Publicité
Les délires des uns et la réalité des autres
Par
Partager cet article
Les délires des uns et la réalité des autres
Les chiffres prennent des proportions surréelles ! Une voiture à, tenez-vous bien? Rs 350 000 ! On ne parle pas d?une vraie, mais d?un jouet. «Je connais quelqu?un qui en possède trois chez lui», affirme Michel, propriétaire de Lotus d?Or, boutique spécialisée et commercialisant l?objet. Le délire.
La question se pose : sommes-nous en train de trop gâter nos enfants ? Même les jouets aux prix relativement moins extravagants valent, dans bien des cas, le salaire d?un ouvrier, voire d?un cadre du middle management.
Prenez cette mini-jeep, une Rodeo Ranger de la marque Pré-Perego, proposée par Meem Trading. Elle coûte Rs 28 000, à une roupie près. Depuis le début de décembre, une bonne demi-douzaine a trouvé preneurs. Winnie the Pooh, l?attachant ourson de l?univers de Disney, peut coûter jusqu?à Rs 3 300 si on le veut de la taille d?un enfant de quatre à cinq ans. Les enfants avec un penchant pour la mécanique lourde peuvent prétendre à une pelleteuse qui va chercher dans les Rs 13 000 ! Toys R Us propose des produits non moins onéreux : maison de poupée à Rs 7 000, jeux de jardin en plastique à partir de Rs 20 000, voitures téléguidées à Rs 5 000?
«Rien n?est trop extravagant pour un enfant. Il faut lui donner tous les jouets le plus vite possible. Même s?il ne s?y attache pas plus d?un jour, même s?il le casse peu après, il faut continuer à les lui offrir car les jouets favorisent son développement personnel. On n?est pas obligé d?acheter cher. Il existe une gamme illimitée de jouets très instructifs à des prix abordables», relève Michel.
La gamme de jouets Playmobil a sa confiance particulière. Ces kits mettent l?enfant en situation réelle et le poussent à faire travailler ses méninges pour résoudre les problèmes du quotidien. De fabrication allemande, ces jouets sont d?une résistance à toute épreuve. Le prix varie de Rs 75 à plus de Rs 10 000 !
Les parents mauriciens doivent encore découvrir le Playmobil. Pour le moment, Lotus d?Or attire une clientèle presque exclusivement étrangère pour cette gamme de produits. Michel s?en désole. «Le temps quand on pouvait se contenter de remettre n?importe quoi à l?enfant est révolu.
Les parents auraient également tort de se dire tout le temps que leur enfant n?est pas d?âge pour tel ou tel autre jouet. Le jouet n?a jamais été destiné uniquement à distraire l?enfant. C?est aussi un instrument important pour son développemen.t»
Le patron de Lotus d?Or se rend quand même compte d?une certaine prise de conscience chez les parents. Jayshree Bhanjan, manager à Toys R Us, confirme : «Les parents sont toujours à la recherche du meilleur cadeau pour leur enfant», dit-elle. Elle relève cependant une nuance dans l?attitude de l?acheteur. «Ils achètent de gros cadeaux pour leurs propres enfants et des plus petits pour les neveux et nièces. »
Prise de conscience, désir de frime ou compensation pour une présence diminuée dans le quotidien de l?enfant? C?est probablement une conjonction de ces trois facteurs qui motive les achats des parents. Il faut aussi compter sur le pouvoir des médias. Les campagnes de pub s?adressent désormais directement à l?enfant. Souvent, c?est lui qui dicte les achats.
Les boutiques spécialisées ont, d?une manière générale, accueilli une clientèle avisée. Cependant, le plus grand nombre de parents mauriciens ont acheté leurs jouets dans les hypermarchés ou dans les commerces traditionnels, ou alors sur les trottoirs, chez les marchands des rues qui pullulent à Port-Louis, plus qu?ailleurs.
Quoi qu?il en soit, le «magazin lari» aura fait le bonheur de beaucoup d?enfants ce Noël. Même si le prix n?y est pas toujours moins cher. Et quand il l?est, la qualité laisse souvent à désirer. La sécurité qu?offrent ces jouets pour l?enfant aussi.
Les parents les moins nantis (ils sont nombreux) savent que les jouets sont un instrument du développement personnel de l?enfant. Ils claqueraient volontiers tout leur fric pour leurs petits bouts de chou.
Mais ils savent aussi que janvier suit décembre de très près. Et en janvier, l?écolage des enfants représente un gros pôle de dépense.
Publicité
Publicité
Les plus récents