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Les baobabs menacés d’extinction

13 juillet 2005, 20:00

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Le prix de la négligence. Les baobabs, emblème de Madagascar, et qui font de Morondava un lieu touristique de prédilection, s’exposent actuellement au risque d’extinction. La descente d’une délégation conduite par le ministre de l’Environnement, des eaux et forêts, Charles Sylvain Rabotoarison à Morondava, cette semaine a permis de constater que beaucoup se meurent petit à petit sur le site dénommé Allée des

baobabs. Inadaptés à l’humidité, ces arbres sont pinondés par des eaux usées sortant de l’usine d’une sucrière, la Sucoma.

“Le problème se fait sentir depuis deux ans”, affirme Naika Eliane, sénateur de Madagascar. “Nous avons déjà alerté les responsables de cette unité industrielle, mais ils n’ont pas réagi, même s’ils ont promis de faire le nécessaire”, indique de son côté le député de Morondava, Gatera Jean Chris. Il avait par ailleurs révélé le danger qui guette en permanence les riverains de l’Allée des baobabs, qui ont mis à profit cette humidité pour développer leurs activités agricoles. “Ils affirment avoir réalisé des rendements remarquables grâce aux déchets qui contiennent des particules très nutritifs. Mais nous avons pris la décision de les empêcher de continuer de s’en servir, parce que ces déchets présentent des éléments toxiques”, affirme le sénateur Naika Elian. “Ce fait est confirmé par des analyses effectuées en laboratoire”, précise le Chef de région du Menabe, Daniel Rakoto Jasmin.

Décision qui n’a pas manqué d’avoir des répercussions sur les conditions de vie des riverains, privés soudain de leurs ressources. C’est pourquoi, Naika Eliane sollicite les autorités gouvernementales de bien vouloir considérer leur cas. Le sénateur élu dans le Menabe, Kolo Roland, souhaite que la protection du site ne se fasse pas au détriment des riverains.

Des projets d’aménagements importants sont en vue pour valoriser l’Allée des baobabs. “Notre objectif est d’attirer davantage les touristes”, affirme le sénateur Naika Eliane. Cependant, la réalisation de ces projets restera du domaine du rêve tant que les responsables de la Sucoma ne prendront pas leurs responsabilités.

Les solutions proposées pour sauver ces richesses qui font la réputation de Morondava s’avèrent difficiles à réaliser. La possibilité de faire évacuer les lieux est même évoquée. Mais cela nécessiterait des mesures d’accompagnement idoines, comme la recherche d’un site de recasement pour accueillir les expulsés. Il faudra en outre les équiper de moyens de production comme des terrains, un appui socio-économique. L’autre solution proposée porte sur le maintien des occupants sur place, mais il faudra les doter d’infrastructures agricoles adéquates. Notamment la construction des canaux d’irrigation à partir du fleuve de Dabara et d’Andranofeno pour arroser la partie ouest où existent des terrains aménageables, sans passer par le site. Ces propositions requièrent cependant des financements énormes. C’est pourquoi le chef de région, Daniel Rakoto Jasmin, demande à tous les organismes impliqués dans la protection de l’environnement d’y apporter leur contribution.

L’express de Madagascar

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