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Les aveux du poulain de Bush à Michael Moore
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Les aveux du poulain de Bush à Michael Moore
Faux modeste ou gaffeur piégé par la caméra ? L’homme choisi par George W. Bush pour occuper le poste de directeur de la CIA a avoué devant la caméra de Michael Moore ne pas être suffisamment qualifié pour travailler aujourd’hui pour le principal service d’espionnage américain.
Au lendemain de la désignation du représentant Porter Goss au poste laissé vacant par George Tenet, le réalisateur, Palme d’or 2004 à Cannes pour son son brûlot antiBush “Fahrenheit 9/11”, a diffusé mercredi des extraits d’une interview accordée le 3 mars dans lequel le futur patron de la CIA déclare:
“Je ne pourrais jamais entrer à la CIA aujourd’hui. Je ne suis pas assez qualifié pour cela. Mes connaissances en langues étrangères sont très insuffisantes. (...) Nous cherchons aujourd’hui des arabisants. Je ne dispose vraisemblablement pas des connaissances culturelles (indispensables)”, admet Goss, un ancien agent secret de la CIA dans les années 60 où il a été en poste en Amérique latine et en Europe, avant de se lancer dans la politique.
Le futur maître-espion américain ajoute: “Et je ne possède assurément pas les compétences techniques, comme mes enfants se chargent de me le rappeler quotidiennement. Papa, il va falloir que tu t’améliores sur ton ordinateur, me répètent-ils à l’envi. Les connaissances qu’il faut maîtriser, je ne les ai pas”.
<B>“Ridicule”, commente la Maison Blanche
Selon Michael Moore, Goss avait été interviewé, pour les besoins de son documentaire, par l’un de ses assistants en sa qualité actuelle de président de la commission des services de renseignement de la Chambre des représentants, mais sans savoir à qui il avait affaire.
Commentaire acide du cinéaste: “On pourrait imaginer que le responsable des questions de renseignement à la Chambre serait un petit plus curieux avant de parler devant une caméra ...”.
Goss apparaît dans “Fahrenheit 9/11” dans le passage consacré au “Patriot Act”, la législation antiterrorisme votée par le Congrès – “sans que les élus l’aient lue dans son entier”, affirme Michael Moore - dans le sillage des attentats du 11 septembre 2001.
La Maison blanche s’est contentée pour sa part de qualifier de “ridicule” les extraits publiés de l’interview de Goss en ajoutant: “Personne ne met vraiment en cause ses qualifications. Même ceux qui dénoncent une nomination politique affirment qu’il est qualifié pour le poste”, a déclaré Trent Duffy, porte-parole de la présidence.
Goss devrait être entendu en septembre devant la commission des services de renseignement du Sénat pour être confirmé à ses nouvelles fonctions.
IRAK
<B>Bush accuse Kerry d’envoyer des signaux confus</B>
■ George W. Bush a reproché mercredi à son rival démocrate à la course à la Maison blanche d’envoyer des signaux confus à propos de l’Irak, accusant notamment John Kerry d’encourager la rébellion en Irak et de mettre en péril la vie des GI’s américains en promettant de rapatrier d’ici un an un grand nombre d’entre eux. Pour la seconde journée consécutive, le président américain, candidat à sa réélection le 2 novembre, s’est employé à mettre en doute les capacités d’éventuel commandant en chef du sénateur du Massachusetts, ancien héros de la guerre du Vietnam. «Nous voulons tous que la mission soit remplie le plus rapidement possible, mais aussi que cette mission soit accomplie», a dit Bush lors d’un meeting électoral dans l’Etat du New Mexico. “Cette mission ne sera pas achevée aussi rapidement que possible si l’ennemi pense que nous allons retirer un nombre important de nos soldats en l’espace de six mois”, a-t-il ajouté.
Lundi, Kerry avait qualifié “d’objectif opportun” une réduction d’ici août 2005 des effectifs du contingent américain déployé en Irak.
En cas de victoire électorale, le sénateur démocrate avait ajouté qu’il chercherait à rappeler un grand nombre de “boys” en l’espace de six mois. Le porte-parole du candidat Kerry, Phil Singer, a accusé Bush d’avoir déformé les propos tenus par Kerry. Mardi, le candidat républicain avait déjà attaqué son rival en le traitant de “girouette” sur l’Irak. Reprenant ses critiques, le président sortant a déclaré mercredi : “Je sais ce que je fais pour ce qui est de gagner cette guerre. Et je ne vais pas lancer des signaux contrastés”. Bush s’est par la suite envolé pour l’Arizona, un autre Etat dont le résultat est crucial pour l’issue de la future élection présidentielle américaine. Hier, il s’est rendu en tournée dans le Nevada, deux jours après la venue de son rival démocrate.
<B>Caren Bohan</B> <B>David Morgan</B>
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