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Les dessous du désistement force du candidat Prakash Hurry
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Les dessous du désistement force du candidat Prakash Hurry
Tous s?interrogent sur la raison pour laquelle l?alliance au pouvoir a lâché Prakash Hurry, son candidat à la partielle du n° 7. L?express est en mesure de révéler qu?elle tient à une histoire de vol à l?étalage commis dans un hypermarché du Nord.
Il y a quelques jours, les dirigeants de l?alliance apprennent que le candidat aurait déjà été surpris avec des produits impayés à la sortie de Super U à Grand- Baie. Ils ne tardent pas à réaliser l?embarras que pourrait leur causer le maintien de Prakash Hurry. Ils le débarquent aussitôt et font appel au n°1 du port, Prakash Maunthrooa, pour le remplacer.
L?indélicatesse qui est reprochée à Prakash Hurry a eu lieu dans la soirée du 9 mai 2002. Le médecin venait de terminer ses achats et avait réglé sa note, ou presque, quand il a été interpellé par des gardiens de sécurité. Ceux-ci l?ont accusé d?avoir voulu subtiliser un rasoir et des lames de la marque Wilkinson valant Rs380. Après avoir visionné des images enregistrées par une caméra de surveillance, il n?a eu d?autre alternative que de payer une amende s?élevant à cinq fois le prix du produit et de repartir.
Néanmoins, Prakash Hurry donne une version différente des faits. Interrogé par l?express, il reconnaît qu?il était impliqué dans un ?incident? dans un hypermarché du Nord, il y a environ un an de demi, mais déclare que c?est un de ses neveux alors en vacances à Maurice qui en est le principal concerné. Outre cet incident, des allégations ont été faites à l?effet qu?il aurait effectué des avortements. Le médecin nie catégoriquement ces allégations.
La décision de son évincement est tenue secrète jusqu?à hier matin. La plupart des ministres labourent le terrain électoral jusqu?à fort tard dans la soirée de mardi en sollicitant un vote pour Prakash Hurry sans savoir que celui-ci a déjà signé sa lettre de ?désistement?. Quand Pravind Jugnauth, leader du Mouvement socialiste militant (MSM), fait savoir à ses collaborateurs mardi matin qu?il annule ses sorties publiques du jour, personne ne se doute de la vraie raison. Il devait prendre la parole à Bois-Jacquot, à Amaury, mais se décommande au dernier moment.
Tôt hier, la nouvelle que le candidat Hurry avait abandonné l?arène avait commencé à circuler notamment à travers des fuites de sources policières. Les premiers étonnés sont les membres de l?état-major du MSM. Ils sont ensuite mis au parfum des développements par le leader du parti lors d?une réunion de son bureau politique. Pravind Jugnauth, accompagné du leader du Mouvement militant mauricien (MMM), Paul Bérenger, réunit la presse peu après pour annoncer officiellement le départ de Prakash Hurry.
La raison invoquée, les deux fois, concernait les ?exigences de la vie politique et de la vie publique?qui ne seraient pas compatibles avec ?les engagements familiaux? et la?carrière professionnelle? du candidat. L?incident du ?shoplifting? à l?hypermarché
Super U n?est cité à aucun moment par les dirigeants.
?Erreur de jugement?
La réunion du BP du MSM était assez tendue car le leader a eu à faire face à des opinions critiques sur son choix initial de candidat. Même si dans l?ensemble, les membres du MSM ont exprimé la volonté de se relever après le choc d?un tel retournement de situation, trois ministres ont estimé qu?il y a eu ?erreur de jugement?.
Dès le départ, Prakash Hurry n?avait pas été un choix unanime au MSM. Bien qu?il fût soutenu par des Senior Ministers comme Nando Bodha, Joe Lesjongard et Showkutally Soodhun, d?autres noms, dont celui de Prakash Maunthrooa, figuraient déjà parmi les candidats probables. Des proches du parti attribuent sa non-sélection au fait que Pravind Jugnauth et son premier cercle de conseillers ne voulaient pas d?une personnalité de forte carrure à l?avant-plan du MSM.
Le choix d?un candidat de poids plume était délibéré, pensent certains au MSM, mais la majorité gouvernementale ne s?en souciait pas trop estimant avoir ?la partie plutôt facile sur le terrain?. Le fait qu?aucune affiche avec la photo du candidat Prakash Hurry n?avait encore été imprimée intriguait toutefois les observateurs.
Les choses ont commencé à se gâter pour Prakash Hurry à partir du moment où une première information ?inquiétante? à son sujet est parvenue aux oreilles des dirigeants. Ceux-ci devaient apprendre que le médecin avait déjà essuyé un ?avertissement? de la police à la suite d?une plainte déposée contre lui par une de ses patientes. Mais, c?est l?histoire de Super U, qui a éclaté il y a trois ou quatre jours, qui a précipité les événements.
Le choix de Prakash Maunthrooa est celui de Pravind Jugnauth mais visiblement cela réjouit ses partenaires du MMM. L?un d?entre eux juge le médecin ?plutôt sympathique? mais ne répondant pas au profil du ?cadre professionnel sérieux auquel l?électorat rural aspire à s?identifier?. Le nouveau candidat possède justement une image de gestionnaire mais est demeuré assez loin de la politique active jusqu?ici. Il a la réputation d?avoir des sensibilités politiques proches de celles de Harish Boodhoo. Les activistes de l?alliance MSM-MMM auront l?occasion de mieux se familiariser avec le personnage lors d?une rencontre qui est prévue cet après midi avec lui dans la circonscription du n°7 à Rivière-du-Rempart.
Les dirigeants, eux, profiteront de l?occasion pour mesurer l?impact que les péripéties survenues hier ont sur le moral de leurs troupes. L?issue du scrutin du 21 décembre en dépend.
Raj MEETARBHAN
RÉACTIONS DANS LA CIRCONSCRIPTION
Les activistes du MSM : ?Tout est à recommencer?
Le remplacement du candidat Prakash Hurry par Prakash Maunthrooa est diversement commenté dans la circonscription de Piton-Rivière-du-Rempart. Si certains agents et activistes du Mouvement socialiste mauricien (MSM) déclarent que l?issue de la partielle ne connaîtra aucun changement, d?autres font ressortir, sous le couvert de l?anonymat, que cette décision risque de peser lourd dans la balance. A Mapou, un chef agent de l?alliance gouvernementale, affirme que les blancs et mauves ont maintenant beaucoup de retard. Tout en concédant que le choix de Prakash Hurry était mauvais, il ajoute que les gens commençaient à le connaître. Maintenant, dit-il, tout est à recommencer. Un autre habitant de la région est, lui, affirmatif : le candidat de l?alliance sociale était meilleur que celui du MSM. A Rivière-du-Rempart, des agents et activistes du MSM, à l?instar de Régina Armance, habitante de Belle-Vue-Maurel, sont convaincus que Prakash Maunthrooa triomphera dans cette partielle. Kisnah Asyrigadoo, de l?Amitié, estime que le nouveau candidat a encore du temps pour mener sa campagne victorieusement. Nayab Allybaccus, de Plaine-des-Roches, trouve, lui, que Prakash Maunthrooa a plus de potentiel que Prakash Hurry. Ce dernier, dit-il, peut être un bon médecin, mais il aurait été un mauvais ministre.
Certains sont toutefois d?avis que le MSM a commis une erreur de jugement. ?C?est maintenant que les gens sauront qui est Prakash Maunthrooa, alors que Prakash Hurry avait déjà passé cette étape.? Selon eux, l?alliance gouvernementale devrait batailler dur pour faire pencher la balance en sa faveur le 21 décembre. Du côté du Parti travailliste, c?est la réjouissance. A l?Amitié où des agents rouges s?activent à placer des oriflammes pour la tenue d?une réunion nocturne, l?on avance que la décision de remplacer Prakash Hurry est un aveu de défaite. Pour résumer sa pensée, l?un d?eux se contente de brandir une pancarte sur laquelle est inscrit : ?Maunthrooa zhomme Bérenger?.
Sunil OODUNT
Questions à...Prakash Hurry :
?Une trop grande pression?
.Pourquoi ?l?excellent candidat de proximité?, Prakash Hurry, s?est-il désisté ?
J?ai subi trop de pressions de l?électorat. Je ne suis pas prêt à accepter certains chantages politiques et certaines bassesses venant des habitants qui se montrent très exigeants. J?ai toujours été honnête, sincère. Il n?est pas question que je mette en péril ces valeurs. J?aurais eu à abandonner ma profession au profit de la politique. J?ai réalisé que c?était là un sacrifice que je n?étais pas prêt à faire. C?est une décision personnelle. Il n?y a aucun cover-up.
Mais n?étiez-vous pas, dès le départ, conscient de ces exigences ? Difficile d?être le successeur de SAJ?
Je connaissais les exigences et les risques que j?ai pris en entrant dans l?arène politique. Cependant la réalité s?est avérée plus dure que prévue. Ce n?est pas possible de me juger uniquement sur ces quatre semaines de campagne.
Vos adversaires ont surtout critiqué vos débuts laborieux en politique. N?est-ce pas là une des raisons de votre retrait ?
On s?est acharné sur moi alors que j?étais mal à l?aise dans mes premiers discours publics. C?est injuste. On a remarqué que j?ai vaincu ma timidité par la suite. Etant un habitant du Nord, j?ai été bien accueilli dans les 23 villages de la région. J?avais donc un avantage. Je le répète, il n?y a pas d?autre raison que celle avancée plus haut.
L?alliance MSM-MMM aura-t-elle des difficultés sur le terrain ?
Pas du tout. Je rassure tous ceux qui croient que je me suis désisté parce que je crains une éventuelle défaite. Rien n?est plus faux. J?étais confiant et je suis toujours confiant que mon successeur gagnera cette partielle. Prakash Maunthrooa fait le poids. Il représente le candidat idéal pour ce scrutin. Quand j?ai annoncé ma décision à mon leader hier soir, il m?a demandé de bien réfléchir. Les considérations personnelles ont finalement eu raison de ma décision de faire de la politique. Je ne vais pas faire autant de sacrifices pour un portefeuille ministériel.
Jane LUTCHMAYA
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