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Les dangers des retards

16 novembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

On a désormais la confirmation que de graves menaces pèsent sur notre économie. Avec les déclarations limpides de la Commission européenne, plus aucun doute ne peut subsister. Il existe bien des risques que l?UE refuse de mettre en ?uvre ses programmes d?aide en faveur de Maurice. Pendant longtemps, des points de vue contradictoires étaient exprimés sur les conséquences possibles des retards pris dans le traitement du dossier sucre. Aujourd?hui, l?ambiguïté est levée : ce sont les plus pessimistes qui avaient raison.

De Bruxelles, hier, le porte-parole de Louis Michel, commissaire européen au développement, a précisé la position de l?UE. A une question de notre journaliste, Alain Barbé, il a averti que «any lack of progress can put some earmarked EU funds at risk». Il a regretté que les objectifs fixés par l?Etat mauricien en accord avec les sucriers n?aient pas été atteints alors qu?ils constituent la base des accords de financement de l?UE.

Claudia Wiedey, chef de la délégation de la Commission européenne à Maurice, est encore plus catégorique. Dans un entretien accordé à l?hebdomadaire économique, «Business Magazine», elle déclare : «?il est sûr que s?il n?y a rien qui intervient sur le VRS, il n?y aura aucun déboursement.» Elle rappelle qu?aucun progrès n?a été enregistré par rapport à la fermeture d?usines et aux deux programmes de VRS. «A moins qu?une évaluation précise sur ces conditions ne soit effectuée d?ici le 31 décembre, soit d?ici à six semaines, légalement cette somme ne pourra être décaissée. This is ?legally binding?.» Elle fait, ici, référence à la tranche variable du 9e FED, soit une somme de Rs 200 millions. Plus loin, elle prévient que «you are running very late» pour des aides totalisant 13 millions d?euros (près de Rs 600 millions) et prévues pour cette année financière. Sans doute en raison des mauvaises perceptions qui existent sur le destinataire de ces aides, Claudia Wiedey juge important de rappeler que «si cette somme n?est pas reçue par Maurice faute de progrès accomplis sur des engagements pris, la situation budgétaire va être ?tight?» et que cela «va forcément laisser un ?gap? quelque part».

Les officiels de l?UE prennent le contrepied des dirigeants locaux qui nient tout problème et affichent un optimisme niais. Lors d?une conférence de presse donnée à la fin du mois dernier, le Premier ministre avait soutenu que l?UE est sensible à la démarche du gouvernement et qu?elle ne remettra pas en cause les aides promises. «La campagne qui a eu lieu cette semaine pour faire croire qu?il y a un problème entre le gouvernement et l?UE est sans fondement», a-t-il prétendu.

Aux dernières nouvelles, une plate-forme de sociétés religieuses s?intéresse au dossier sucre. Espérons qu?elle priera assez fort pour éviter au pays une catastrophe économique.

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