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Les collèges privés accordent un sursis au ministère
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Les collèges privés accordent un sursis au ministère
Le pire a été évité, mais ce n?est pas la fin du bras de fer entre les patrons des collèges privés et le ministère de l?Education. L?Assemblée générale spéciale de la Fédération des managers des collèges privés, qui s?est réunie au collège Lorette de Rose-Hill, hier, a décidé de ne pas fermer provisoirement ses portes à la rentrée scolaire de demain. Elle avait envisagé de le faire en signe de grogne contre le gouvernement. Mais elle n?en songe pas moins à d?autres ?actions spectaculaires? dont elle ne veut pas révéler la teneur mais qui impliqueraient parents, professeurs et l?ensemble du secteur.
?Ces actions fortes pourraient avoir le même effet?, affirme Rajiv Roy, secrétaire de la Fédération. Mais il précise qu?il n?est pas question de pénaliser les élèves par un ?lock-out?. ?Si la rentrée se fait dans des conditions normales, c?est d?abord parce que nous consentons au sacrifice?, explique Rajiv Roy.
Le nouveau barème de financement des établissements secondaire privés proposé par le Management Audit Bureau (MAB) début décembre et qui contenait des augmentations de 15 %, 17,5 % et 20 % étalées sur les trois prochaines années a été accepté ?avec déception? hier par l?Assemblée générale.
Cela même si les patrons des collèges privés s?attendaient à voir leur quantum être augmenté de 20 à 30 %, comme c?était le cas à chaque exercice de révision.
Mais si les actions fortes ne sont pas pour l?immédiat, ce n?est que partie remise. ?Nous allons garder notre relation avec le ministère de l?Education sous haute surveillance parce qu?il y a beaucoup de promesses et peu de concret?, estime le secrétaire de la Fédération.
Fermeture d?une dizaine de collèges
Parmi les promesses faites par le ministre de l?Education, Dharam Gokhool : celle ayant trait à la mise sur pied d?un comité au début de ce mois pour se pencher sur les problèmes auxquels font face les collèges privés. La Fédération donne jusqu?à la fin du premier trimestre pour ?bien avancer? sur ces dossiers.
Figure en bonne place : la parité entre collèges privés et publics. Un rapport du MAB, remis à l?association il y a quelques jours, est venu confirmer l?absence totale de parité entre les collèges publics et privés (voir hors-texte).
?La question d?écart entre les collèges privés et publics est loin d?être réglée. Elle n?a même pas été adressée jusqu?à l?heure?, dit Serge Ng Tat Chung, président de la Fédération des managers des collèges privés.
Les autres dossiers ont trait à la fermeture souhaitée d?une dizaine de collèges privés et le rôle de la Private Secondary Schools Authority.
Selon les membres de l?exécutif de la Fédération, jamais les collèges privés n?ont été aussi esseulés qu?aujourd?hui. ?Avant de parler de World Class Education, il faut en donner les moyens?, commente Harold Chan Lam, vice-président de l?association. Alors que la Fédération avait fait plusieurs propositions dans un memorandum adressé au ministère, dont des mesures pour améliorer la discipline, l?enseignement des sciences et de l?informatique, le ministre ne les a pas tenues en compte.
?Nous avons l?impression que nous forçons le partenariat avec le ministère. Cela nous attriste profondément. Nous nous posons des questions sur le slogan World Class Education. C?est une farce?, critique Rajiv Roy.
REVENDICATIONS
La parité collèges privés-publics en question
■ Alors que l?Etat dépense Rs 33 393 par tête d?élève qui vit sa scolarité dans un collège public, il n?accorde que Rs 19 665 pour chaque élève qui va dans un collège privé. C?est ce qu?indique le dernier rapport du Management Audit Bureau (MAB) sur la question.
Ce document, remis il y a quelques jours à la Fédération des managers des collèges privés, vient soutenir l?argument selon lequel les élèves qui vont dans les State Secondary Schools ont un meilleur traitement que ceux des collèges privés.
?Nous ne pouvons même plus nous permettre d?apporter des améliorations à nos établissements. Ce que nous recevons de l?Etat est juste assez pour faire rouler les établissements?, indique-t-on à la Fédération. ?Pourtant, les collèges publics héritent de la crème et nous du reste. Normalement, plus d?attention aurait dû être accordée aux étudiants moins doués pour permettre leur remise à niveau?, argumente le manager d?un collège du centre de Port-Louis.
Autre problème majeur : la fermeture définitive de certains établissements. En ce début d?année, les propriétaires d?une dizaine de collèges privés ne souhaitent plus continuer à opérer. Pas question cependant de fermer sans compensations de la part de l?Etat. Et comme le gouvernement n?a toujours pas de politique concernant la fermeture de ces collèges, ceux-ci continuent à fonctionner, parfois au détriment des élèves. Un rapport complété par le MAB en 2003, alors qu?il avait été commandé par Kadress Pillay en 1998, révèle que 23 collèges privés sur 87 n?atteignent pas le niveau minimum en termes d?infrastructures. Parmi ceux-ci, une remise à niveau pour 18 ?sera difficile voire impossible?, indiquait ce document. Pourtant, plus de 80 % de ces établissements fonctionnent toujours sans aucune amélioration infrastructurelle.
Plus de 1 000 demandes de transfert acceptées
A un jour de la rentrée des classes en Form I, environ 1 000 requêtes de transfert d?établissements scolaires ont été acceptées par le Mauritius Examinations Syndicate (MES). Au total, 2 172 demandes de parents avaient été faites dans l?espoir de faire inscrire leurs enfants dans un autre établissement scolaire que celui octroyé par le MES sur un total de 12 650 places alloués en Form 1.
Paradoxalement, 55 parents dont l?enfant a eu une place dans un des neuf collèges nationaux, ont fait une demande pour un collège régional. Le MES a accédé à ces demandes. Par conséquent, il y a 55 places vacantes dans les collèges nationaux. Au ministère de l?Education de décider du sort de ces places.
Au total, c?est 19 987 étudiants exactement, qui feront leur entrée en Form I demain. Les collèges publics offrent 7 500 places et les établissements privés en comptent 12 276. Environ 2 000 places resteront ainsi vacantes dans les collèges privés.
Du côté du Bureau de l?éducation catholique, l?admission pour les 50 % de places réservées s?est déroulée sans anicroche sérieuse, même si certains parents étaient amèrement déçus de ne pas voir leur enfant sur la liste des admis.
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