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Les entreprises américaines font des profits records

8 février 2005, 20:00

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La vague de fusions et acquisitions aux États-Unis, depuis plusieurs semaines, rappelle la fin des années 1990. Elle illustre surtout la santé des entreprises américaines. Avec une croissance soutenue et une consommation qui ne faiblit pas, celles-ci ont pu, depuis la récession de 2001, réduire leurs coûts et leur endettement et engranger des bénéfices. Leurs marges atteignent des niveaux sans précédent.

Les profits représentaient, en 2004, environ 10 % du produit intérieur brut (PIB) des États-Unis, un chiffre record. Avec une telle rentabilité, des trésoreries abondantes (600 milliards de dollars pour les sociétés de l?indice Standard & Poor?s 500), un dollar faible dopant la compétitivité et la possibilité, maintenant, de rapatrier les profits accumulés à l?étranger, les dirigeants sont prêts à prendre des risques. Surtout que leurs actionnaires ont toutes les raisons de leur faire confiance.

Les souvenirs des scandales comptables et des faillites d?Enron et de WorldCom commencent à s?estomper et, surtout, les résultats sont, trimestre après trimestre, supérieurs aux prévisions. Pour les trois derniers mois de 2004, les deux tiers des profits annoncés vont au-delà des estimations des analystes, selon les chiffres du cabinet Thomson Financial.

Cela fait maintenant onze trimestres consécutifs que les entreprises du SP 500 affichent une augmentation à deux chiffres de leurs résultats. Au troisième trimestre 2004, la hausse moyenne a même atteint 28,3 %, la plus forte depuis dix ans. Lors des trois derniers mois, la progression est de l?ordre de 16,9 %, en moyenne.

Tous les secteurs affichent des bénéfices en augmentation, à commencer par celui de l?énergie et des matières premières, avec une progression de 68 %, suivie par la santé, la technologie et les télécommunications, autour de 20 %. Les performances les plus faibles sont celles des biens de consommation, des services collectifs et de la finance, avec des augmentations inférieures à 10 %.

Parmi les évolutions spectaculaires, ExxonMobil a vu son bénéfice augmenter de 27 % au dernier trimestre de 2004, pour atteindre 8,42 milliards de dollars. Il s?agit tout simplement du profit le plus important jamais réalisé par une entreprise américaine en trois mois. Les résultats de McDonald?s au cours de la même période ont plus que triplé, à 397,9 millions ; ceux d?Apple quadruplé, à 295 millions ; et ceux de Time Warner presque doublé, à 1,13 milliard.

De telles performances peuvent-elles continuer ? La plupart des économistes pensent que non. Un certain nombre d?entreprises, comme General Electric et Texas Instruments, doivent une bonne partie de l?augmentation de leurs profits à des astuces fiscales qui ont permis de réduire leur taux d?imposition.

L?année 2005 s?annonce moins favorable. Tout d?abord, le cycle entre dans une nouvelle phase et la croissance de l?économie américaine ralentit. Les prévisions s?étalent entre 2,7 % et 4 % pour 2005, le consensus se situant à 3,5 %, contre 4,4 % en 2004. Les taux d?intérêt devraient aussi continuer à remonter. Le loyer de l?argent au jour le jour pourrait atteindre entre 3,5 % et 5 % à la fin de l?année, ce qui aura un impact sur la consommation et la capacité d?emprunt des ménages.

Eric LESER

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