o ces derniers temps, on l’a vu face à Benfica, ce qui n’est pas un bon signe. L’absence du stratège argentin Lionel Messi (blessé) n’arrange rien, alors que le génial Deco est suspendu. Ça pèsera forcément lourd dans la balance.
A contrario, les rossoneri font feu de tout bois en ce moment. Non contents d’avoir dompté la machine lyonnaise 3-1 en quart de finale retour grâce à deux buts quasi-miraculeux aux 88e et 91e minutes de jeu (un peu à la Manchester United lors de la finale d’anthologie 1999), les Milanais cartonnent en championnat (victoire 1-0 sur le cousin intériste vendredi dernier) et ont refait leur énorme retard sur la Juventus Turin dans le Calcio (cinq points les séparent désormais).
Inutile de vous rappeler les forces du Milan en attaque, elles sont archi-connues, alors que sa défense affiche tantôt sa redoutable expérience tantôt une fébrilité de vieux retraités (pas étonnant avec des gars de 38-40 ans comme Cafu, Maldini, Costacurta, Sergihno…). Mais on ne peut pas tout avoir non plus !
Ce soir, l’issue du match dépendra certainement de la capacité du duo récupérateur Pirlo-Seedorf à endiguer les offensives du Barça, sachant que la maîrise du ballon obsède les champions d’Espagne…
Mais si le monde entier aura les yeux rivés sur son petit écran ce soir c’est aussi parce que ce Milan-Barça ressemble à une finale de Coupe du monde. Les deux derniers Ballons d’or sont là (Shevchenko vs Ronaldinho), le Ballon d’Or africain aussi (Eto’o), une impressionnante colonie brésilienne aussi : Dida, Cafu, Kaka…
A bien voir, le talent est partout et les exploits peuvent surgir de toutes les lignes. Mais les boulettes aussi ! Ça c’est dans ce type de choc, quand la tension est trop forte, que les erreurs décident de la destinée d’une équipe. Dida et Victor Valdes sont prévenus !
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