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Les dénonciations de l?ex-directeur du Domaine Les Pailles
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Les dénonciations de l?ex-directeur du Domaine Les Pailles
Son passage à Maurice a été bref et empreint d?amertume. Michael Morris a été contraint d?abandonner son poste de directeur général au Domaine Les Pailles peu après son arrivée. Motif : les autorités ont refusé de lui accorder un permis de travail. D?Espagne, où il se trouve avec son épouse, il dénonce les pressions qui auraient été exercées pour qu?il cède sa place.
Michael Morris débarque le 28 mai. Il avait répondu à un appel de candidatures international et s?était vu attribuer le poste qui incluait la responsabilité de la gestion du Centre de conférences international Swami Vivekananda. «Je trouvais ce job stimulant car c?était intéressant de voir qu?un petit pays comme Maurice peut construire en si peu de temps un tel complexe et accueillir une conférence internationale prestigieuse», explique-t-il. Il prend ses fonctions le 2 juin.
Dès son installation, Michael Morris se dit satisfait de l?équipe du Domaine Les Pailles. Il déplore toutefois le manque de personnel au Centre de conférences. «La population a de quoi être fière d?une telle infrastructure mais il faut des gens compétents pour en assurer la gestion», souligne-t-il.
Certains employés du Domaine Les Pailles, laisse-t-il entendre, se sont rapidement sentis menacés. Selon Michael Morris, cette crainte aurait pour origine «un contrôle financier plus strict» qu?il envisageait de mettre en place. Il s?était en effet fixé comme objectif de récupérer les sommes dues par quelques clients jugés «indélicats.» «Certains clients avaient tendance à abuser de leur relation avec certaines personnalités politiques pour obtenir des prix préférentiels et des services gratuits», déclare Michael Morris.
?Longue? liste de débiteurs
Le nouveau directeur général engage donc, dès sa prise de fonction, des mesures légales pour le recouvrement des impayés. Il commence par écrire à ceux qu?il qualifie de «clients indélicats», leur demandant de s?acquitter de leurs dettes. Ranjita Bunwaree, directrice de Royal Class Events, fait partie de cette liste. Celle-ci ne se serait pas acquittée d?une facture de Rs 800 000, montant qui serait dû pour l?organisation d?une foire commerciale (trade fair).
Pour toute réponse, Ranjita Bunwaree estime avoir été «harcelée» par les «nombreuses» lettres lui réclamant cette somme. «Cet homme, qui était un nominé politique de l?ancien gouvernement, occupait ce poste illégitimement car il n?avait pas de permis de travail. Il n?avait aucun droit de réclamer quoi que ce soit», lance la femme d?affaires, très remontée.
Du côté de la State Investment Corporation (SIC), on explique que Michael Morris aurait gardé une «certaine animo- sité» envers le gouvernement mauricien après que le nouveau régime lui a refusé les permis de travail et de résidence. Le département des ressources humaines de la SIC affirme que tous les documents relatifs à ces demandes avaient bien été soumis aux autorités compétentes, lesquelles ont peu après refusé d?accorder les permis. «Depuis, Michael Morris fait une fixation sur Ranjita Bunwaree. Il la considère comme responsable de ce qui lui est arrivé», explique un proche du dossier à la SIC. Ce que réfute avec force la principale concernée.
Le ministre du Travail, Vasant Bunwaree, confirme qu?il n?a pas approuvé le permis de travail parce que Michael Morris n?avait pas de permis de résidence : «Quand le dossier m?est parvenu, je me suis rendu compte que Michael Morris n?avait pas de permis de résidence, lequel doit être délivré par le passport and immigration office. Dans ce cas, je n?ai pu accorder le permis de travail». Selon le ministre, Michael Morris a donc travaillé dans l?illégalité. A propos du permis de résidence, Michael Morris donne sa version. Dans son courrier du 1er septembre adressé au Premier ministre, il soutient que le personnel du bureau des passeports l?a informé verbalement que le bureau du Premier ministre lui-même a opposé son veto à la demande de permis.
A la SIC, on soutient que le Domaine Les Pailles et le Centre de conférences international ont une «longue» liste de débiteurs. Un audit est en cours pour tenter de déterminer le montant des sommes dues qui s?élèveraient à plusieurs millions de roupies. Toujours selon la SIC, Michael Morris aurait reçu une compensation d?environ Rs 434 800 (£ 8 000). «La SIC lui a même payé son billet d?avion», ajoute cette même source.
De son séjour à Maurice, Michael Morris confie n?avoir retenu que de la frustration. «Le gouvernement nouvellement élu parle sans cesse de transparence, de lutte contre la corruption et d?opportunité pour tous. Mais il s?occupe pour l?heure uniquement de placer ses gens à des postes de hautes responsabilités», lâche-t-il, désabusé. En attendant, le Domaine Les Pailles cherche toujours un nouveau directeur général.
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