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Les croisières rapportent gros
1 800 passagers, 1 000 membres d?équipage, 650 tonnes de carburant, 400 tonnes d?eau potable? Le Queen Elizabeth II, un géant des mers a passé 24 heures à Port-Louis. Le temps de permettre à des centaines de touristes de visiter l?île et de s?approvisionner, dans des proportions exorbitantes. L?industrie touristique et le secteur portuaire ont fait le plein.
Le réceptif MTTB-Mautourco a mobilisé trente cars pour véhiculer les croisiéristes à travers l?île : de Pamplemousses à l?île-aux-Cerfs, en passant par la Route du thé. La venue d?un paquebot occupe à la fois services portuaires, compagnies pétrolières, représentants maritimes, agences de réceptifs et tour-opérateurs?
?C?est un business qui rapporte très gros? dans un court laps de temps, ne peut s?empêcher de commenter un représentant maritime qui intervient régulièrement durant les escales de paquebots.
Maurice veut donc se positionner. Actuellement, Port-Louis accueille une vingtaine de paquebots par an. La progression du nombre de bateaux est plutôt en dents de scie, depuis 2002. Cette année-là, Port-Louis avait accueilli 23 bateaux de croisières et 12 700 croisiéristes. Le port n?a jamais fait mieux, même en 2005 où il a accueilli 22 navires et 7 000 passagers.
Cette année, la tendance indique une forte progression. Depuis le début de l?année, quelque 6 000 croisiéristes ont déjà débarqué à Port-Louis. Ils sont venus à bord de sept paquebots, certains de taille moyenne, d?autres, comme le Queen Elizabeth II, des palaces flottants.
Un nouveau port
Entre octobre et avril, les paquebots désertent l?hémisphère Nord et font cap vers le sud. Asie du sud-est, Afrique et océan Indien les attirent de plus en plus. Croisières Costa s?est déjà positionné. Le Costa Marina peut embarquer 963 passagers et sera dans le Sud-Ouest de l?océan Indien à partir de novembre. La société est représentée à Maurice par Sky Fliers.
Mediterranean Shipping Company, compagnie maritime internationale représentée à Maurice montre également un intérêt. Ses paquebots sont basés pour l?heure en Afrique du Sud.
?Le port de croisières sera opérationnel en 2008, d?ici à la fin du premier trimestre?, assure Shekur Suntah, le directeur par intérim de la Mauritius Port Authority (MPA). Pour l?instant, les paquebots mouillent aux quais A et D, une zone qui n?est pas forcément appropriée. La MPA veut doter Port-Louis d?infrastructures adéquates.
Situé aux Salines, le nouveau port disposera d?un quai et d?un terminal à passagers. Le contrat a été accordé à Royal Haskoning et l?appel d?offres pour son exécution sera lancé en mai.
Les activités de croisières ont aussi leur corollaire, la fly cruise. Cette activité englobe en fait tous ceux qui prennent une croisière en cours de route. Ils arrivent ou repartent en avion et logent quelques jours dans les hôtels avant de rentrer ou d?appareiller. La destination mauricienne est déjà bien outillée pour accueillir régulièrement ce type de clientèle en transit? qui dépense bien évidemment autant que les vacanciers traditionnels.
Les autorités veulent faire de Maurice un hub des croisières dans l?océan Indien. Bonne connexion aérienne, bons hôtels, infrastructures correctes, l?île peut abriter des paquebots en permanence et se positionner sur la carte.
Reste le problème des cyclones qui frappent durant la haute saison. Et la cherté relative de Port-Louis. Au Quai D, le Queen Elizabeth II a bien acheté le carburant et l?eau mauriciens. Mais pour les produits alimentaires elle a préféré s?approvisionner en Afrique du Sud. ?Ici c?est trop cher?, lâche un représentant de la compagnie. Pour attirer les croisiéristes, Port-Louis a encore des progrès à faire et pas seulement en termes d?infrastructures.
EMPLOI
La croisière débauche?
Ils sont trente Mauriciens qui travaillent sur le ?Queen Elizabeth II?. De passage dans leur pays, ils ont eu à peine le temps de saluer la famille venue les rencontrer. ?C?est bien à bord. Les clients aiment les Mauriciens?, lâche Rakesh Bhugun, 30 ans. Formé à l?École Hôtelière d?Ebène, il a dix ans d?expérience dans l?hôtellerie et fait partie de l?équipage du paquebot depuis quatre ans. Il a embarqué à Southampton, en janvier et a fait le tour du monde. De plus en plus de Mauriciens, formés aux métiers de l?hôtellerie, se laissent tenter par un emploi sur les paquebots. C?est d?ailleurs un sujet d?inquiétude pour les hôteliers. Après les hôtels de Dubaï, ce sont les paquebots qui débauchent le plus de Mauriciens. Et la tendance va en s?accentuant. Pour René Sanson, directeur de Mediterranean Shipping Company à Maurice, le créneau des croisières pourrait employer 1 000 personnes par an. Sa compagnie embauche aujourd?hui, quelque 250 Mauriciens par an, pour le compte de paquebots européens. Pour beaucoup de professionnels de l?hôtellerie, le jeu en vaut la chandelle : les salaires sont en effet très attrayants. Ils reviennent au bout d?un an et peuvent déjà s?acheter une maison. Faire le tour du monde, ça rapporte !
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