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Les ?faiblesses? des rapports annuels mises en exergue
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Les ?faiblesses? des rapports annuels mises en exergue
Les entreprises mauriciennes ont du pain sur la planche pour produire des rapports annuels de qualité. C?est du moins l?avis du jury composé dans le cadre de la septième édition du Best Published Accounts organisé par PriceWaterhouseCoopers (PWC). La cérémonie de remise de prix a eu lieu hier à l?hôtel Labourdonnais, à Port-Louis.
La distinction principale, celle récompensant le gagnant toutes catégories, est revenue à Air Mauritius. La compagnie d?aviation nationale s?est aussi vue décerner le Best Overall Design Award dans la catégorie commerce, hospitalité et autres. Double distinction également à la Mauritius Commercial Bank, inscrite dans la catégorie des sociétés financières et d?investissement. La première banque du pays a produit le meilleur rapport sur le plan du management discussion et sur celui du design et de la présentation graphique.
Le prix du meilleur design dans la catégorie ?conglomérats? est revenu à Rogers. Chez les entreprises manufacturières, ce prix a été octroyé à Médine. La Compagnie d?investissement et de développement Ltée a, elle, reçu le Special Jury Award. Caroline Leclézio a obtenu le prix récompensant l?auteur du meilleur design dans les ?sans catégorie?.
Le rapport annuel est un outil de première importance qui permet à une société de communiquer avec ses actionnaires ainsi qu?avec d?autres partenaires (employés, pouvoirs publics, régulateur, la communauté?). La transparence doit être de mise, d?où la nécessité de réunir et de présenter toutes les informations qui peuvent aider ceux qui ne sont pas dans le secret des dieux à prendre des décisions informées. La démarche de PWC va dans le droit fil des efforts entrepris à divers niveaux, dont celui du gouvernement, pour améliorer le niveau du financial reporting dans le monde des affaires à Maurice.
Mais, à entendre les spécialistes du milieu, la situation sur ce chapitre est loin d?être reluisante. Le président du jury, André Bonieux, partenaire de PWC, a fait état de plusieurs manquements dans les entrées pour l?édition 2004 lors de son intervention. Selon les membres du jury, les rapports, dans leur grande majorité, ne répondent toujours pas aux exigences du Code sur le gouvernement d?entreprise lancé il y a plus d?un an. Par ailleurs, la partie consacrée au rapport du management dans les bilans financiers ne reçoit pas suffisamment d?attention chez de nombreuses entreprises.
L?adhésion aux normes de comptabilité internationales a aussi été commentée. Le traitement comptable du plan de retraite volontaire au sein de l?industrie sucrière reste problématique. Les coûts liés à la restructuration dans le secteur ne sont, d?autre part, pas affichés convenablement dans les bilans.
Des conglomérats qui choisissent de ne pas présenter leurs comptes sur une base consolidée ou encore des sociétés qui s?arrangent pour ne pas révéler des transactions avec des entreprises apparentées sont parmi les entorses aux normes internationales relevées par le jury. Celui-ci a été particulièrement sévère à l?encontre des corps para-publics qui sont ?loin derrière le secteur privé? au sujet du contenu de leur rapport annuel.
Robert Bigaignon, le Country Leader de PWC à Maurice, a, lui, déploré le fait que les mesures non financières ne sont pas suffisamment prises en compte dans les rapports.
?Stimuler la création de la valeur?
Le ministre Sushil Khushiram, ministre des Services financiers et des affaires corporatives, invité d?honneur de la soirée, a expliqué l?importance de la bonne gouvernance dans la conjoncture économique actuelle. ?Nous devons apprendre à être indépendants des supports artificiels tels les marchés protégés et la dépréciation de la monnaie. La bonne gouvernance peut stimuler la création de la valeur.?
Le ministre est revenu sur le Financial Reporting Act, que le Parlement a adopté aux petites heures du matin hier. La loi dont il est l?auteur vise à rehausser la qualité et l?encadrement des services de comptable et d?auditeur. Le ministre a donné l?assurance que les structures qui seront mises sur pied sous la nouvelle législation, notamment le Financial Reporting Council et le Mauritius Institute of Professional Accountants, seront indépendantes du pouvoir politique.
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