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Les Chinois invoquent Lincoln à l?appui de la loi anti-sécession
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Les Chinois invoquent Lincoln à l?appui de la loi anti-sécession
Au moment où les députés chinois s?apprêtent à adopter, aujourd?hui, une loi visant à interdire de fait à Taiwan de proclamer son indépendance, beaucoup, en Chine populaire, invoquent un précédent historique qu?il est vain de chercher du côté de Mao ou de Marx puisqu?il s?agit d?un ancien président américain : Abraham Lincoln et la guerre de Sécession.
Ce président, entré en guerre à la tête des ?Nordistes? pour empêcher les Etats du Sud de faire sécession, en 1861, a plus d?admirateurs qu?on aurait pu le penser dans les milieux officiels d?un pays communiste qui bafoue les règles de la démocratie.
Sur les forums de discussion internet, plusieurs mentions comparent les relations entre la Chine populaire et Taiwan avec la situation qui prévalait durant la guerre de Sécession.
Bon nombre de surfeurs sur Internet recourent à Lincoln pour justifier le projet de loi, qui prévoit la possibilité d?utiliser la force contre l?île nationaliste en cas de proclamation de l?indépendance.
?Si Lincoln a pu entrer en guerre pour empêcher le Sud de faire sécession, pourquoi la Chine ne disposerait-elle pas d?une loi autorisant le recours à la force pour le cas où l?île démocratique proclame officiellement son indépendance ?? s?interroge un internaute, étudiant dans le sud de la Chine.
?Lincoln a un côté positif. Il a empêché la partition de son pays, ce qui a débouché sur un développement économique rapide?, déclare cet étudiant de 22 ans dans son essai en ligne.
Un modèle pour la Chine
Sur le forum de discussion du Quotidien du Peuple, organe central du PC chinois, on peut lire aussi cette phrase : ?La Chine s?oppose au sécessionnisme comme les Etats-Unis s?y sont opposés durant la guerre entre le Nord et le Sud.?
En revanche, il n?est nulle part question des idéaux de Lincoln sur la liberté, l?abolition de l?esclavage ou la démocratie.
Pour les universitaires américains, la comparaison entre la Chine d?aujourd?hui et l?Amérique du temps de la Guerre de sécession tourne vite court : ?Il me semble que le parallèle entre la loi anti-sécession et la situation que connaissaient les Etats-Unis est particulièrement mal venue?, estime June Dreyer, politologue à l?Université de Miami.
Taiwan, fait remarquer Dreyer, n?a jamais fait partie de la Chine communiste et n?a jamais manifesté quelque intérêt à la rejoindre.
?Aussi est-ce une situation très différente(...). Vous ne pouvez pas faire sécession d?une entité dont vous ne faites pas partie?, dit-elle.
Les arguments que peuvent invoquer des professeurs américains n?arrêtent pas les dirigeants chinois. En 1999, au cours d?une visite à Washington, le Premier ministre chinois d?alors, Zhu Rongji, avait estimé que Lincoln pouvait servir de modèle à la Chine parce qu?il avait eu recours à la force pour maintenir l?unité des Etats-Unis.
Depuis 1949, année de la fin de la guerre civile et de la proclamation sur le continent de la République populaire Chinoise, Pékin considère toujours que l?île nationaliste est une ?province renégate?.
Benjamin KANG LIM
NOMINATION
Hu achève la succession de Jiang à la tête de l?exécutif
■ Le Parlement chinois a élu hier le président Hu Jintao à la tête de la Commission militaire centrale du pays, une fonction essentiellement honorifique mais qui permet à Hu de succéder définitivement à Jiang Zemin à la tête de l?exécutif chinois. Les délégués de l?Assemblée populaire nationale ont voté en faveur de Hu par 2 886 voix contre six et cinq abstentions. Le président a ensuite été félicité par des applaudissements nourris. ?Je pense que cela reflète vraiment la volonté du peuple dans le pays?, s?est réjoui un délégué de la province de Guangxi après le vote à bulletin secret. Jiang n?est pas apparu au cours de cette session. La transition a commencé en Chine lorsque Hu Jintao a pris la tête du Parti communiste en novembre 2002. Il a ensuite succédé à Jiang au poste de président en mars 2003 et au poste de président de la Commission militaire centrale du parti en septembre 2004. Il tient désormais toutes les rênes du parti, de l?armée et de l?Etat.
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