Publicité
Les dessous d?une démission
Tout indiquait qu?il avait la confiance du Premier ministre. Pourtant, Gérard Sanspeur démissionne de la direction du Board of Investment (BOI) mercredi. Depuis, personne ne semble pouvoir donner les raisons exactes de cette démission. Tandis que le Premier ministre et le ministre des Finances restent discrets sur la question, Sanspeur préfère parler de son avenir dans le privé plutôt que de s?expliquer clairement sur ce qui a motivé sa décision. Un flou total entoure ce départ.
Gérard Sanspeur passe pour être un proche de Rama Sithanen et de Xavier Duval. Et, selon un proche de Sanspeur, c?est lors d?une rencontre informelle avec le ministre des Finances, mardi dernier, que ce dernier lui fait savoir que le Premier ministre serait en possession d?un rapport du National Security Service indiquant qu?il aurait rencontré récemment Paul Bérenger. Une version démentie par les protagonistes. « J?ai rencontré Sanspeur, mercredi, après qu?il ait soumis sa démission. Et je tiens à dire que je regrette ce départ », précise Sithanen.
Le Premier ministre dément également cette version. « Il y a une loi qui empêche qu?on fasse une telle enquête. En plis mo kone ki li pas bien avek sa politicien la », commente-t-il. Ce qui est vrai. Bérenger ne tenait pas Sanspeur en odeur de sainteté. Et ne se faisait pas prier pour faire savoir qu?il n?était pas satisfait de son travail. Mais c?est fort du soutien de Pravind Jugnauth que le directeur du BOI serait resté en place. Un soutien qui fera froncer beaucoup de sourcils parmi des dirigeants de l?Alliance sociale.
Prendre les devantsIl se sera fait quelques ennemis entre-temps. En mai 2004, un différend entre Sanspeur et l?un de ses plus proches collaborateurs au BOI tourne au vinaigre. Un ministre d?alors, qui est toujours au gouvernement, intervient. Des mots durs sont échangés entre les deux hommes. Leur animosité aurait perduré depuis. Ce qui incite certains observateurs à dire qu?un réseau de pression a pu se mettre en place pour pousser Sanspeur vers la porte. Afin de pouvoir caser éventuellement un proche du ministre en question à la tête du BOI. Les plus prudents affirment toutefois que la possibilité que le rapport ait pu être commandité directement par le bureau du Premier ministre est exclue.
« Un ticket travailliste avait été proposé à Sanspeur. Et Ramgoolam, conforté par la bonne opinion de Sithanen sur Sanspeur, n?avait aucune raison de le faire partir du BOI », confie une source proche du pouvoir. Malgré les « nou bizin fer Sanspeur ale », les proches de l?ancien directeur du BOI affirment que celui-ci aurait été très sensible à ces bribes d?information et aurait préféré prendre les devants et soumettre sa démission plutôt que de s?accommoder d?un climat de suspicion de la part de l?hôtel du gouvernement.
Sanspeur regarde déjà ailleurs « J?estime avoir contribué au développement d?organismes publics et parapublics comme le BOI ou la Freeport Authority. Il est temps pour moi d?envisager une nouvelle carrière dans le privé », commente-t-il.
Publicité
Publicité
Les plus récents