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Les délices du farata

14 avril 2007, 00:00

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Chez Siva and Son à la route Hugnin à Rose-Hill, on célèbre le farata avec un sens aigu du professionnalisme. Empaqueté dans des sachets spéciaux, ils sont vendus sur place et dans les grandes surfaces pour le plus grand plaisir du palais.

Un empilement réjouissant. Un parfum qui flotte et qui titille d?emblée les narines. Un délice local, importé d?Inde qui se consomme depuis la nuit des temps avec le même plaisir. N?est pas Mauricien, celui qui n?aime pas le farata ! D?ailleurs, pourquoi aime-t-on autant cette galette de farine cuite à l?huile sur une plaque chauffante, appelée le «tawa» ?

Shalinee Pathapermal, la maîtresse des lieux, n?a pas la réponse, même si la question la fait sourire. C?est peut-être parce que tout simplement, c?est écrit dans notre patrimoine culinaire local.

Chez Siva and Son, le farata est cuit à grande échelle, mais toujours avec le souci de lui donner une saveur unique, dans le feuilleté de sa pâte et dans la propreté du lieu où il est préparé. Shalinee Pathapermal y met un point d?honneur. «Nou capav riye, danse ek koze, mais zame nou pou laisse sa lendroit la sale.»

Deux «balles» et demie de farine y sont chaque jour ou presque, converties en faratas. Douze employées, toutes des femmes, les cousines, les belles-soeurs et les «tantines» des propriétaires y font depuis cinq ans, un délicieux farata. Parmi elles, Joobeeda ou Pedy, les «tantines» de Shalinee et la propre mère de celle-ci, une dame souriante, répondant au nom de Naz.

Le coeur à l?ouvrage

La chaleur des feux qui crépitent sans cesse, ne semble guère incommoder ces mains travailleuses. «Habitie do, senti saler la, mais pas kass la tet,» explique Joobeeda.

Entre femmes, ce ne sont pas les conversations qui manquent, souvent au grand dam de Rishi, le mari de Shalinee, chargé lui de distribuer les faratas empaquetés dans les grandes surfaces de l?île, dans celles de Quatre-Bornes et des environs, principalement.

Ici, point de secret de fabrication. C?est le c?ur que ces femmes travailleuses y mettent qui fait toute la différence. Si c?est une immense machine en aluminium qui mélange les ingrédients, eau, farine, mantègue, les employées, elles, sont chargées de pétrir la pâte, d?autres sont rattachées à la cuisson, et d?autres encore au rayon empaquetage.

«Sa farata la li unik dan le monde. Boukou ine essaye imiter,» laisse échapper Shalinee sur le ton de la confidence. Cet héritage lui vient de sa belle-mère qui gérait naguère la petite entreprise, devenue sous l?impulsion de Shalinee une vraie fabrique.

Chez elle le farata se savoure dès la cuisson, en le cassant bout par bout, tout en se soufflant dans les mains, pour contrecarrer l?effet de la chaleur. Le goût est subtil, légèrement salé, avec ce fondant inégalé. Une visite s?impose avant que les faratas de Siva and son ne deviennent une vraie habitude.

Siva and son, 54, route Hugnin, Rose-Hill. Téléphone : 566 16 87

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