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Les commerçants de Curepipe contre la hausse de la taxe

10 juillet 2003, 20:00

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Jusqu?à présent, les propriétaires des ?boutiques? de Curepipe payaient à la municipalité Rs 2 000 par an pour leur Trade Licence, ceux des magasins Rs 3000, les bijoutiers Rs 5 000 et les cliniques Rs 50 000. A partir du 1er juillet, boutiques et magasins paieront Rs 1000 de plus, les bijoutiers jusqu?à? Rs 10 000 de plus et les cliniques, Rs 100 000. Cette majoration leur a hérissé le poil. Ils refusent de payer et se sont constitués en une association pour la contester.

La mairie de Curepipe est la seule des municipalités à avoir recours à une hausse de la taxe professionnelle, hausse qui s?étend jusqu?à 200 % dans certains cas. Elle l?a décidée pour combler ?un trou important dans ses finances?. Face à la colère des commerçants, le maire de Curepipe, Gérard Colin, annonce déjà une révision du taux, sans se prononcer sur le pourcentage. ?Je ne peux en dire davantage car le conseil n?a pas encore approuvé les nouveaux tarifs.?

C?est l?envergure de la hausse mais également la manière dont ils l?ont apprise qui mettent les commerçants en colère. Ils l?ont su en se rendant à la caisse municipale pour renouveler leur licence. Ils se sont entendus dire qu?ils ont jusqu?au 15 juillet pour s?acquitter de cette taxe. ?La municipalité aurait dû nous avertir à l?avance que la taxe allait augmenter. Nous avons toujours collaboré avec la municipalité, pour l?embellissement de la ville par exemple. La moindre des choses aurait été de nous prévenir à l?avance,? dit Aslam Ghanty, président de l?association créée pour faire pression sur la municipalité.

<B>La clé sous le paillasson</B>

L?autre motif de colère est l?importance de cette hausse. Les superlatifs se bousculent dans le discours des commerçants : ?inimaginable? , ?exagérée?, ?fatale?? Ils évoquent un contexte déjà fort peu favorable aux affaires : la concurrence déloyale représentée par les marchands ambulants, le temps hivernal qui décourage le shopping à Curepipe et les frais qui s?alourdissent.

?Le commerce est très difficile en ce moment. La location ainsi que les nouveaux tarifs d?électricité et de téléphone contribuent à faire baisser les profits. Il ne serait pas étonnant que des magasins ferment leurs portes d?ici peu?? constate Aslam Ghanty.

Parmi les plus virulents à contester cette augmentation, les bijouteries et les cliniques. ?La mairie veut la mort des petites bijouteries. Nous sommes incapables de payer une taxe professionnelle de Rs 15 000?, proteste Haujee Mohammud, propriétaire de la bijouterie Tikapi. Les propriétaires des cliniques Darné, Lorette et Ferrière ont, eux, adressé une lettre commune à la municipalité dans laquelle ils déclarent sans ambages qu?ils n?ont pas l?intention de payer.

Contactés individuellement, certains conseillers municipaux affirment n?avoir pas été suffisamment ?briefés? avant de voter le budget 2003-2004. Ils seront appelés à discuter de nouveaux tarifs, à en croire Gérard Colin. En réaction à la requête des commerçants, une première réunion a été organisée à ce sujet, dit-il. La décision de revoir les tarifs a déjà été prise. Les commerçants veillent au grain : ils envisagent de demander à la Cour suprême d?émettre une injonction pour bloquer la nouvelle mesure.

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