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Les Dantier nient avoir eu recours à la voyance

20 juillet 2004, 20:00

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C?est cet après-midi que les Dantier seront fixés sur la demande d?exhumation de la dépouille de Nadine, assassinée le 25 juin dernier à Albion. Ils nient que leur demande a été motivée par une session de voyance.

Son épouse Caroline à ses côtés, Jean-Yvon Dantier affirme : ?Nous n?avons jamais eu recours à la voyance, à la cartomancie ou à quelque autre forme de divination, qui sont des sciences subjectives. Nous sommes trop cartésiens pour y croire.? Le beau-père de Nadine tente de maîtriser sa colère après l?information publiée, par un hebdomadaire, qui laisse croire que c?est une session de cartomancie avec le voyant Bernard Laval qui serait à l?origine de leur demande d?exhumation.

Il explique que cette demande ne date pas d?hier. L?idée aurait germé trois semaines après l?assassinat de Nadine alors que la police recherchait toujours l?assassin. ?C?était un jeudi et au cours d?une rencontre avec Tangavel Seerungun, responsable de la Central Criminal Investigation Division et du surintendant de police, Lutchoomoonien Marden, nous avons pour la première fois évoqué la question d?exhumation car nous avions reçu pas mal de renseignements qui méritaient d?être vérifiés. Ils nous ont demandé de patienter car ils étaient sur une piste sérieuse. Rendez-vous a été pris pour le mardi suivant mais le lundi, ils ont téléphoné pour nous annoncer l?arrestation de Marcelin Azie qui était passé aux aveux. Nous en sommes restés là.?

Jean-Yvon Dantier admet connaître Bernard Laval qu?il a rencontré par le biais d?une proche. Celle-ci savait que son épouse et lui avaient été initiés au reiki, une science ancienne qui repose sur la captation de l?énergie cosmique et son infiltration dans l?organisme à travers des points connus comme chakras afin de reconstruire l?aura de l?individu.

En début d?année donc, cette proche est venue chez eux avec Bernard Laval, entre autres. ?On m?a présenté Bernard Laval comme un adepte du reiki. Il m?a rappelé qu?enfant, il habitait à l?arrière d?une de mes tantes à Curepipe et que nous avions l?habitude de jouer ensemble. Je devais avoir six ou sept ans à l?époque. Une des dames qui l?accompagnait a invité Caroline à des sessions de reiki mais nous n?avons jamais donné suite à l?offre.?

Services proposés

Jean-Yvon Dantier ajoute avoir revu Bernard Laval par hasard et à deux autres reprises. Une fois au supermarché où ils ont bavardé, notamment à propos de l?enquête policière. L?autre, la semaine dernière en cour de Moka lorsque la demande d?exhumation a été débattue.

?Quand nous nous sommes croisés au supermarché, il m?a laissé entendre qu?il avait certains dons et qu?il fallait que nous soyons dans de bonnes dispositions pour voir certaines choses. Je n?en ai pas tenu compte mais j?ai été surpris de le voir en cour. Nous avons parlé de reiki mais à aucun moment, nous n?avons eu de séance de voyance, de cartomancie ou de quoi que ce soit.?

Bernard Laval confirme. S?il reconnaît qu?il a un don de voyance, il ne le crie pas sur tous les toits, précise-t-il. ?Je fais du reiki et du tai-chi, qui sont des sciences spirituelles. J?ai aussi un don de voyance mais je ne l?ai jamais proposé aux Dantier.?

Pourtant l?hebdomadaire a, dimanche dernier, rapporté que Bernard Laval aurait affirmé au journal ?qu?il y a autre chose que la lettre dans le cercueil? et que ce serait une des deux possessions portées manquantes de Nadine. Bernard Laval allègue avoir été mal rapporté : ?On m?a prêté des propos que je n?ai pas tenus.?

Jean-Yvon Dantier précise que depuis le drame, une multitude de personnes les ont approchés, son épouse et lui, pour proposer leurs services. Ainsi, des voisins leur auraient dit qu?un médium australien voyait Nadine et que cette dernière livrait des détails sur l?identité de son meurtrier. Le médium aurait proposé de venir à Maurice à ses frais, à condition qu?il soit hébergé. Les Dantier ont aussi reçu du courrier d?un voyant français et dans le même sens.

?Nous avons reçu la visite de plusieurs personnes voulant nous aider. Avec tout ce que j?ai entendu, j?ai pu établir une liste de 22 meurtriers potentiels ! Puisqu?elles étaient venues nous voir dans le but de nous aider, je ne pouvais décemment pas les mettre à la porte. Mais de là à y prêter foi? Nous n?avons écouté que notre bon sens.?

Un troisième scénario

Les Dantier ajoutent qu?une exhumation n?est pas un jeu. ?On a parlé de règlement de comptes mais une personne qui veut régler des comptes n?irait pas jusqu?à s?infliger un nouveau traumatisme.? Le couple est confiant d?obtenir gain de cause dans l?après-midi.

La magistrate Sarita Bissoonauth, qui siège en cour de district de Moka, doit en effet rendre son verdict sur la demande d?exhumation de la dépouille de Nadine. Initialement, la demande d?exhumation portait sur la récupération d?objets éventuels placés dans le cercueil par Bruno Tadebois, le petit ami de la défunte, et sur une éventuelle contre-autopsie.

Lors des débats la semaine dernière, Me Kishore Pertab, avocat des Dantier, assisté par l?avouée Saya Ragavoodoo, a amendé la demande, arguant que malgré qu?il n?y aurait pas de contre-autopsie, selon le District and Intermediate Courts Act, de même que le Courts Act, le magistrat peut user de sa discrétion pour autoriser l?exhumation. Me Pertab a expliqué que si éventuellement l?arme du crime se trouvait dans le cercueil, cela constituerait une preuve supplémentaire pouvant faire avancer l?enquête. Il a aussi cité la demande d?exhumation à des fins de contre-autopsie de Lady Kathleen Bacha, de son fils Lamesh et même du chien de ce dernier. Demande agréée alors par le magistrat David Chan alors que la législation ne prévoit que ?l?exhumation du cadavre d?une personne?.

Bien que le parquet n?ait pas formellement objecté à la demande des Dantier, le représentant, Me Rashid Ahmine, a fait quelques observations. Selon lui, le magistrat ne peut user de son pouvoir discrétionnaire car la législation parle uniquement de contre-autopsie. L?accorder, selon lui, créerait ?un dangereux précédent?.

Deux scenarii sont possibles : soit la magistrate Bissoonauth accède à la demande, soit elle la rejette. En cas de rejet, un troisième scénario est envisageable. Il n?est en effet pas exclu que la police fasse appel en Cour suprême du fait qu?elle n?a pas objecté à la demande initiale.

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