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Les grèves signent la fin de l?état de grâce de Sarkozy

23 novembre 2007, 00:00

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Nicolas Sarkozy n?interviendra de nouveau politiquement sur la situation sociale en France qu?après le retour à la normale de la situation dans les transports publics. Même si le mouvement de grève a connu un net ralentissement hier et que 42 des 45 cheminots ont voté la suspension du mouvement entamé il y a une semaine, la politique de l?autruche du président français laisse perplexe.

Très discret depuis le début des grèves, contre la réforme des régimes spéciaux, il devrait toutefois intervenir bientôt sur la question plus globale du pouvoir d?achat pour ainsi tenter de sortir de cette crise par le haut.

Car, depuis le début de ce conflit social qui frappe les transports publics français et qui ralentit l?activité économique, la question est sur toutes les lèvres : mais où est donc passé Nicolas Sarkozy ? La dernière fois qu?on l?avait aperçu sur le terrain social, il se démenait comme un diable en Bretagne où il risquait de «recevoir ou de mettre un coup de boule» à un marin pêcheur qui le traitait de tous les noms et l?insultait pour s?être fait augmenter son salaire présidentiel de 140 %.

Alors que les Français ramaient, tout en bravant la pluie et le vent glacial, pour aller et revenir du travail, qu?on annonçait heure par heure des rounds de négociations entre grévistes et gouvernement qui allaient aboutir incessamment, le président de la République, si accroc à la lumière des projecteurs, était tapi dans l?ombre de l?Elysée, en train de suivre les évolutions de ce bras de fer social. Il a laissé jusqu?à maintenant le ministre du Travail, et à un degré moindre le Premier ministre, en première ligne.

Poker menteur

Et si le poker menteur joué par Nicolas Sarkozy avait atteint ses propres limites ? L?épreuve de force, lancée à grand renfort de déclarations provocantes avant le début de cette semaine sociale, était censée, dans la logique de l?Elysée, s?évaporer dans les limbes, faute de combattants. Or, il s?est trouvé que malgré les mots d?ordre d?apaisement formulés par les chefs syndicaux, la base s?était rebiffée au point de contrarier les prévisions les plus savantes.

Et c?est de cette manière là que Nicolas Sarkozy, qui avait prévu de jouer l?opinion contre les grévistes, la dynamique de réforme contre l?immobilisme, s?est retrouvé devant un front social où les crises se coagulent à vue d??il et dangereusement au point de rappeler le terrible blocage de 1995 qui avait obligé le Premier ministre de l?époque Alain Juppé à une humiliante marche arrière.

Au-delà des formules politiques que va utiliser Nicolas Sarkozy pour siffler la fin de la partie et signaler la sortie de crise, cette épreuve sociale met fin à un état de grâce qui avait duré plus longtemps que prévu. Son érosion dans les sondages le confirme d?ailleurs tous les jours.

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