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Les Femmes de ses Rêves
Le premier quart ou le premier tiers de la dernière livraison des frères Bobby et Peter Farelly ressemble à une incitation à fuir tout projet matrimonial, même après quarante ans.
Le malheureux Eddie (Ben Stiller), célibataire endurci, finit par céder devant les encouragements de son père (Jerry Stiller), un veuf noceur, et de son meilleur ami Mac (Rob Coddry). Mal lui en prend. Le premier veut que son fils se marie afin que celui-ci ait des occasions de «besogner de la poulette», comme il le dit si finement. L?autre, affublé d?une épouse antipathique, semble surtout vouloir dissimuler sa propre mollesse de caractère derrière ses éloges du mariage. Eddie se prend-t-il réellement de passion pour la belle Lila (Malin Akerman) au point de l?épouser quelques semaines seulement après l?avoir rencontrée ou cède-t-il aux encouragements soutenus (pressions) des deux autres ? Le genre le permettant, Les Femmes de ses Rêves ne se prononce pas sur la question. Ben Stiller remplit parfaitement son personnage de pauvre type très ordinaire se battant contre un acharnement du sort, mais sa collègue a peut-être plus de mérite. Dans une lente mais implacable montée dans l?horreur, son personnage révèle d?abord ses goûts musicaux discutables, puis sa superficialité, son penchant pour «l?amour qui fait mal», son passé de cocaïnomane et ainsi de suite. On comprend que l?époux ait envie de mettre les voiles en pleine lune de miel. Mais, d?un autre côté, le personnage de Malin Akerman ne perd, à aucun moment, la totalité de son capital sympathie vis-à-vis du spectateur. Ce qui est assez étonnant, vu que les frères Farelly ne rechignent à aucun passage de mauvais goût pour illustrer ses travers ; les épisodes les plus significatifs étant ceux impliquant les parois nasales trouées (par l?abus de cocaïne) de la pauvre Lily. D?ailleurs, il est possible que ce soit cet acharnement des auteurs sur le personnage qui finit par nous inspirer une certaine compassion.
Il y a une dizaine d?années, avec Mary à tout prix, les frères Farelly étaient pour ainsi dire, à l?avant-pointe du mauvais goût. Depuis, la tendance les a rattrapés et les deux cinéastes semblent avoir oublié que le mauvais goût n?a vraiment d?impact dans une comédie que dans les moments où on s?y attend le moins. Il y de tels moments dans Les Femmes de ses Rêves, mais ils sont plutôt espacés ; surtout dans la partie où intervient l?autre femme, Miranda. Cette dernière est ravissante, charmante à souhait et Michelle Monaghan remplit le rôle avec une grâce très naturelle. C?est justement là le problème : rien dans le personnage n?est amusant, rien qui s?y rattacherait non plus, excepté un cousin plutôt débile qui reste sous-utilisé. Tout cela provoque peu d?éclats de rire et la comédie s?avère très finalement moyenne. On sourit tout juste en voyant Ben Stiller s?empêtrer dans des quiproquos et des mensonges qui finissent par le rattraper, tout en appréciant la cohérence de l?écriture? jusqu?à ce que le film aborde le sujet de l?immigration mexicaine.
Réfléchissant alors deux secondes au personnage de l?oncle Tito (Carlos Mencia), le spectateur se dira peut-être que les frères Farelly ont envers les Mexicains, la même attitude que celle du gouvernement US. Et, que d?une manière générale, les films «comédie ? vacances» tendent à traiter les gens d?ailleurs (nous inclus) de manière très cavalière. Les gens des pays riches arrêteront-ils un jour de nous considérer comme des larbins sans visages et nos pays comme une grande cour de récréation ? Oui, le jour où le tourisme aura cessé d?être une industrie.
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