Publicité

Les enseignants du secondaire «en grève» le 26 août

13 août 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?est le rejet total d?une directive émise par le ministère de l?Education exigeant que les enseignants du secondaire soient sur leur lieu de travail de 8 à 15 heures et qu?ils ne quittent pas les locaux durant les heures d?école. Furieux, les syndicats du secondaire d?Etat et privé donnent le mot d?ordre à leurs membres pour une journée chômée le mardi 26 août. Cette action sera précédée par un débrayage (go-slow) de quelques jours.

Cette décision prise hier soir lors d?une réunion à Rose-Hill, vient quelques jours après l?émission de la circulaire du ministère. En sus de ce qui est qualifié de «black-out» par les syndicats, ils auront aussi recours à la loi soit pour demander une injonction soit pour déclarer litige, dépendant de l?avis de leurs hommes de loi.

«Nous rejetons en bloc cette circulaire. La colère des profs est très grande et il y a une grande solidarité autour de cette question», déclare Narendranath Gopee, président de la Government Secondary School Teachers? Union (GSSTU). Il donne également le mot d?ordre d?entrer au collège à 9 heures au lieu de 8 heures. Le MGI Employees? Union s?aligne également sur la position de la GSSTU.

Les enseignants du secondaire privé sont appelés à adopter les mêmes mesures. «Nous exigeons que le ministère rectifie le tir», dit Yahya Paraouty, président de l?Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE).

Le syndicat des collèges confessionnels catholiques adopte cependant une position plus modérée. Présente à la réunion hier, Lysie Ribot, présidente de la Secondary & Preparatory School Teachers and other Staff Union (SPSTSU), exprime sa «solidarité» avec les autres syndicats. Son organisation sera partie prenante de la démarche légale visant à annuler les directives contenues dans la circulaire. Mais en ce qui concerne le go slow et le black-out, elle souhaite soumettre cela à ses délégués et son comité exécutif «avant de prendre une décision».

«Davantage de flexibilité et de diversité»</B>

Les enseignants des collèges confessionnels sont néanmoins affectés dans une moindre mesure. Le Bureau de l?éducation catholique (BEC) a en effet émis une lettre hier où il demande aux chefs d?établissement des écoles secondaires catholiques d?ignorer les nouveaux horaires imposés par l?Education nationale. Cette lettre a aussi été envoyée au ministre.

Mettant en avant ses spécificités, l?autorité catholique estime que ses horaires «demandent davantage de flexibilité et de diversité» et exprime son souhait de préserver sa «liberté en ce qui concerne l?organisation du time-table».

Au ministère, l?on rappelle que tous les enseignants du secondaire ont signé l?option form émis après la publication du rapport du Pay Research Bureau (PRB) fin mai. C?est dans ce document qu?il est recommandé qu?ils travaillent jusqu?à 15 heures. Le ministère n?a fait qu?appliquer cette mesure depuis la rentrée du troisième trimestre, lundi dernier.

«Nous l?avons signé under protest et avons écrit au PRB pour que cela soit rectifié dans le rapport Errors & Omissions. Nous demandons aussi que ce ne soit pas le PRB mais un comité indépendant qui rédige ce document-là», souhaite Narendranath Gopee.

Parmi les nombreuses critiques soulevées figure la manière dont le ministère a mis en pratique la nouvelle mesure. «Il n?y a rien de productif. C?est plutôt une punition», estime Yahya Paraouty. Les syndicats s?élèvent d?autant plus contre la mesure que les élèves, eux, ne changent pas d?horaires. Et les syndicats et les managers estiment que les autorités concernées ont mal fait leur travail. «Cela a été fait de manière brutale et cause un grand chamboulement au début du troisième trimestre», se plaint Rajen Chumroo, porte-parole de la Fédération des managers des collèges privés.

Devant les nombreuses réactions de ses membres, la Fédération des managers des collèges privés a d?ailleurs convoqué une assemblée générale spéciale aujourd?hui. «Nous ne sommes pas contre le fait de travailler jusqu?à 15 heures, mais plusieurs problèmes ont été évoqués. A travers notre rencontre nous voulons connaître le sentiment de nos membres. Nous allons prendre une décision à partir de là», confie Rajen Chumroo.

Publicité