Publicité
Les dégâts collatéraux de la piraterie dans l’océan Indien
Par
Partager cet article
Les dégâts collatéraux de la piraterie dans l’océan Indien
Si toute l''''attention se porte sur le coût financier lié à la piraterie dans le golfe d''Aden et dans le nord-ouest de l''océan Indien, les retombées sur les personnels de bord s''aggravent à mesure que les violences infligées aux membres d''équipage capturés augmentent.   
Une réunion s''est tenue ce mois de juin à Londres autour de ce sujet souvent négligé dans les bilans établis sur la piraterie moderne. « Il y a eu un changement, mais nous ne savons pas pourquoi » a déclaré le directeur du BMI (bureau maritime international) lors de cette réunion.
Il avance l''hypothèse que « cela a peut-être à voir avec le fait qu''il y a maintenant un autre type de personnes qui s''occupent des captifs. Ce ne sont que des bandes de voyous, ils n''ont jamais été à la mer et ils n''ont aucune empathie avec les marins ».
Une explication qui rejoint le constat fait par le centre français de recherche sur le renseignement en octobre 2010 dans une étude sur l''implication grandissante des islamistes dans la piraterie. « Cependant, il semble que ces pirates sont de moins en moins « professionnels », n’étant majoritairement pas marins à l’origine alors que leurs aînés avaient exercé la profession de pêcheur ».
Les chiffres concernant l''évolution de la piraterie en 2010 sont d''ailleurs éloquents. 4 000 marins ont été attaqués à l''aide d''armes à feu et même de lance-roquettes,  1 016 membres d''équipages pris en otage dans l’océan Indien, (188 marins capturés par des pirates en 2006 dans le monde entier). La durée moyenne de captivité a été de cinq mois, et 111 millions de dollars ont été versés pour des rançons par les armateurs ou les compagnies d''assurance, selon le rapport de l''ONUDC (bureau des Nations Unies sur les drogues et le crime)  sur « les flux financiers illicites liées à la piraterie au large des côtes de la Somalie ».
Plus inquiétant, en 2010, on a relevé que plus de 400 otages avaient été utilisés comme boucliers humains. Jusqu''à une époque récente, les pirates avaient la réputation de traiter correctement les otages. Un rapport publié ce mois-ci décrit les sévices subis par les otages. Certains ont été «sévèrement battus, traînés sous l''eau, ont eu des fils serrés autour de leur parties génitales, et ont subi des simulacres élaborés d''exécutions ».
Parfois, des membres d''équipage qui trouvent refuge dans des parties sécurisées des navires peuvent passer plusieurs jours, terrés dans leur citadelle alors que les pirates tentent de les déloger en les attaquant à l''aide d''armes lourdes. Ils allument également des feux dans les systèmes de ventilation pour les enfumer ou utilisent des appareils de soudure pour tenter de percer les parois métalliques du navire. On imagine le traumatisme enduré par des marins qui doivent subir l''enfermement, les coups et les actes de torture.
« Nous avons des preuves solides que plus d''un tiers des marins qui ont été pris par les pirates en 2010 ont été maltraités, et la tendance est encore plus inquiétante pour cette année », a déclaré Kaija Hurlburt, qui a rédigé ce rapport.
Mais les pirates vont encore plus loin dans la torture psychologique. Pour mettre la pression sur les compagnies maritimes et les inciter à payer plus rapidement, ils n''hésitent pas à téléphoner aux familles des otages ou à menacer de s''en prendre à leur famille.
Avec plus de 3 000 marins pris en otages par des pirates somaliens depuis 2008 et des centaines d''autres actuellement en captivité, la situation est une véritable « crise humanitaire », selon l''International Chamber of Shipping (ICS) dont le porte-parole, Simon Bennett, affirme que «la crise est vraiment hors de contrôle ».
Les pirates utilisent également de nouvelles tactiques telles que l''utilisation des bateaux capturés comme «ravitailleurs», appelés également « bateaux-mères » pour lancer des attaques auxquelles des membres d''équipage en captivité sont forcés de prendre part. Le navire comorien Zoulfekar a fait partie de ces navires détournés de leur vocation première avant de tomber en panne au large de Madagascar et d''être repris par les forces malgaches.
(Photo : Arrêtés en mars 2009, ces pirates ont été libérés par la High Court de Mombasa , Kenya.)
(Source : Malango Actualité)
 
Publicité
Publicité
Les plus récents