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Les démocrates se lancent dans la bataille contre Bush
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Les démocrates se lancent dans la bataille contre Bush
La première étape du long processus de sélection du candidat démocrate qui affrontera George Bush, lors de l?élection présidentielle du 2 novembre, s?est tenue avec les ?caucus? de l?Iowa, assemblées où les électeurs démocrates indiquent leurs préférences. Aujourd?hui, M. Bush prononcera devant le Congrès son troisième discours sur l?état de l?Union, qui présentera, à la fois, un bilan de son action et un programme pour l?avenir. M. Bush n?est contesté ni dans son parti ni, plus largement, dans son camp. Il est le seul candidat à l?investiture du Parti républicain, qui lui est donc acquise.
Les électeurs de ce parti ne participeront aux primaires que pour désigner leurs délégués à la convention qui se réunira à New York, fin août, et choisir leurs candidats aux autres fonctions électives soumises à renouvellement en novembre. Avec un réseau de partisans actifs comptant 6 millions de personnes et des fonds de campagne qui se montent, déjà, à 130 millions de dollars et pourraient atteindre 200 millions, M. Bush et son colistier, le vice-président Richard Cheney, cumulent les avantages.
Par une suite de hasards de l?Histoire, les électeurs de l?Iowa, Etat de moins de 3 millions d?habitants, dans le Middle West, est le premier où l?on vote pour départager les candidats à la candidature présidentielle. Le système des caucus ? réunions d?électeurs au niveau des quartiers ou des villages ? marque le début d?une procédure qui, dans l?Iowa, s?étale sur plusieurs mois et aura peu d?effet direct, puisque cet Etat n?enverra que 55 délégués (dont 45 seront ?liés? par leur engagement en faveur d?un candidat), sur 4 317, à la convention démocrate de Boston, en juillet.
Plusieurs faux pas
L?importance de ce vote tient à la composition du groupe des candidats. Howard Dean, ancien gouverneur du Vermont, qui a commencé à faire campagne, dans l?Iowa, dès l?automne 2002, s?est hissé en tête des sondages. Il devance Richard Gephardt, député du Missouri voisin et, longtemps, favori, en raison de la géographie et, aussi, de la sociologie du Parti démocrate dans l?Iowa, avec une forte composante ouvrière et des syndicats relativement influents.
Du côté démocrate, le débat porte essentiellement sur la personnalité de M. Dean et sur sa stratégie. Ses adversaires et une partie des observateurs mettent en doute son envergure et la solidité de son jugement, après plusieurs faux pas qu?il a dû corriger par des explications parfois embarrassées.
Stratégiquement, il a choisi de dénoncer la transformation du Parti démocrate menée à bien par Bill Clinton. Pour M. Dean, ce centrisme n?est pas autre chose qu?une politique de ?contrôle des dégâts? face à la vague conservatrice qui porte le Parti républicain depuis l?époque de Ronald Reagan.
Si M. Dean, venu de Nouvelle-Angleterre et plus proche de la classe moyenne que des ?cols bleus?, l?emporte dans cet Etat, ce sera le signe qu?il a une forte capacité d?attraction sur l?électorat démocrate en général. Sa victoire, suivie par celle qui lui paraît promise, le 27 janvier, dans le New Hampshire, Etat voisin du sien, donnerait à sa candidature un élan prometteur, sinon décisif.
Inversement, que M. Dean soit arrêté dans l?Iowa, et tout redeviendra possible, pour M. Gephardt, certes, mais aussi ? et sans doute davantage ? pour d?autres candidats, tels que les sénateurs John Kerry et John Edwards ou l?ancien général Wesley Clark, tous plus centristes que M. Dean.
Patrick Jarreau
© Le Monde 2003distribué par The New York Times Syndicate
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